Share on Facebook Share on Twitter Share on Google Plus

Bulletin des CGLU

Volume 231 Number 6 - vendredi, 14 octobre 2016


Faits saillants de l’édition 2016 du Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux

Jeudi, 13 octobre 2016 | Bogota, Colombie


Langues: EN (HTML/PDF) FR (HTML/PDF) SP (HTML/PDF)
Visitez notre couverture ENB+/IISD depuis Bogota, Colombie:
http://enb.iisd.org/uclg/2016/

Jeudi, les participants à l’édition 2016 du Sommet mondial ont assisté à des ateliers parallèles, à des dialogues politiques et à des forums d’apprentissage qui ont introduit et examiné une gamme d’outils, de techniques et de concepts destinés à promouvoir la culture, la transformation urbaine, la décentralisation et le développement ascendant national.

Une séance plénière de l’après-midi a traité des “Liens entre l’Agenda 2030 et le Nouvel Agenda Urbain”, et a été suivie d’une réunion du Bureau exécutif de CGLU. Tout au long de la journée les participants ont exploré de nouveaux sujets à travers des films projetés dans les forums du cinéma et des entretiens de 30 minutes dans le coin des exposés.

LA PLENIERE: LIENS ENTRE L’AGENDA 2030 ET LE NOUVEL AGENDA URBAIN

Aromar Revi, Institut indien pour les établissements humains (IIHS), a souligné qu’aucune personne et qu’aucun endroit ne sauraient être laissés pour compte dans le processus de réalisation des ODD. Angel Gurría, Secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a déclaré qu’il est nécessaire de veiller à ce que le 21ème siècle soit un siècle d’un plus grand bien-être et d’une prospérité axés sur l’être humain.

Denis Coderre, maire de Montréal, Canada, Président de CGLU pour l’Amérique du Nord et Président de ‘Métropolis’, a déclaré que Habitat III ne sera un succès que si les villes y sont incluses, rappelant le principe ‘Penser Global, Agir Local’. S’exprimant sur la gouvernance mondiale, Manuela Carmena, maire de Madrid, Espagne, et Co-président de l’Union des Capitales des États ibéro-américains (UCCI), a déclaré que les villes sont régies à la fois par les maires et les droits établis au sein des sociétés, ajoutant que l’un des défis majeurs à relever consiste à surmonter les conflits sociaux et les intérêts privés.

Edgar Pieterse, Directeur du Centre africain pour les villes, a décrit les cadres émergents pour la révolution culturelle actuelle, dans lesquelles tout un chacun est un participant actif et où la pleine transparence et la responsabilité sont essentielles.

Thomas Gass, Secrétaire général adjoint, Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (ONU-DAES), a parlé du processus participatif qui a amené le nouveau contrat social au niveau mondial dans les ODD, et a souligné que “nous devons comprendre qui sont les plus vulnérables et les risques auxquels ils sont confrontés afin d’intégrer la résilience dans la programmation stratégique”.

Mónica Fein, Maire de Rosario, Argentine, a déclaré que c’est le travail des maires de veiller à ce que les citoyens soient habilités à édifier ensemble leurs villes et à réaliser l’Agenda 2030 et le Nouvel Agenda Urbains. Elle a déclaré que les villes devraient être des acteurs centraux pour une “économie plus humaine” qui exige que les gouvernements locaux et régionaux agissent en partenariat, y compris sur un financement commun.

Parcs Tau, conseiller, Johannesburg, Afrique du Sud, a souligné la nécessité d’aller au-delà des vases-clos dans le processus de réalisation des ODD, car une intervention municipale élémentaire, telle que la gestion des déchets solides, peut devenir une intervention globale touchant aux secteurs, tout à la fois, de l’utilisation des terres, de l’énergie, de l’environnement, de l’eau et de la sécurité alimentaire.

Les conférenciers ont parlé également: de la réalisation d’un consensus autour des programmes internationaux au niveau local; de l’impact de la décentralisation sur la reddition de comptes; de la dévolution de pouvoirs et fonctions aux collectivités locales; et de la façon d’atteindre les 169 cibles des ODD. Les conférenciers étaient d’avis que la durabilité est un programme transversal et que, pour les autorités locales, le défi à relever consiste en la création de nouvelles formes de gouvernance dans lesquelles les citoyens y figurent en tant que protagonistes.

