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Bulletin du Congrès de l’UICN

Volume 39 Number 19 - lundi, 5 septembre 2016


Congrès mondial de la nature l’UICN

dimanche, 4 septembre 2016 | Honolulu, États-Unis


Langues: EN (HTML/PDF) FR (HTML/PDF) SP (HTML/PDF)
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http://enb.iisd.org/iucn/congress/2016/

Dimanche, les participants ont assisté à la troisième journée Forum pour se pencher sur une variété de sujets touchant à conservation dont, notamment, la mise à jour de la Liste rouge de l'UICN, la gestion des écosystèmes pour la réduction des risques de catastrophes, la gestion des conflits entre le secteur de l'entreprise et la société civile, concernant l'exploitation des ressources naturelles , et l'organisation d'une réunion de haut niveau sur les actions requises pour s'assurer de la durabilité des océans. Dans la soirée, les participants ont assisté à des réunions sur la question du financement sensible à la parité pour l'environnement mondial et celle de la Liste verte de l'UICN qui vise à élever le niveau des normes devant régir une nouvelle génération de zones protégées et conservées.

MISE À JOUR DE LA LISTE ROUGE DE L'UICN

Dans une conférence de presse, Jane Smart, UICN, a expliqué que la Liste rouge de l'UICN catalyse l'action à travers la fourniture des données. Inger Andersen, Directeur général de l'UICN, a annoncé les éléments de la mise à jour de la Liste rouge: le gorille oriental passe à la catégorie des espèces en grand danger d'extinction; des 415 plantes hawaïennes endémiques évalués, 87% sont menacées; l'état du panda géant et celui de l'antilope tibétaine se sont améliorés grâce aux mesures de conservation qui leur sont appliquées; et le zèbre des plaines passe à la catégorie des espèces quasi-menacées.

Carlo Rondinini, Université La Sapienza de Rome, a énuméré les principaux facteurs de déclin des espèces, y compris la destruction de l'habitat et la chasse illégale, ajoutant que la conservation fonctionne, mais qu'elle doit être plus étendue. Matthew Kier, Laukahi: Réseau Hawaiien pour la conservation de la flore, a parlé des efforts fournis à Hawaii dans sa lutte contre les espèces envahissantes, à travers des partenariats, des campagnes de sensibilisation et l'amélioration de la biosécurité.

Simon Stuart, UICN, a partagé: son optimisme tiré de la reprise du Panda et de l'Antilope en Chine; son respect à l'égard des efforts de rétablissement d'espèces fournis à Hawaii; et son enthousiasme pour le quatrième renouvellement du Partenariat sur la Liste rouge.

LA NATURE NOUS PROTÈGE: GESTION DES ECOSYSTEMES POUR LA RÉDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE (RRC)

Camille Buyck, UICN, a ouvert la session qui a inclus le lancement du livre " Gestion des écosystèmes pour la réduction des, et adaptation aux, risques de catastrophe: Relier la science, la politique et la pratique".

Fabiola Monty, UICN, a présenté des études de cas portant, notamment, sur: la planification de l'utilisation des terres pour la réduction des risques d'avalanche; la restauration de la mangrove pour la réduction des risques d'inondation après la déforestation au profit de l'aquaculture de crevettes; et l'engagement communautaire, y compris le renforcement des savoirs et pratiques traditionnels.

Au cours des discussions, les auteurs des chapitres et d'autres intervenants ont souligné, entre autres, le besoin: de faire passer la mise en œuvre de l'échelle locale à l'échelle du paysage et de l'écosystème; de catalyser les investissements et les partenariats; de combler les lacunes constatables dans des publications antérieures concernant les RRC-Eco; de souligner l'importance de la restauration de dunes de sable pour la réduction des risques; de la différenciation entre les outils et les approches de la RRC; et de déterminer les avantages "qu'on n'aura jamais à regretter", de la restauration, protection et gestion des ressources naturelles.

