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Bulletin des CGLU

Volume 231 Number 7 - samedi, 15 octobre 2016


Faits saillants de l’édition 2016 du Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux

Vendredi, 14 octobre 2016 | Bogota, Colombie


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Vendredi, l’édition 2016 du Sommet mondial a rempli sa troisième journée de forums, réunions, dialogues politiques, ateliers et la poursuite de la plate-forme de travail permanent dédié à la co-création de la ville. D’amples opportunités de réseautage ont permis aux participants d’établir des connexions lors des manifestations informelles et durant un événement social organisé dans la soirée.

L’après-midi, la deuxième session de la deuxième Assemblée mondiale des gouvernements locaux et régionaux s’est réunie et a adopté une déclaration conjointe sur le Nouvel Agenda Urbain, à livrer à Habitat III à Quito, Équateur, le 16 octobre 2016, à l’occasion de la troisième session de la Seconde Assemblée Mondiale.

DEUXIEME ASSEMBLÉE MONDIALE DES GOUVERNEMENTS LOCAUX ET RÉGIONAUX

Soulignant le lien entre le Nouvel Agenda Urbain, les ODD et l’Accord de Paris, Kadir Topbas, Président de CGLU et Maire d’Istanbul, a introduit la session qui a porté sur un projet de déclaration commune renfermant les contributions de la deuxième Assemblée mondiale à Habitat III.

Maryse Gautier, coprésidente d’Habitat III, a déclaré que le Nouvel Agenda Urbain encouragera, à Quito, la conduite d’un travail collectif pour l’élaboration de nouveaux mécanismes de coopération novateurs permettant la mise en application de ce nouvel agenda.

Mauricio Rodas, Maire de Quito, a souligné que les autorités et gouvernements locaux ont largement contribué à l’élaboration du Nouvel Agenda Urbain, expliquant que la déclaration commune représente une proposition concrète pour l’action devant être entreprise par les villes et les gouvernements locaux par delà Habitat III.

Denis Coderre, Maire de Montréal, Canada, a prédit que les résultats d’Habitat III seront historiques, assurant le rôle des gouvernements locaux et régionaux, pas simplement comme administrateurs, mais comme des partenaires dans la création de solutions.

Les délégués à l’Assemblée ont examiné la déclaration commune et y ont mis en exergue les questions d’importance particulière pour leurs régions et leurs villes. Un délégué de VNG, Pays-Bas, s’est félicité de l’étroite coopération établie avec les gouvernements locaux et régionaux et de l’entente sur un programme urbain mondial, ajoutant qu’il attend avec intérêt la poursuite des avancées à Quito.

Un délégué de Terrassa, Espagne, a partagé le fait qu’une culture collaborative et participative a permis d’affronter avec succès les expulsions résultant de la crise financière. Un autre, de Liverpool, Royaume-Uni, a soutenu que la communication est essentielle pour garantir que le demi-million de maires que compte la planète, se considèrent comme faisant partie de la solution. Les délégués africains ont souligné que l’Agenda 2030 est le “programme des femmes et de l’Afrique”, et a invité les maires à joindre leurs forces à la Conférence sur le changement climatique qui se tient à Marrakech en novembre 2016, pour en faire un événement axé sur les solutions.

Les délégués ont également appelé: à la prise en considération des pressions exercées sur les villes créées par l’immigration; à une clarté concernant le rôle des gouvernements locaux dans la réalisation des ODD; et à la prise en compte des villes intermédiaires.

Clôturant la deuxième session de la deuxième Assemblée mondiale des gouvernements locaux et régionaux, Rodas a annoncé l’approbation de la Déclaration conjointe sur le Nouvel Agenda Urbain, à transmettre à Habitat III.

PLATEFORME DE TRAVAIL PERMANENTE - CO-CRÉER LA VILLE

DROIT À UNE VILLE PLURIELLE: Bernardo Gutiérrez, Medialab-Prado de Madrid, a présenté la diversité comme étant un processus, et non un produit, et a souligné la nécessité d’une gestion collective et responsable des biens culturels communs.

Igor Stokfiszewski, Critique politique, a mis en garde contre la commercialisation de la culture, affirmant que les droits d’auteur violent le droit à la culture et signalant que l’auto-expression est souvent critiquée comme étant un vandalisme. Il a souligné que les communautés doivent s’organiser elles-mêmes, plutôt que les architectes et les urbanistes.