LA PLATEFORME DE TRAVAIL PERMANENTE - CO-CRÉER LA VILLE

LE DROIT À UNE VILLE D’APPRENTISSAGE: Bernardo Gutiérrez, Medialab-Prado Madrid, a invité les participants à apporter des contributions aux documents ouverts saisissant les discussions de la plate-forme de travail permanente, pour aider à la définition des concepts d’une ville d’apprentissage.

Aurore Brachet, Seine Saint Denis, France, a parlé de l’insertion sociale, se référant à la récente création d’un centre de ressources pédagogiques en matière de solidarité internationale. Nelson Saule, Instituto Pólis, a partagé une vidéo qui sert d’outil pour aider à sensibiliser les gouvernements et les citoyens aux défis de la discrimination et de la diversité culturelle.

A travers Google Hangouts, nombre d’activistes du monde entier ont présenté leur expérience dans les domaines, entre autres: de l’organisation des communautés et des collectifs autour de projets communs originaux; de l’étude comparative de stratégies et des impacts de la mixité sociale dans différentes villes; de la création d’opportunités d’apprentissage ouvertes utilisant l’Internet; et de l’occupation des écoles pour influencer la politique.

Au cours du débat qui a suivi, Susana Villarán de la Puente, ancienne maire de Lima, Pérou, a ajouté des vues tirées de “ville pour tous” partageant la façon dont la diversité culturelle et les parcs zonés ont contribué à des salles de classe ouverte, reliant la justice à l’éducation. Les participants ont présenté des expériences personnelles, proposant un accès libre aux logiciels, à des mécanismes permettant d’influencer la politique sociale et des échanges continus pour faire progresser la collaboration.

LE DROIT À UNE VILLE DÉMOCRATIQUE: Rappelant aux participants le Printemps arabe et les Mouvements Occupy, Bernardo Gutiérrez, Medialab-Prado Madrid, a précisé que les outils technologiques habilitant l’application de méthodologies participatives dans les villes seront le thème de la session.

Des vidéos présentées par les organisateurs avec les Mouvements Sunflower et Occupy Wall Street, ont expliqué la façon dont ces mouvements ont servi de laboratoires pour l’apprentissage et l’élaboration d’outils, tels que ‘Livestreams’, pour la construction d’un pouvoir collectif.

Réexaminant le document de collaboration de cette session, Gutiérrez a mis en exergue sa prémisse qui stipule que la participation, facilitée par la technologie donne lieu, dans le cadre de la crise mondiale de la représentation politique, à la nécessité de radicaliser la démocratie.

Susana Villarán de la Puente, ancienne maire de Lima, a rappelé aux participants que, dans de nombreux endroits, les femmes ont un accès inégal à la technologie, et cette réalité compromet la démocratie. Fernando Pintado, Barcelone, Espagne, a mis en garde de ne pas confondre participation et démocratie, précisant que la première n’est qu’une composante de cette dernière.

Hassan Hmani, Nanterre, France, a présenté l’idée qui sous-tend le modèle de plate-forme permanente utilisée dans sa ville pour mettre les citoyens au cœur de la co-création de la ville.

Au cours du débat qui a suivi, les participants ont parlé: de la façon dont les plans relatifs à l’utilisation des terres ne sont pas toujours pris en compte dans la croissance future des villes ou dans les valeurs démocratiques; de l’utilité des sites électroniques institutionnels et du point de savoir si les “gardiens” de ces plates-formes supprimaient le sentiment d’être face à un espace ouvert; et de la façon d’établir un lien entre les récits sur l’absence de représentation politique et ce qui se passe sur le terrain, de manière permanente et pas seulement durant les années d’élection.

LES ATELIERS

OUVRIR LA VOIE A DES VILLES INCLUSIVES - LOGEMENT ABORDABLE, MIXITÉ SOCIALE, ACCESSIBILITÉ ET DÉVELOPPEMENT URBAIN: Josep Roig, Secrétaire Générale de CGLU, a souligné la nécessité pour les villes d’établir un équilibre permettant de réduire les inégalités, notamment dans les domaines: de l’utilisation des terres, de la gouvernance, de l’investissement et du capital, de la main d’œuvre, de la technologie et de l’environnement.

Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, a déclaré que les villes ont une quantité phénoménale d’inégalités et a lancé le rapport “Rendre les villes fonctionnelles pour tous: Données et actions pour une croissance inclusive”.