Au sujet de la participation des collectivités locales, les suggestions ont englobé: demander quelle espèce doit être sélectionnée pour le reboisement; donner du temps à l'établissement de la confiance au niveau local; mettre l'accent sur les services écosystémiques culturellement importants, par exemple, des sites qui pourraient être utilisés pour la rétention d'eau; et veiller à l'importance d'impliquer et de sensibiliser les pouvoirs publics locaux, en particulier pour ce qui concerne l'aménagement du territoire.

Au sujet de la sensibilisation du public, les éléments saillants étaient: l'utilisation des médias sociaux; la conduite d'enquêtes de sensibilisation du public sur des aspects particuliers de la RRC, tels que sa perception de la vulnérabilité; la relation entre la RRC et les écosystèmes; et la responsabilité individuelle dans l'atténuation des risques.

GESTION DES CONFLITS ENTRE LE SECTEUR DE L'ENTREPRISE ET LA SOCIÉTÉ CIVILE SUR L'UTILISATION DES RESSOURCES NATURELLES

Nigel Crawhall, Comité de coordination des Peuples autochtones d'Afrique, a souligné la nécessité: de la conception d'un cadre fondé sur les droits, le respect et le dialogue; de faire participer les différentes parties prenantes à l'établissement des normes; et de dégager des solutions qui soient justes, équitables et généreuses. Myrna Semaan, Amis de la Nature, Liban, a parlé de son travail dans la réserve naturelle de Horsh Ehden. Elle a souligné l'importance de l'engagement des jeunes à raconter leurs pratiques habituelles dans les activités de conservation des forêts, et a présenté une campagne créée pour toutes les franges de la société. Kem Lowry, Université de Hawaii, a parlé de l'élaboration d'une stratégie pour l'avenir de l'eau à Hawaii, soulignant la nécessité de fournir à toutes les parties prenantes des incitations qui leur permettent de travailler ensemble à trouver des solutions. Jennifer Clare Mohamed-Katerere, UICN, a souligné le rôle des jurys de citoyens, composé de citoyens exclus du processus de conception des politiques agricoles sur les cultures génétiquement modifiées dans l'Andhra Padresh, en collaboration avec le secteur privé. Elle a indiqué que cela a conduit à une dépressurisation de communautés du fait de leur acceptation directe des organismes génétiquement modifiés.

Juan Carlos Sanchez, UICN, a présenté le travail mené dans le bassin de la rivière Sixaola, au Costa Rica, où les monocultures ont eu un impact sur la riche biodiversité de la région. Il a appelé à introduire la coopération et d'en faire une facette des conflits au lieu de chercher à les éliminer, car ils sont inhérents. Mary Walker, avocate indépendante, a parlé de l'arrivée à des solutions durables à travers des négociations efficaces et a présenté des études de cas portant sur des dépôts de déchets toxiques, sur une fonderie de cuivre et sur un réacteur nucléaire.

DES SOLUTIONS FONDEES SUR LA NATURE POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Présentée par Stewart Maginnis, UICN, cette session a souhaité voir des solutions fondées sur la nature à jouer un rôle central dans la lutte contre le changement climatique, la conservation, la RRC et l'action pour le développement.

Le premier groupe de discussion a été modéré par Andrew Steer, Président, World Resources Institute. Le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), Braulio Dias, a salué l'adoption du cadre Sendai pour la RRC, qui reconnaît officiellement le rôle que joue la nature dans l'amoindrissement de la vulnérabilité aux catastrophes. Jesca Osuna Eriyo, Secrétaire général adjoint, East African Community, a décrit des solutions basées sur la nature, en cours d'application dans toute l'Afrique orientale dans, entre autres, les domaines de l'agriculture, de la gestion de l'eau et de l'énergie renouvelable.