Lucina Jiménez, Conarte, a rappelé aux participants que les questions autochtones ont rapport avec les questions urbaines, sachant que les peuples autochtones vivent aussi dans les villes. Elle a affirmé que c’est en les utilisant qu’on défend le mieux ses droits.

Kelly Anderson, cinéaste, a présenté son documentaire, “Mon Brooklyn”, qui raconte comment une zone commerciale importante pour les Afro-Américains a été déplacée par les lois de zonage et des subventions qui favorisent les promoteurs de bâtiments urbains à usage de bureaux.

Les participants ont discuté de la tension autour du rôle des gouvernements locaux dans la planification urbaine et le soutien de la culture, certains soulignant que “la planification urbaine” est souvent équivalente à une facilitation des souhaits et besoins des promoteurs, alors que les plans communautaires sont rejetés par les autorités municipales. Un participant, employé municipal, a rappelé que les gens qui travaillent dans les administrations locales sont eux-mêmes des militants et des citoyens.

L’AVENIR DES VILLES – DES VILLES EXPÉRIMENTALES: Fabro Steibel, Institut pour la technologie et la société (ITS-Rio), a présenté l’utilisation de ‘blockchain’, un outil établissant, au Brésil, un registre public numérique pour aider à la facilitation de la communication entre les gouvernements et les citoyens, y compris leur participation dans le processus législatif.

Boyd Cohen, Universitat de Vic, a présenté un exposé sur les différents outils technologiques émergents dans les villes partout dans le monde, y compris Airbnb (plateforme de location de logements de particuliers) et Uber (covoiturage forfaitaire). Il a souligné qu’alors que l’économie collaborative peut faciliter l’optimisation des ressources sous-utilisées, sa réglementation a beaucoup de zones grises, comme lorsque des propriétaires mettent des appartements à louer sur Airbnb, diminuant la disponibilité de logements.

Gabriella Gómez-Mont, Laboratorio para la Ciudad, a parlé d’émeutes liées à Uber survenus à Mexico, au Mexique, et des efforts fournis pour élever la conversation et trouver une solution viable. Elle a décrit la création d’un fonds de mobilité financé par une taxe de 1,5% sur Uber, qui, à la fois, aidera les taxis à devenir compétitifs et profitera aux moyens de transports non motorisés.

Au cours du débat qui a suivi, les participants ont évoqué, entre autre, les implications négatives de la vie dans les zones périphériques et la possibilité de créer plusieurs centres villes interconnectés.

LES ATELIERS

GOUVERNER AVEC LE CITOYEN - GOUVERNEMENTS LOCAUX TRANSPARENTS ET RESPONSABLES DANS UN MONDE DE PLUS EN PLUS URBANISÉ: Carlos Martínez, Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP) et Maire de Soria, Espagne, a déclaré que les institutions politiques ont perdu la confiance des citoyens et que FEMP est engagée dans des efforts visant à accroître la transparence, la participation et l’éducation en vue de rétablir cette confiance.

Daniel Martínez, Maire de Montevideo, Uruguay, et Murat Aydin, Maire de Zeytinburnu, Turquie, ont décrit les efforts fournis respectivement pour améliorer le partage de l’information et la transparence à travers des plates-formes en ligne, dont une est consacrée à permettre aux citoyens de voter sur les propositions de développement.

Alonso Cerdán, Open Government Partnership, a décrit le travail mené avec 70 pays pour la fourniture d’engagements et de plans spécifiques visant à accroître la responsabilisation, et a parlé de la conduite de projets pilotes portant sur ce même objectif, dans 15 villes à travers le monde.

Marcela Restrepo, Transparency International Colombia, a déclaré que la lutte contre la corruption est une décision politique et que la participation des citoyens peut réduire la corruption si “d’autres yeux” regardent le système.

Au cours du débat qui a suivi, les participants ont souligné l’importance de l’éducation pour assurer une participation significative et ont fait remarquer qu’il ne faut pas confondre information et transparence. Ce qui est nécessaire, a-t-il dit, c’est l’explication des décisions.