Federico Gutiérrez, Maire de Medellín, Colombie, a souligné que pour réduire les inégalités il est impératif de mettre en place une éducation de qualité, d’intégrer les systèmes de transport de la ville et de garantir la sécurité urbaine. Il a affirmé que Medellín est passé du statut de la ville la plus violente du monde à celui d’une ville pacifique, non par “magie” mais par le fort sentiment d’appartenance de sa population.

Manuela Carmena, Maire de Madrid, Espagne, a soutenu qu’il est nécessaire de savoir ce qui se passe dans les quartiers et les maisons pour mettre fin à l’inégalité, citant un programme de réhabilitation des habitations de mauvaise qualité dans les quartiers défavorisés.

Denis Coderre, Maire de Montréal, Canada, a mis l’accent sur l’importance du vivre ensemble dans la ville, en particulier pour ce qui concerne la migration, assurant que les émigrés contribuent aux solutions économiques et sociales. Il a souligné la nécessité d’établir un équilibre entre l’ouverture et la vigilance dans les villes de façon à permettre une prévention de la criminalité, sans trop de police.

GOUVERNANCE TERRITORIALE AU SERVICE DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE: Benoît Faucheux, Association des Régions françaises, a déclaré que la sécurité alimentaire fait partie de notre “responsabilité collective” et a souligné que l’un des défis majeurs à relever consiste à nourrir une croissance démographique mondiale galopante quantitativement et qualitativement.

Gabriella Jaramillo, Association des membres des gouvernements provinciaux autonomes (CONGOPE), a fait valoir qu’il est nécessaire d’élaborer de nouvelles stratégies pour la conduite de l’interaction entre les zones rurales et les zones urbaines pour s’assurer de la sécurité alimentaire, et a souligné l’importance de démocratiser l’accès à la terre et de motiver les jeunes à rester dans les régions rurales.

Maria Alejandra Saleme Daza, Agence de coopération internationale de Medellín, a souligné que les approches de sécurité alimentaire axées sur l’aide (fourniture de subventions) ne sont pas durables. Marie-Eve Buist, Université de Laval, a soutenu qu’il existe un vide juridique au niveau international qui ne prend pas en ligne de compte la sécurité alimentaire, affirmant que l’approche économique reste hégémonique.

Joaquim Oliveira Martins, OCDE, a appelé à un changement dans les instruments politiques des transferts monétaires et à un passage à des investissements plus intégrés, et a souligné que les approches multilatérales de la sécurité alimentaire négligent les communautés locales. Rafael Zavala, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a souligné le manque de solidarité entre les zones rurales et urbaines, mettant en garde contre l’absence d’une prise en compte des collectivités locales.

Makiko Taguchi, FAO, a indiqué que la durabilité environnementale doit faire partie des initiatives de sécurité alimentaire. Henri Rouillé d’Orfeuil, Projet ‘100 Initiatives alimentaires durables et responsables’, a souligné la nécessité de mobiliser les consommateurs en tant que déclencheurs de modes de production et de consommation alimentaires plus durables.

ADAPTATION DES ODD AUX CONTEXTES LOCAUX: Johannes Krassnitzer, PNUD, a signalé qu’à son sens “personne ne comprend encore les ODD”, chose qui peut favoriser pensée critique et coopération. Paula Lucci, Overseas Development Institute (ODI), s’est interrogée sur la façon d’établir des priorités parmi les objectifs et les indicateurs et parmi les divers accords et programmes internationaux. Mpho Moruakgomo, Président de l’Association des autorités locales du Botswana (BALA), a appelé à une mise en œuvre ciblée et à une adaptation des programmes internationaux aux contextes locaux.

Christine Musisi, ONU-Habitat, a expliqué que le Nouvel Agenda Urbain fournira un mécanisme doté de vecteurs spécifiques, pour la réalisation de l’Agenda 2030. Ute Böttcher, Réseau des partenaires du développement pour la décentralisation et la gouvernance locale (DeLoG-GIZ), a présenté les processus de planification participative pour l’intégration des ODD dans les plans de développement locaux.

Sylvie Goneau, FCM, a partagé des expériences en matière d’engagement des citoyens à travers un système d’évaluation et une campagne de médias sociaux. Santiago Gallo, Federación Latinoamericana de Ciudades, Municipios y Asociaciones Municipalistas (FLACMA), a présenté un manuel à l’usage des maires, pour aider à l’adaptation des ODD aux indicateurs de développement du niveau local. Mohamed Saadieh, Président, Union des municipalités de Dannieh, Liban, a parlé de la mise en place, en dépit des ressources limitées en raison de la crise des réfugiés syriens, d’une application mobile pour la promotion de la transparence dans le partage du budget, des recettes et des dépenses du gouvernement.