Humberto Delgado Rosa, Commission européenne, a souligné la nécessité d'adopter une terminologie pouvant être comprise par des publics plus larges. S'agissant de l'élévation de l'échelle des solutions fondées sur la nature: Naoko Ishii, FEM, a souligné la nécessité de tirer parti de l'appui du secteur privé; Dias a parlé du code forestier brésilien récemment adopté; et Eriyo a salué les vastes activités de reboisement menées en Afrique orientale dans le cadre du Défi de Bonn.

Le deuxième groupe de discussion a été modéré par Edmund Barrow, UICN. Julia Bucknall, Banque mondiale, a opiné qu'il est souvent plus efficace d'aborder directement, plutôt les secteurs de l'énergie, des transports et de l'agriculture – que celui de la finance – pour l'application de solutions basées sur la nature viables. Ashok Khosla, Alternatives pour le développement, a souligné les énormes retombées économiques, sociales et culturelles des solutions basées sur la nature. Lynda Mansson, Fondation MAVA, a expliqué les avantages de ne pas nécessairement qualifier les solutions basées sur la nature d'environnementales, et de plutôt atteindre "la verdure en catimini".

Paul Trianosky, Sustainable Forestry Initiative, a décrit leur travail consistant à établir des passerelles entre les secteurs à but lucratif et à but non lucratif pour permettre des solutions basées sur la nature à l'échelle du paysage.

LES LIENS CULTURELS QUI RELIENT LES PEUPLES AUTOCHTONES AUX FORÊTS: COMMENT LES VALEURS ET INDICATEURS DE SANTÉ AUTOCHTONES SONT EN TRAIN D'AIDER LA GESTION DES ESPECES ENVAHISSANTES

Judy Fisher, UICN, a modéré un débat interactif sur les liens qui relient les peuples autochtones aux forêts, encourageant les participants à fournir les données dont ils disposent pour l'annonce, dans la soirée, du Défi de Hawaii concernant les espèces envahissantes.

Lori Buchanan, Comité Molokai/Maui sur les espèces envahissantes, a fait part de ses réflexion sur l'établissement d'une passerelle entre la science occidentale tangible et le système des savoirs traditionnels intangible, partageant la réussite qui a couronné l'élimination d'une espèce envahissante. Elle a souligné que les peuples des Premières nations sont des indicateurs de la santé de la Terre, et qu'ils doivent être protégés en tant qu'espèces autochtones.

Danielle Flakelar, Bureau de l'environnement et du patrimoine de la Nouvelle-Galles méridionale du Sud, Australie, une autochtone Ngiyampaa Wayilwan et Wakka Wakka, a partagé son expérience et a décrit la voie à suivre: impliquer les peuples autochtones dans la prise de décisions éclairées, l'élaboration des politiques et la conduite des évaluations; reconnaître les Premières nations en tant que titulaires de droits, dans les législations; et l'application des Lois Fondamentales par les pouvoirs publics, l'industrie et la communauté.

Desmond Purcell, Société de développement Gidarijil, Australie, a parlé de l'expérience fondée sur l'utilisation du feu pour favoriser la régénération des espèces autochtones de faune et flore sauvages dans son pays natal.

 Au cours du débat qui a suivi, les participants ont, entre autres: partagé des données sur les stratégies de leurs régions respectives; échangé des soutiens à la relance des systèmes de savoirs traditionnels; mis en exergue les opportunités d'appui à la protection future; et encouragé au maintien de l'unification des patrimoines naturel et culturel.

Au sujet de la fourniture de contributions pour l'annonce du Défi de Hawaii concernant les espèces envahissantes, les participants ont convenu de transmettre une déclaration appelant: à autonomiser les peuples des Premières nations à travers la reconnaissance de leur savoirs écologiques traditionnels dans les législations, en vue d'éclairer les processus décisionnels, l'engagement, les politiques, le travail d'évaluation et les résultats de la gestion des espèces envahissantes, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

LANCEMENT: GUIDE DES BONNES PRATIQUES EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

La session a lancé le document intitulé "Directives encadrant l'Adaptation au changement climatique pour les gestionnaires et les planificateurs d'aires protégées". Reconnaissant que les aires protégées fournissent des solutions naturelles permettant de lutter contre le changement climatique et ses effets connexes, le guide expose des éléments d'adaptation essentiels, plaçant l'accent sur les stratégies, options et ressources utiles.