INNOVATION URBAINE – RÉALISATION DES ODD ET DU NOUVEL AGENDA URBAIN: Nicholas You, conseiller auprès du Prix Guangzhou, a parlé de l’objectif de ce Prix comme consistant à encourager le partage de connaissances, de compétences et d’expériences entre les villes pour la relève des défis actuels et futurs. Chanson Jingwu, Association du peuple chinois pour l’amitié avec les pays étrangers, a parlé de la priorité accordée au développement urbain par le gouvernement chinois, et a invité les participants à un prochain forum international sur l’innovation urbaine qui se tiendra à Guangzhou, en Chine, en décembre 2016.

Denis Coderre, Maire de Montréal et président de Metropolis, a célébré l’importance croissante du Prix qui a attiré 60% de candidats supplémentaires cette année. Wen Guohui, Maire de Guangzhou, a annoncé les 15 finalistes en lice pour 2016: Addis Abeba, Ethiopie; Asunción, Paraguay; Boston, États-Unis; Bruxelles, Belgique; Copenhague, Danemark; Jakarta, Indonésie; La Paz, Bolivie; Gouvernorat de Qalyubeya, Egypte; Luleburgaz, Turquie; Manashe, Israël; Ramallah, Palestine; Songpa-gu, République de Corée; Tempere, Finlande; Tiajomulco de Zuniga, Mexique; et Malang, Indonésie.

Les membres du Comité technique du 3ème Prix de Guangzhou ont mis en exergue les projets axés sur la gestion des déchets, les énergies renouvelables, la résilience au changement climatique, la consolidation de la paix, la sensibilisation du public et la sécurité, l’égalité des sexes, les systèmes de transport et l’engagement des jeunes.

Au cours des discussions de groupe, Monika Zimmerman, ICLEI, a parlé des caractéristiques communes des finalistes choisis, tels que: l’innovation, l’efficacité, l’envergure, la reproductibilité et la portée intersectorielle. Parlant du partenariat avec Guangzhou, Sunil Dubey, Metropolis, a présenté les éléments constitutifs d’un cadre de renforcement des capacités, qui peut aider les villes à concrétiser les ODD. Arab Hoballah, PNUE, a parlé de la transformation de simples données et informations en connaissances utiles.

DIALOGUES DE POLITIQUE

CRÉER UN ESPRIT DE SOLIDARITÉ: Luc Martens, Association des villes et communes flamandes, a présenté ses réflexions sur la manière de trouver le bonheur dans la relation avec autrui, décrivant la solidarité comme étant à la fois une attitude et une pratique. Carlos Martínez, FEMP et Maire de Soria, a qualifié les agents publics de “protagonistes vedettes” dans le processus de création d’une société tolérante, juste et libre. Fatimetou Bint Abdel Malick, Maire de Tevragh-Zeina, Mauritanie, a révélé comment elle a dû lancer un “appel au secours” au nom de ses électeurs, qualifiant la solidarité de vocation que nous devons porter dans nos cœurs.

Plusieurs conférenciers ont partagé des exemples concrets de solidarité agissante, Isaac Ashai Odamtten, Maire de Tema, Ghana, soulignant que la concurrence ne doit pas faire dérailler la nécessité de se tenir ensemble. José Cruz-Osorio, PNUD, a parlé des éléments de solidarité figurant dans l’Agenda 2030, alors que Paulson Pierre-Philippe, Port-au-Prince, en Haïti, a présenté les dures réalités sur le terrain, dues à des catastrophes naturelles et à une distribution déséquilibrée des richesses et des ressources, soulignant que la solidarité est indispensable à la justice sociale.

Au cours des discussions qui ont suivi, les participants ont évoqué, entre autres, les défis entravant les mesures de solidarité dans les villes détruites par le conflit et la nécessité d’une éducation permettant de développer les valeurs de solidarité.

LE DROIT A LA VILLE AU CŒUR DU NOUVEL AGENDA URBAIN: Patrick Braouezec, Président de Plaine Commune, France, a encouragé l’édification de villes fondées sur la solidarité et non sur l’exclusion. Soo Kim, Gwangju, République de Corée, a affirmé que leur ville est une ville des droits humains et a décrit les efforts consentis pour la pérennité de ce statut.

Jan van Zanen, Maire d’Utrecht, Pays-Bas, a souligné leur rôle en tant que ville des droits de l’homme, mettant l’accent sur une vie saine. Abdoulaye Thimbo, Maire de Pikine, Sénégal, a souligné les défis auxquels sa ville se trouve confrontée dans le processus de réalisation du Droit à la ville, en raison à la fois de la migration et des intérêts privés.