Gemma Aguado de la Fuente, PNUD, a partagé l’enveloppe d’outils récemment lancés pour l’adaptation des ODD aux contextes locaux, mettant en relief la façon d’utiliser la plate-forme en ligne pour accéder à des outils concrets de mise en œuvre.

LES DIALOGUES DE POLITIQUE

LA CULTURE EN TANT QUE DIMENSION DE LA TRANSFORMATION URBAINE: Eduardo Vázquez Martín, Mexico, Mexique, a déclaré, par l’intermédiaire d’un message vidéo, que la culture joue un rôle essentiel dans le développement des sociétés. María Claudia López, Bogotá, Colombie, a souligné la façon dont les valeurs culturelles peuvent aider les victimes des conflits armés à éprouver des sentiments d’appartenance et de communauté.

Won Hee-ryong, gouverneur de Jeju, République de Corée, a parlé des efforts fournis pour le maintien de leur patrimoine culturel à survivre au monde moderne, à travers, en particulier, un travail visant à revitaliser durablement leur vieux centre-ville.

Karim Hendili, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a déclaré que les villes sont des patrimoines vivants, et que la culture ne doit pas être absente de la planification et du développement urbains. Sun Kanglin, Comité permanent de Pékin, Chine, a parlé de la culture comme étant “l’âme de la ville” et a décrit les politiques de la ville de Pékin en faveur de la promotion de la culture dans le développement.

Lucina Jiménez, Consejo para la Cultura y las Artes de Nuevo León (Conarte), Mexique, a déclaré que la culture est souvent la dernière à être incluse dans les programmes de développement et son budget et la première à être coupée en cas de contraintes financières. Guy Pilon, Maire de Vaudreuil-Dorion, Canada, et Michel Vallée, Vaudreuil-Dorion, ont présenté des exemples de participation et inclusion accrues par le biais de la culture, chose qui a valu à leur ville la deuxième édition du Prix international des villes de CGLU de Mexico-Culture 21.

MENER UN DÉVELOPPEMENT NATIONAL ASCENDANT: Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLU-Afrique, a engagé les conférenciers dans un débat sur la collaboration entre les gouvernements nationaux et les collectivités infranationales pour renforcer les approches de développement intégrées ascendantes.

Hugo Siles, Ministre bolivien de l’autonomie, a décrit le passage d’un système de gouvernement centralisé à un système décentralisé qui s’est produit au cours de la révolution sociale et culturelle en Bolivie. Simón Gaviria, Directeur colombien de la planification nationale, a partagé des expériences utilisant des études approfondies permettant de simplifier la décentralisation.

Emil Elestianto Dardak, Maire Régent de kabupaten de trenggalek, Indonésie, a donné une illustration des stratégies utilisées pour engager les communautés de la “ligne de front” en vue d’exploiter les synergies avec les programmes nationaux de développement. Rose Christiane Ossouka Raponda, Maire de Libreville, Gabon, a parlé de la réussite de l’alignement des plans de développement locaux et nationaux, soutenu par un mandat confié par le Premier Ministre.

Clark Somerville, Fédération canadienne des municipalités (FCM), a partagé les progrès accomplis au Canada en matière de représentation locale dans les élections fédérales. Josep Lluís Alay, Province de Barcelone, a parlé des complexités de l’autonomisation et de la gouvernance, mettant en exergue le Plan Xarxa appliqué dans la province. Rosario Bento Pais, Commission européenne, a partagé le travail en cours pour le soutien de la décentralisation dans l’UE, sur la base d’approches territoriales de développement.

Dans le débat qui a suivi, les participants ont soulevé des questions concernant, entre autres: l’élaboration de plans qui dépassent le mandat des fonctionnaires gouvernementaux; la façon de surmonter les divergences politiques et autres préjugés dans la planification des politiques publiques; et la maîtrise de l’équilibre et de la neutralité dans le domaine de l’accès aux ressources naturelles.