Kathy MacKinnon, Commission mondiale de l'UICN sur les aires protégées, a souligné l'utilité des directives et a présenté un rapport sur les entretiens qui ont eu lieu avec les représentants du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur la traduction, l'utilisation et l'élaboration de programmes de formation sur la base des directives en question.

Jonathan Jarvis, Directeur, US National Park Service, a parlé du processus en vertu duquel le Service des parcs nationaux a affirmé son rôle dans la gestion des questions touchant au changement climatique, y compris l'atténuation, la communication, la science, et l'adaptation. Il a appelé à se concentrer, entre autres, sur: la façon d'utiliser les aires protégées pour aider les grands écosystèmes à s'adapter au changement climatique; la résilience de la nature; et une infrastructure plutôt verte que grise, en guise de stratégie d'adaptation pour la riposte aux ouragans.

Julia Miranda Londoño, Parques Nacionales Naturales de Colombie, a rendu compte des mesures et politiques entreprises par la Colombie, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, à tous les niveaux de gouvernance, y compris ceux axés sur l'élargissement du réseau des aires protégées. Elle a souligné l'inclusion, par la Colombie, des aires protégées dans ses contributions nationales au titre de l'Accord de Paris.

Trevor Sandwith, Programme mondial des aires protégées de l'UICN, a souligné que le changement climatique n'est pas uniquement une menace pour les zones protégées, mais une opportunité pour des solutions basées sur la nature. Il a indiqué que le guide fournit aux praticiens des outils pour l'action sur le terrain, précisant que les organismes des divers secteurs - y compris les aires protégées, l'agriculture et la gestion des catastrophes – doivent être impliqués.

NE LAISSER PERSONNE POUR COMPTE: CONSERVATION, DROITS ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

Gonzalo Oviedo, UICN a ouvert la session qui a été présidée par Ashok Khosla, Development Alternatives Group. Khosla a indiqué que l'UICN a été l'une des premières organisations à commencer à réfléchir à la question d'équité, d'impartialité et de justice sociale.

Victoria Tauli-Corpuz, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, a présenté le Rapport sur les droits des peuples autochtones. Elle a souligné que la pleine reconnaissance des droits fonciers des autochtones et de leur participation, sont des conditions favorables clés pour la conservation durable. John Knox, Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme et l'environnement, a déclaré que les Etats ont "totalement échoué" dans la protection des droits d'expression et d'association des écologistes et des défenseurs de la Terre, mettant en exergue les obligations de protection contre les atteintes environnementales prévisibles aux droits humains.

Martha Rojas-Urrego, secrétaire général, Convention de Ramsar, a déclaré: "la conservation peut permettre la réalisation des droits et ces droits peuvent aider à la gestion efficace de l'eau". Marco Lambertini, directeur général, WWF International, a déclaré: «nous avons besoin de la nature et la nature a besoin de nous, aujourd'hui plus que jamais ".

Rosemary Ahtuangaruak, Peuples inupiaqs de l'Alaska, a déclaré que plus de 100 villages de l'Alaska sont confrontés à la délocalisation et que leurs habitants vivent soumis aux normes du tiers-monde, à cause de l'exploration de combustibles fossiles et du changement climatique. Sanjay Kabir Bavikatte, Fonds Christensen, a indiqué que, pour la concrétisation des droits bio-culturels, il est nécessaire d'examiner la résilience des communautés qui ont soutenu les écosystèmes et qui apportent leur appui à ces gardiens de la terre.

