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BNT:05:47 . [Index du volume 5] . [Page d'accueil du BNT]

LES FAITS MARQUANTS DE LA CDD

JEUDI 18 AVRIL 1996

En cette première journée de la quatrième session de la Commission du Développement Durable (CDD-4), les délégués entendirent les déclarations introductives à l’ouverture de la Plénière ainsi que le rapport d’avancement du Panel Intergouvernemental sur les Forêts. Ils se penchèrent, par ailleurs, sur plusieurs questions intersectorielles (technologie, éducation, développement des capacités, commerce, pauvreté, population, processus décisionnels, institutions, groupes majeurs et rapports nationaux) et participèrent à un panel de discussion sur l’éducation.

PLENIERE D’OUVERTURE

Le Président sortant Henrique CAVALCANTI (Brésil) présenta ses commentaires concernant les activités de la CDD durant l’année écoulée et sur la contribution de la CDD à la construction de la paix et de la durabilité. Il suggéra que: le Président de la CDD soit élu à l’issue de la session annuelle; le mandat du Bureau de la CDD soit prorogé de deux ans; et que le Président serve de Vice-Président l’année qui précède son investiture.

Les délégués devaient, ensuite, élire Rumen GECHEV (Bulgarie) en qualité de Président de la CDD-4. Ce dernier nota le rôle important de cette session pour le parachèvement du Programme de Travail pluriannuel et pour les préparatifs de la Session Extraordinaire de 1997 de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU). Il évoqua les grands espoirs attachés à la CDD-4 comme en témoignent: l’intérêt continuel porté par le haut niveau politique aux travaux de la CDD; l’implication active de la société civile, des groupes majeurs et des ONG; et le solide engagement des institutions de l’ONU. Le nouveau Président ajouta que les délégués échangeront leurs points de vue sur la mise en oeuvre du Plan d’Action 21 durant la réunion de haut niveau, en notant qu’il y a un consensus autour de l’idée que la CDD et l’AGNU ne doivent pas tenter de réécrire Action 21.

Nitin DESAI, Sous-Secrétaire Générale chargé de la Coordination Politique et le Développement Durable (DCPDD), souligna que cette session doit marquer le début des préparatifs de la session extraordinaire de l’AGNU et doit susciter des attentes quant aux résultats de cette revue. La CDD doit assumer ses rôles et responsabilités dans le contexte du processus de coordinations du suivi. La CDD peut combler les lacunes du système des Nations Unies dont aucune institution n’a la responsabilité de problèmes tels que celui de l’eau douce et des océans, et peut également injecter une perspective sectorielle économique dans des problématiques souvent perçus comme relevant de la gestion ou de l’environnement.

Les délégués devaient élire, ensuite, Paul de JONGH (Pays-Bas), Directeur Général Adjoint au Ministère de l’Habitat, de la Planification Territoriale et de l’Environnement, en qualité de Vice-Président. Les autres membres du bureau seront élus à l’issue des consultations des groupes régionaux. Les délégués adoptèrent, par ailleurs, l’ordre du jour provisoire figurant dans le document E/CN.17/1996/1.

Trois groupes de travail examineront les projets de recommandations et de conclusions pour la CDD-4. Le premier se penchera sur l’atmosphère, les océans et les mers, et sur les petits Etats insulaires en développement. Le second abordera les finances, les modes de consommation et de production, les transferts technologiques, le commerce, la pauvreté et la démographie. Le troisième planchera sur les processus décisionnels (Plan d’Action 21 Chapitre 8, 38, 39 et 40) et sur les rapports nationaux.

Joke WALLER-HUNTER, Directeur de la Division du Développement Durable (DCPDD), présenta un bref rapport d’avancement concernant le Panel Intergouvernemental sur les Forêts (PIF). La NATIONAL WILDLIFE FEDERATION, au nom de plusieurs ONG Américaines, encouragea l’adoption de recommandations d’action pour le PIF-3 et mit en garde contre une focalisation sur le seul commerce du bois d’oeuvre.

QUESTIONS INTERSECTORIELLES

Les chargés des travaux devaient, ensuite, introduire les rapports du Secrétaire Général et autres documents pertinents dans le cadre de l’examen des questions intersectorielles de la CDD.