Cuauhtémoc Cárdenas, Mexico, a parlé des efforts fournis pour l’élaboration d’une nouvelle constitution de la ville de Mexico portant les droits de l’homme en son cœur. Ada Colau, Maire de Barcelone, Espagne, a déclaré qu’à Barcelone, “ville néolibérale” accablée de privatisation et de spéculation, a échoué, en particulier, pour ce qui est de la garantie des droits humains.

Bahram Ghazi, HCDH, a déclaré que des mécanismes urbains institutionnalisés sont nécessaires pour la réalisation des droits humains. Alison Brown, ‘Femmes dans l’emploi informel: mondialisation et organisation’, a évoqué la nécessité de ne pas marginaliser la force de travail informelle. Pablo Benson-Silva, Occupy Wall Street, a déclaré que les Jeunes se livrent à la politique de façon différente et que les politiciens traitent souvent avec condescendance leurs efforts.

FINANCEMENT DU NOUVEL AGENDA URBAIN: Luiz de Mello, OCDE, a présenté les résultats de l’étude intitulée “Gouvernements infranationaux à travers le monde - Structure et Finance: Première contribution à l’Observatoire mondial sur les finances locales”. Il a souligné que, même lorsqu’il est d’envergure particulière, un gouvernement infranational n’implique pas forcément une autonomie dans l’élaboration des politiques.

Rémi Rioux, Agence Française de Développement (AFD), a mis en exergue l’objectif de l’Agence consistant à soutenir la durabilité urbaine, et a indiqué que l’AFD y consacre actuellement 8 milliards € par an, mais qu’elle prévoit d’atteindre 12 milliards € par an d’ici 2020.

Luis Revilla Herrero, Maire de La Paz, a signalé que la Bolivie s’illustre par l’affectation budgétaire la plus faible accordée aux collectivités locales (11% du budget national), ajoutant que le défi ne porte pas uniquement sur la répartition, mais également sur l’efficacité de l’utilisation des ressources financières.

Daria Cibrario, Public Services International, a alerté les conférenciers sur: la grande évasion fiscale des grandes entreprises; un transfert sans précédent des risques du secteur privé au secteur public; et l’impact des accords commerciaux internationaux sur le budget et l’autonomie des collectivités locales.

George McCarthy, Institut Lincoln pour la politique foncière, a parlé de l’ambition du Nouvel Agenda Urbain, qui nécessitera un investissement annuel de 4 à 5 trillions d’euros dans l’infrastructure, à elle seule, durant les 20 prochaines années.

Marco Kamiya, ONU-Habitat, a parlé des “atlas de l’expansion urbaine”, un outil servant à l’analyse du développement urbain, qui peut être utilisé par les divers partenaires, et a mis en relief le manuel “Finance pour les dirigeants des Villes”, qui aide à responsabiliser les dirigeants locaux et qui sera lancé à Habitat III.

FORUMS COMMUNAUTAIRES

LES GOUVERNEMENTS RÉGIONAUX: Maria Julia Reyna, Santa Fe, Argentine, a déclaré que les régions méritent un espace d’échange et de réflexion sur les expériences vécues en matière de politiques publiques. Sarath Ethnayake, Central Province, Sri Lanka, a décrit les efforts nationaux et régionaux fournis pour l’adaptation des ODD au niveau local.

Benoît Faucheux, Centre-Val de Loire, France, a souligné la nécessité d’une solidarité entre les milieux urbains et ruraux, et le rôle que les gouvernements régionaux peuvent jouer pour réduire cette fracture. Rashid Seedat, Gauteng, Afrique du Sud, a décrit le travail mené à l’initiative du gouvernement régional pour faire en sorte que les trois villes de la région aient une approche commune pour atteindre des ODD.

Stefano Bonaccini, Président d’Emilia Romagna, Italie, a présenté des plans pour la réalisation d’un développement durable à travers: une moindre consommation des sols; l’initiation d’une approche économique circulaire; et l’investissement dans les énergies renouvelables.