ACTIONS POUR UN OCEAN DURABLE

Inger Andersen, Directeur général de l'UICN, a ouvert les deux sessions du groupe de discussion sur les aires marines protégées (AMP), signalant qu'une étendue océanique insuffisante est protégée, à ce jour. Kamana'opono Crabbe, directeur général, Bureau des affaires hawaïennes, a partagé un oli mele (chant hawaïen) à propos de Kanaloa, le dieu hawaïen de la mer.

Kathryn Sullivan, National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), et ancienne astronaute, s'est rappelée avoir vu les océans de l'espace et s'être interrogée sur les impacts des matériaux charriés par les fleuves vers les océans. Sylvia Earle, Mission Bleu, a parlé des progrès accomplis dans la compréhension des océans, demandant: "Quelle surface du monde devrions-nous protéger? Que diriez-vous d'une protection du monde entier"?

Braulio Dias, Secrétaire exécutif de la CDB, a cité les Droits d'Utilisation Territoriale pour la Pêche visant à aider à la réalisation d'une pêche plus durable. Sandra Bessudo, Fundación Malpelo, a parlé des AMP établies dans le Pacifique oriental, y compris des programmes d'éducation, de l'écotourisme, de la pêche illégale et des travaux de recherche et de suivi. Les conférenciers ont répondu à des questions sur la réduction de la demande de ressources océaniques et sur les voies et moyens de mieux communiquer sur les océans, aux générations actuelles et futures.

Le deuxième groupe de discussion a porté sur la gouvernance et la durabilité économique et environnementale. L'ex-président de Kiribati, Anote Tong, a souligné l'interaction entre le changement climatique et les océans, et a invité au soutien d'un plan visant à élever le littoral des îles en riposte à l'élévation du niveau de la mer.

Catherine Novelli, secrétaire d'Etat américaine chargée de la croissance économique, de l'énergie et de l'environnement, a déclaré que des alternatives économiques à la surpêche sont nécessaires et que les évolutions actuelles conduiront à une situation où il y aurait dans les océans plus de débris plastiques que de poissons, d'ici 2050. Humberto Delgado Rosa, Commission européenne, a déclaré que les zones marines de développement pourraient être désignées "zones sans prise" pour la pêche. Le modérateur Aulani Wilhelm, Water Island, a fait observer que les AMP locales qui protègent le thon, protègent également la nourriture de la planète. Les conférenciers ont abordé des questions portant sur une définition universelle de "l'économie bleue" et sur les voies et moyens de susciter de meilleures inspirations en faveur de la protection des océans.

Nainoa Thompson, Master Navigator, Polynesian Voyaging Society, a clôturé la séance par un hommage à son professeur et maître navigateur, Mau Piailug, signalant qu'il n'a pas bien compris l'utilisation de pourcentages: "On protège entièrement et non partiellement ce qu'on aime".

TRANSFORMATION DE L'AFRIQUE: COMMENT LES INVESTISSEMENTS CHINOIS TRANSFORMERONS-ILS LE DÉVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE?

PARTIE I: Daudi Sumba, Wildlife Foundation, modérant la séance, a cité l'Action de l'Union Africaine d'ici 2063 comme étant l'un des principaux moteurs de la transformation de l'Afrique, qui vise l'édification d'une "Afrique intégrée, prospère et pacifique".

Matt Jones, PNUE, a indiqué que 20% de la superficie des terres de l'Afrique sont l'objet de concessions pétrolières et gazières, dont la majorité est dirigée par des compagnies chinoises. Le défi posé, a-t-il précisé, est le grand chevauchement avec les réseaux d'aires protégées.

Lori Anna Conzo, International Finance Corporation, a souligné la promotion des mesures de protection environnementale en Afrique par le biais du Réseau bancaire durable, qui soutient l'échange d'information.