TERRITOIRES POUR LA PROMOTION DE POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTALES LOCALES DURABLES: Tom Dallessio, Next City, a encadré la session indiquant que les territoires doivent déterminer l’intersection entre l’économie et la durabilité dans les processus de réalisation de l’Agenda 2030 et du Nouvel Agenda Urbain.

Nonobstant les difficultés causées par les politiques économiques nationales et internationales, Gerardo Pisarello Prados, Barcelone, a affirmé qu’ils ont généré des politiques locales donnant lieu à des avantages sociaux et environnementaux.

Dina Oyun, Maire de Kyzyl, Russie, a parlé des efforts fournis pour surmonter l’isolement géographique et les pénuries d’électricité de la République de Tuva et pour générer un développement durable à travers l’investissant dans le tourisme et dans l’évolution en une porte de transit pour le transport entre l’Europe et l’Asie.

Juan Mari Aburto, Maire de Bilbao, Espagne, a décrit la transformation de Bilbao qui est passé d’une ville industrielle “sale” à une ville verte, citant des exemples d’intervention, tels que le nettoyage de la rivière qui traverses la ville, la conversion de zones industrielles en jardins publics et une concentration sur le tourisme culturel.

Monika Zimmermann, ICLEI - Gouvernements locaux pour la durabilité, a déclaré que même si toutes les villes de la planète consommaient les ressources au taux promu par les dirigeants actuels en matière de durabilité urbaine, les limites planétaires seront dépassées. Elle a souligné que “Approche territoriale” est une expression utilisée souvent sans être vraiment comprise, et a appelé à un nouveau terme pour mieux illustrer les avantages qu’offrirait l’engagement de tous les niveaux de gouvernement à travailler ensemble.

En ce qui concerne la réduction des gaz à effet de serre (GES), Ronan Dantec, Sénateur, Loire-Atlantique, France, a engagé les villes à s’interroger sur la question de savoir si leurs actions sont réellement en train de contribuer au “sauvetage de la planète”. Ana Giros Calpe, Suez Environnement, a présenté des exemples de partenariats public-privé et a conclu que la coopération intelligente fonctionne et qu’elle continuera à fonctionner.

FORUM DES COMMUNAUTÉS

VILLES METROPOLITAINES ET VILLES PERIPHERIQUES: Octavi de la Varga, Association mondiale des grandes métropoles, a modéré cette session qui a entendu des contributions apportées par les autorités locales représentant Jakarta, Berlin, Nanterre, Brazzaville, Surabaya et Téhéran. Les conférenciers y ont focalisé leurs interventions sur trois séries de questions portant sur la gouvernance, le développement économique et la durabilité.

Aromar Revi, UN Sustainable Development Solutions Network (SDSN), a mis l’accent sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes, comme étant l’un des défis majeurs posés aux grandes villes. Il a illustré la façon dont les villes peuvent être en même temps un centre d’opportunités économiques et un lieu où sont concentrés des risques, tels que la survenue de catastrophes naturelles.

Les conférenciers ont parlé des contraintes financières et des tensions aux multi-niveaux de la gouvernance comme étant des défis communs. La mondialisation, ont-ils-affirmé, accélère la concurrence internationale et peut perturber les politiques sociales et aggraver les inégalités. Revi a rappelé que les empreintes climatiques des villes doivent être réduites et qu’un plan faible en émission de carbone devrait être adopté dans toutes les villes. Varga a conclu la séance en soulignant quelques-unes des principales recommandations du rapport GOLD IV, qui appellent: à de nouveaux modes de gouvernance, fondés sur la transparence et la collaboration; à une meilleure planification stratégique; à l’amélioration des infrastructures; à une expansion plus écologique des zones métropolitaines; et à l’intégration du droit à la ville dans le développement urbain.

LES FORUMS D’APPRENTISSAGE

SÉANCES DE TRAVAUX PRATIQUES - L’ART DE LA FACILITATION STRATÉGIQUE: Sogen Moodley, Municipal Institute of Learning (MILE), eThekwini, Afrique du Sud, a conduit ce forum portant sur la façon de faciliter les sessions d’apprentissage, soulignant que toute bonne facilitation doit obéir à des règles de base. Les participants ont partagé leurs attentes de la session, telles que la compréhension des façons de traiter les conflits et de documenter les apprentissages réalisés.

Jeannette Vélez Ramírez, Global Actions and Solutions, a souligné la nécessité de définir clairement la structure et la portée d’une session. Parlant de la facilitation en ligne sur de longues périodes, Harold Jarche, Jarche Consulting, a suggéré que le rôle du facilitateur consiste, en partie, à encourager la volonté d’essayer quelque chose de nouveau, affirmant que l’apprentissage n’est jamais fini.