La CNUED introduisit le rapport du Secrétaire Général concernant le commerce, l’environnement et le développement durable (E/CN.17/1996/8 and Add.1). Le FNUAP introduisit le rapport sur la dynamique démographique (E/CN.17/1996/10 and Add.1). L’UNESCO introduisit le rapport sur l’éducation E/CN.17/1996/14 and ADD.1). Le PNUD introduisit le rapport sur le renforcement des capacités (E/CN.17/1996/15 and Add.1). Joke WALLER-HUNTER introduisit les rapports élaborés par le DCPDD sur les sujets suivants: la lutte contre la pauvreté (E/CN.17/1996/9); l’intégration de l’environnement et du développement dans les processus décisionnels (E/CN.17/1996/11 and Add.1); les rapports nationaux (E/CN.17/1996/19); le rôle des groupes majeurs (E/CN.17/1996/12 and background paper #2); le transfert des technologies écologiquement rationnelles (E/CN.17/1996/13, Add.1 and background paper #5); les mécanismes juridiques internationaux (E/CN.17/1996/17, Add.1 and background paper #3); l’information au service des prises de décision (E/CN.17/1996/18 and Add.1); et les arrangements institutionnels (E/CN.17/1996/16).

La SUISSE attira l’attention des délégués sur la publication suisse “Passeport pour le Futur” en matière d’éducation. L’UE suggéra que la CDD puisse recommander aux Etats de prendre en ligne de compte: l’établissement de programmes de renforcement de la sensibilisation de tous les groupes sur le développement durable; la promotion de la participation des groupes majeurs; le développement du rôle des CDD nationales; l’encouragement de la synergie entre les différentes composantes des groupes majeurs; et l’assistance à l’établissement d’une coopération entre les groupes majeurs. Les PAYS- BAS mirent l’accent sur une récente réunion d’experts portant sur la Détermination des Besoins Technologiques Nationaux (DBTN), qui contribuera à l’enrichissement des discussions en cours sur le transfert technologique et le renforcement des capacités. La réunion identifia la valeur ajoutée des DBTN, lorsqu’elle est correctement suivie par des actions de renforcement des potentialités et des projets de transferts technologiques.

La SUEDE mit en exergue son engagement en matière d’éducation et décrivit de récentes initiatives nationales telles que l’instauration de nouveaux programmes nationaux se référant directement à l’approche planétaire. Le délégué souhaita, par ailleurs, de nouveaux efforts de l’UNESCO et d’autres pour la production de propositions susceptible de permettre à la session extraordinaire d’élaborer de nouvelles idées en matière de développement durable.

Le CANADA déclara que la CDD devrait explorer davantage les sujets liés à la pauvreté et à la dégradation environnementale, tels que la santé des pauvres en milieu urbain, la protection de l’environnement et la gestion des ressources, la création de forêts et la reforestation, et le développement des systèmes d’assainissement. Il encouragea la CDD à recommander la confirmation de statut de la liste des ONG auprès de la CDD et d’inviter explicitement les groupes majeurs à participer aux préparatifs de la session extraordinaire. Il ajouta enfin que l’impact positif des initiatives de libération du commerce sur le développement durable serait maximisé si elles étaient accompagnées de politiques environnementales appropriées.

Le délégué US attira l’attention sur la question des femmes et des enfants dans les études et les évaluations de la pauvreté. Il encouragea l’implication des ONG et des groupes majeurs en précisant, toutefois, que son financement ne doit pas imposer davantage de charge supplémentaire sur le budget des Nations Unies.

La CHINE déclara que, dans le domaine du commerce international, les pays devraient pouvoir se consulter sur un même pied d’égalité et ne devraient pas créer des barrières commerciales aux pays en développement. Le VENEZUELA évoqua leurs efforts nationaux dans le cadre du Plan d’Action 21, comprenant des efforts à accroître la participation des entreprises privées et leurs travaux de recyclages. La REPUBLIQUE DE COREE suggéra que les programmes de lutte contre la pauvreté soient géographiquement et écologiquement spécifiques. Le délégué évoqua “la vision environnementale” nationale annoncée récemment qui inclura la mise en oeuvre d’un certain nombre de mesures de prévention dans le domaine environnemental.

Le DANEMARK déclara que l’un des challenges les plus ardus rencontrés dans la mise en oeuvre nationale est celui concernant le nécessité de changer les modes de consommation et de production. CUBA nota l’importance du commerce international et des transferts scientifiques et technologiques, et déclara que les politiques protectionnistes créent des entraves aux exportations des pays en développement.

L’UE parla de la priorité des efforts de la lutte contre la pauvreté, incluant les services de santé de base, le renforcement des capacités et le soutien aux femmes. Le délégué déclara que le suivi du Sommet Mondial du Développement Social devrait être coordonné par la Commission du Développement Social et que l’ECOSOC devrait envisager la répartition des tâches entre les deux commissions.