Helga Rainer, Fondation Arcus, a présenté un rapport sur les impacts des industries extractives sur la conservation des grands singes, soulignant la nécessité d'atténuer les effets indirects, tels que la dégradation de l'habitat naturel due à l'afflux de population. Les participants ont appelé à une plus grande implication de la société civile pour s'assurer de la reddition de comptes.

PARTIE II: Jeff Sawyer, Université Cairns, a modéré cette séance, et a signalé que la Chine est en train de changer la façon dont elle investit en Afrique. Stewart Maginnis, UICN, a fait observer que la Chine est le quatrième plus grand investisseur en Afrique, après les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Lingfei Weng, Université de Tsinghua, a expliqué que la suspension de la concession de fer chinois à Mbalam, au Cameroun, a eu lieu en raison: de la participation réduite à l'extraction minière; de préoccupations au sujet de la dégradation de l'environnement; et d'une incapacité à démontrer les avantages pour la communauté locale. Citant l'Initiative sino-africaine, Cloud Conservation, Yan Zhang, UICN Chine, a montré diverses façons dont les entreprises chinoises promeuvent la conservation de la biodiversité et le développement durable.

Nan Li, World Wide Fund for Nature (WWF), Chine, a déclaré que douze sociétés gérant des concessions étendues sur une superficie de quatre millions d'hectares en Afrique ont accepté de protéger la faune et d'améliorer les conditions de travail. Leonard Usongo, UICN Cameroun, a précisé que le Forum sur la coopération sino-africaine, tenu à Johannesburg en 2015, a donné l'occasion d'influencer et de déterminer des voies d'investissements tenant compte des impacts environnementaux.

LES FORETS: AUJOURD'HUI ET DEMAIN

Introduisant une session de style "chat-show", Jodi Chew et Sherry Hazelhurst, US Forest Service, ont posé aux employés de l'US Forest Service des questions sur la façon dont les pratiques de conservation des forêts ont évolué au fil du temps. Elles ont divisé le groupe en une équipe "les Gaulis", composée des jeunes employés, Fabian Garcia, Nadia Tase et Heather McMillen, et une équipe d'employés plus âgés, "les Sentinelles", comprenant John Crockett, Flint Hughes et Jeanne Wade-Evans.

Concernant la raison qui les a amenés à commencer à travailler avec l'US Forest Service, les participants ont évoqué leur souhait, entre autres: de travailler en conformité avec leurs valeurs et considération pour le développement durable; de travailler avec les jeunes défavorisés; et être capables de travailler à l'extérieur et de dormir sous les étoiles.

Les Gaulis ont souligné l'importance de travailler avec les communautés urbaines, "vu que 60% de la population mondiale vivra dans des zones urbaines d'ici 2050. Au sujet des services rendus par les écosystèmes, les Sentinelles ont rappelé que les forêts étaient habituellement connues surtout pour le bois qu'on y exploite et la faune qu'on y chasse, tandis que les Gaulis ont cité les services écosystémiques récemment reconnus, qui englobent l'absorption du carbone, la fourniture d'air pur, d'eau propre et de sols fertiles.

Au sujet du changement climatique, les deux équipes ont reconnu l'existence d'une évolution décisive vers l'intégration de la lutte contre le changement climatique dans la gestion et la pratique du Service, ces 12 dernières années. Au sujet de la gestion des feux forestiers, les participants ont souligné les défis posés à la gestion appropriée des incendies, évoquant, en particulier les récentes saisons qui ont connu des feux forestiers plus longs et plus secs.

FINANCEMENT SENSIBLE A LA PARITE POUR L'ENVIRONNEMENT MONDIAL

Lorena Aguilar, UICN, a signalé que, pour la première fois, l'ensemble des principaux mécanismes de financement ont mandat de veiller à la parité homme-femme, et que 40% des 162 CDN relevant de l'Accord de Paris mentionnent explicitement la "parité et/ou le rôle des femmes dans le contexte de leurs priorités nationales et des ambitions en matière de réduction des émissions.