Kubeshni Govender, Black Earth Consulting, a indiqué que l’apprentissage est finalement une expérience humaine et que, pour que ce soit une expérience durable, il doit être suivi d’actions qui intègrent l’apprentissage.

Au sujet des qualités qui caractérisent un bon facilitateur, Moodley a souligné l’importance de la “neutralité de contenu”, de la planification, du maintien de la confiance et de la gestion de la dynamique de groupe. Il a comparé les différents rôles que jouent les facilitateurs à ceux des architectes, des pilotes et des guides. Au sujet du point de savoir si les facilitateurs naissent en tant que tels ou le deviennent, il a suggéré que nos capacités de facilitation naturelles sont formées à partir de ce que nous sommes, nous dotant de tendances: à être bien prudents; à utiliser la communication fermée; et à parler, à dire et prouver au lieu d’écouter, à demander et à aider.

SÉANCES DE TRAVAUX PRATIQUES – LA MOBILITÉ: Manfred Poppe, Connective Cities, a expliqué que le but de la séance est de partager les enseignements concernant la mobilité urbaine dans le contexte de l’ODD 11 (Rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables). La session a été divisée en quatre groupes sur des études de cas de Buenos Aires, Barcelone, Bogotá, Séoul, Belo Horizonte, Séoul et Guatemala City. Les participants ont examiné: les défis de la mobilité dans le contexte de l’inégalité sociale et de l’étalement urbain; les partenariats public-privé dans les transports publics; la violence sexiste et la mobilité urbaine; et la durabilité et l’ inter-mobilité.

Les participants ont plaidé pour une meilleure mobilité urbaine, impliquant la sécurité physique et psychologique de tous les citoyens, indépendamment de la classe, de l’âge, de l’origine et de l’identité sexuelle. Ils ont également souligné que le transport public durable améliore la santé publique et améliore la sécurité des femmes dans les villes, tout en renforçant la protection de l’environnement.

Pour clore la session, les rapporteurs ont présenté les principaux facteurs de réussite et les recommandations formulées au cours des discussions des groupes restreints, soulignant, entre autres, la nécessité: d’un soutien politique fort; d’une augmentation des données scientifiques probantes; de réseaux élargis des villes pour la promulgation des bonnes pratiques; d’une amélioration des incitations fiscales; d’un renforcement de l’organisation de la société civile; d’une meilleure communication sur les avantages des transports en commun pour la santé et pour la sécurité publique; et d’une plus grande promotion des modes de transport alternatifs, tels que les pistes cyclables.

CONCEPTS ET TENDANCES: Kubeshni Govender, Black Earth Consulting, a indiqué que cette session portait sur la “praxis” – l’intersection entre l’application pratique et la théorie.

Harold Jarche, Jarche Consulting, a présenté deux modèles d’apprentissage, incarnés dans le processus de recherche d’un réseau, donnant un sens à la connaissance à travers une communauté de pratique, et dans le partage à travers son réseau. À cette fin, Sara Hoeflich, CGLU, a parlé des changements introduits dans leur réseau par CGLU, comme l’augmentation de la communauté utilisant Twitter et autres réseaux sociaux, la création de communautés de réflexion sur les politiques et la réalisation d’action d’apprentissage entre des pairs.

Cézar Busatto, Porto Alegre, Brésil, a déclaré que la démocratie participative est née à la fin des années 1980 à Porto Alegre, à travers l’utilisation de réseaux. Mettant en garde contre des réseaux qui finissent par devenir trop dépendants du financement public, il a décrit la façon dont Porto Alegre a créé le nouveau concept de «gouvernance de la solidarité locale” en 2000, en vue d’une consécration de la responsabilité collective.

Erik Vergel, Université de Rosario, a présenté des cartes qui facilitent la compréhension de la dynamique ségrégationniste dans les problématiques urbaines et les espaces publics. Il a appelé à un apprentissage de la manière de gérer une ville, pas seulement de la manière d’en planifier une.

Josep Roig, Secrétaire Général de CGLU, a suggéré que nous risquons de ne pas être en mesure de bien gérer les villes si nous n’adoptons pas les outils que les Jeunes sont en train de créer et d’utiliser pour l’apprentissage.