Didier Alberto Tavera Amado, Gouverneur de Santander, Colombie, a déclaré que les problèmes posés dans sa région sont souvent en rapport avec l’exode rural et a décrit les efforts fournis pour faire face à cette réalité. José Manuel Salazar-Xirinachs, Organisation internationale du Travail (OIT), a souligné la nécessité d’améliorer la collaboration à tous les niveaux pour créer de meilleures conditions de travail pour tous.

LES ÉLUES DU NIVEAU LOCAL: Anne Hidalgo, Maire de Paris, France, s’est félicitée de la promotion de la Femme à l’ONU, expliquant que l’accès accru des femmes aux postes de responsabilité diminue le risque de corruption. Fatimetou Abdel Malick, Maire de Tevragh Zeina, a encouragé la parité au bénéfice pour l’ensemble de la société.

Plusieurs conférenciers ont mis à contribution leurs expériences personnelles pour surmonter les inégalités et les décalages en matière des capacités permettant d’être en mesure de diriger et de satisfaire l’équité entre les sexes. Manuela Carmena, Maire de Madrid, Espagne, a mis en garde contre le “piège de l’accès au pouvoir avec un esprit masculin”, et a fait part d’approches politiques visant à soutenir le leadership féminin. Fatma Şahin, Maire de Gaziantep, Turquie, a déclaré que l’intégration des femmes “n’est pas une option, mais un impératif”.

Ibon Uribe, Maire de Galdakao, Espagne, a présenté les engagements politiques permettant de s’assurer d’une participation équitable des femmes et de leur représentation. Célestine Ketcha Courtès, Maire de Bangangté, Cameroun, a appelé à une enveloppe d’outils permettant d’habiliter les femmes à surmonter les obstacles financiers et capacitaires et à prendre part à la vie politique. D’autres conférenciers ont évoqué des initiatives telles que l’utilisation des caravanes pour atteindre les femmes rurales.

LES FORUMS D’APPRENTISSAGE

SESSIONS DE TRAVAUX PRATIQUES - FINANCE LOCALE, PARTICIPATION ET GOUVERNANCE INCLUSIVE: Dans le cadre d’une étude de cas sur la ville de La Paz, trois Maires issus des Philippines, la Colombie et l’Espagne ont fourni des indications sur les mécanismes financiers urbains innovants.

Roger Quiroga Becerra de la Roca, La Paz, a parlé de la gestion financière, de la décentralisation financière et la gouvernance budgétaire participative dans sa ville. Il a expliqué comment des changements juridiques introduits en 2010 ont conféré une plus ample compétence aux autorités locales, ont permis la conduite de tests dans ce domaine et ont mis en lumière que l’un des défis majeurs posés, était le manque de professionnels qualifiés aptes à rehausser la gestion des finances à un niveau stratégique. Il a ajouté qu’il est “impossible de rivaliser avec l’État quant à l’investissement stratégique dans l’infrastructure”, vu qu’il détient encore 80% des ressources.

Les conférenciers ont rappelé que l’inégalité est un obstacle majeur pour la budgétisation participative. Un autre participant a signalé l’absence de l’alphabétisation budgétaire dans les écoles. Les participants ont fourni une série de recommandations portant notamment sur: l’amélioration de l’efficacité de la décentralisation financière; la création de financements innovants dans les villes pour favoriser le développement durable; la réalisation, au niveau local, d’une finance représentant 20% des budgets nationaux, au cours de la prochaine décennie; et la création d’un observatoire multipartite sur les finances locales.

SESSIONS DE TRAVAUX PRATIQUES - COOPÉRATION VILLE-VILLE, SUD-SUD ET TRIANGULAIRE POUR LE TRAVAIL DÉCENT: Pierre Martinot-Lagarde, OIT, a précisé que la session a pour objectif de partager les expériences des uns et des autres et d’élaborer des critères de bonnes pratiques pour la coopération ville-ville. Les modérateurs ont souligné la nécessité d’engager le secteur privé dans les efforts fournis par les municipalités, pour améliorer les finances et la focalisation sur la création d’emplois décents pour tous.

Dans le chapitre consacré à l’élaboration des rapports, les participants ont mis en exergue les principaux éléments permettant de renforcer la coopération dans le développement des villes, comme par exemple: veiller à la participation de l’ensemble des acteurs; orienter les financements vers les municipalités; autonomiser la société civile; et favoriser le principe d’horizontalité.