PANEL SUR L’EDUCATION

Gustavo Lopez OSPINA, Directeur de l’UNESCO, introduisit un panel de discussion sur le rôle de l’éducation dans le développement durable. Le panel était présidé par Aleksandra KORNHAUSER (Slovénie), membre de La Commission Internationale sur l’Education pour le 21eme Siècle, et Directeur du Centre International des Etudes de Chimie, Ljubljana.

Madeleine KUNIN, Deputy Secretary of Education, USA, déclara que les questions d’éducation et d’environnement étaient fondamentales pour la survie. Elle se félicita du rapport de Delors soumis à la Commission Internationale sur l’Education pour le 21ème Siècle et souligna la nécessité d’investir dans l’éducation, dans tous les pays. Elle passa en revue les initiatives américaines incluant le projet GLOBE qui implique des étudiants, des enseignants, et des scientifiques de 33 pays, et 3000 enfants pour la collecte des données liées au développement durable, et communiquant entre eux d’un bout à l’autre du monde. Lubomir NONDEK, Directeur des Stratégies Environnementales au Ministère de l’Environnement de la République Tchèque, mit en relief les recommandations de l’atelier international organisé autour de la sensibilisation publique sur le développement durable dont: le développement de lignes directrices nationales pour l’éducation en matière de développement durable; la coopération du secteur publique avec les groupes majeurs pour la compilation des informations; et le rôle des agences onusiennes et des ONG dans la divulgation des idées.

Margarita BOTERO, Ancien Directeur Général de l’Environnement en Colombie, et membre de la Commission Brundtland, déclara que les problèmes les plus critiques auxquels l’humanité se trouve confrontée sont dus à une crise des valeurs. Elle s’interrogea sur le type de société que nous avons construit. Elle nota que l’éducation constituait une réponse clef et que les faits et les concepts actuels ne demeureront pas valides dans le nouveau siècle. Une nouvelle reconnaissance de l’importance des valeurs dans le domaine de l’éducation sera nécessaire. Elle fit part des préoccupations de la Commission quant aux inégalités persistantes dans l’accès à l’éducation et appela à la démocratisation du savoir. Aleksandra KORNHAUSER introduisit le résultat de la Commission Internationale sur l’Education pour le 21ème Siècle. La Commission adopta un concept de développement fondé sur la qualité exigeant une combinaison de connaissance et de valeurs dans la quête de la sagesse. Le 21ème siècle sera celui de la qualité: la richesse et la productivité devront être redéfinies. Cela ne pourra se faire que si l’éducation continue était perçue comme une force cruciale de développement socio- économique, comme un besoin humain et comme un droit humain.

Un représentant de la jeunesse souligna le rôle des jeunes dans la divulgation du savoir transmis par leurs enseignants. Un exemple d’éducation par les pairs, en Inde, fut décrit. La Commission du Royaume-Unie pour l’Environnement et le Développement auprès des Nations Unies avança une proposition pour un grand programme de travail impliquant les gouvernements, les groupes majeurs, les éducateurs et le système des Nations Unies, qui sera intitulé “Education 21,” et sera lié au Plan d’Action 21.

DANS LES COULISSES

Un rapport d’avancement concernant le Panel Intergouvernemental sur les Forêts (PIF) fut présenté au cours de la première journée de la CDD-4. Certains délégués et observateurs confièrent en privé que beaucoup de choses n’ont pas été dites concernant le processus de PIF, quelques-uns mêmes exprimant une certaine déception quant au peu de progrès réalisé durant la récente réunion du PIF-2 à Genève. Certains ont préféré voir le PIF-3 traiter de ses termes de référence d’une manière plus générale pour y inclure de sujets tels que la gestion forestière et les causes de la déforestation. D’autres continuent de penser que cela serait la meilleure façon de voir le panel ne pas terminer son travail d’ici sa quatrième session. Par ailleurs, plusieurs délégués se sont déclarés frustrés d’avoir perçu une certaine mauvaise volonté quant à la soumission des forêts tempérées ou boréales à un même niveau d’examen que les forêts tropicales. Bien que la CDD-4 n’ait pas à examiner la question des forêts, ces mêmes délégués estiment que le PIF est le début d’un long processus de négociation durant lequel la CDD-5, à travers sa revue des Principes Forestiers dans le cadre du Plan d’Action 21, jouera un rôle capital dans la répartition des responsabilités pour les futures discussions sur ce sujet.

A SUIVRE AUJOURD’HUI

PLENIERE: La Plénière poursuivra ses discussions des Points 3 et 5 (questions intersectorielles) de l’Ordre du Jour, durant ses sessions de matinée t d’après-midi dans la Salle de Conférence 1.