Amy Fraenkel, CDB, a parlé de la récente adoption par la CDB d'un nouveau plan en faveur de la parité, pour la période d'ici 2020, qui renferme des mesures, en faveur de la femme, à mettre en œuvre par les Parties à la CDB, dans le cadre de leurs engagements. Anne Kuriakose, Fonds d'investissement climatique, a souligné la nécessité: de relier les efforts des institutions internationales aux plans nationaux; et d'accroître la participation des pouvoirs publics locaux dans le développement institutionnel, en vue de promouvoir l'évolution institutionnelle dans le domaine de la parité.

Yoko Watanabe, FEM, a déclaré que chaque institution devrait: avoir un correspondant chargé de la parité; procéder à une analyse de la parité pour l'élaboration de projets; et avoir une équipe à plein temps pour veiller à ce que des politiques pertinentes soient conçues et mises en œuvre. Ana Maria Currea, FEM, a parlé de l'élaboration d'indicateurs pour le suivi des progrès accomplis dans l'adoption de politiques tenant compte de la parité, assortie de la mise en place d'équipes nationales disposant de correspondants pour la supervision de l'intégration des femmes sur le terrain.

Doley Tserling, PNUD, a présenté la Stratégie du PNUD pour la parité, au titre de la période 2014-2017. Birguy Lamizana, Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), a présenté le travail accompli sur la question de la parité, par l'équipe du PNUE sur l'intégration de la femme.

Kame Westerman, Conservation International, a déclaré que les donateurs exigent l'intégration de la parité dans les projets. Jeannette Gurung, directrice générale, Women Organizing for Change in Agriculture & Natural Resource Management, a parlé de normes et systèmes de certification qui mesurent et récompensent des projets d'intégration de la parité, jugés de valeur.

LA LISTE VERTE DE L'UICN - ELEVER LA NORME POUR LA NOUVELLE GÉNÉRATION DE ZONES PROTÉGÉES ET CONSERVÉES

Kathy MacKinnon, UICN, a ouvert la session, signalant que la Liste verte "est née et a été incubée et nourrie" au sein de la Commission mondiale des aires protégées (CMAP), et qu'elle élèvera le niveau de gouvernance des aires protégées.

Le Président de l'UICN, Zhang Xinsheng, a indiqué que la présentation de l'Initiative de la Liste verte lors de cette réunion est opportune, évoquant la désignation récente du Monument marin national Papahānaumokuākea dans les îles hawaïennes du Nord-Ouest, de zone écologique protégée la plus importante du monde.

Trevor Sandwith, UICN, a présenté la Liste verte comme étant tout à la fois: une norme mondiale pour la réussite de la conservation; adaptable au contexte local d'un pays ou d'une région; un engagement volontaire et des mesures d'incitation pour améliorer les performances; une procédure d'évaluation crédible garantie de façon indépendante; et une reconnaissance mondiale des aires protégées et du personnel qui y veille.

Julia Miranda Londoño, Parcs nationaux de Colombie, a souligné les avantages de faire partie de la liste verte, et l'engagement de son pays à maintenir un niveau élevé. Michael Wright, Service des Parcs nationaux et des Faune et Flore sauvages, Nouvelle-Galles du Sud, s'est engagé à inclure trois aires protégées et à présenter la candidature de nouvelles pour une inscription future.

Zhiyun Ouyang, Académie chinoise des sciences, a souligné que la gestion de la conservation des 8000 aires protégées de Chine améliorerait la Liste verte. Tamar Kvantaliani, ministère de l'environnement et des ressources naturelles, Géorgie, a déclaré que son ministère reconnaît la contribution que la Liste verte apportera à l'amélioration de la gouvernance et gestion des aires protégées. Masahito Yoshida, UICN-CMAP a souligné que l'importance de l'Objectif d'Aichi 11 (zones protégées) réside dans la gouvernance et la connectivité des aires protégées avec les paysages environnants.