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Bulletin des Négociations de la Terre (ENB)

Volume 09 Numéro 693 - mardi 12 décembre 2017


Faits marquants de l’OSASTT 21

Lundi 11 décembre 2017 | Montréal, Canada


Langues: EN (HTML/PDF) FR (HTML/PDF)
Visitez notre couverture ENB/IISD depuis la réunion de Montréal, Canada: http://enb.iisd.org/biodiv/sbstta21-wg8j10/

Ce lundi, la plénière de l’OSASTT a donné lieu à des discours d’ouverture et a abordé: les scénarios de la vision 2050 pour la diversité biologique et liens entre les Objectifs d’Aichi pour la biodiversité et les ODD; les outils d’évaluation de l’efficacité des instruments de politique générale pour la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique; les orientations pour un secteur de la viande de brousse plus durable; et le lien diversité biologique–santé humaine. Un Groupe d’amis de la Présidente sur la viande de brousse, facilité par Prudence Galega (Cameroun), s’est réuni dans la soirée.

PLÉNIÈRE D’OUVERTURE

La Présidente de l’OSASTT Theresa Mundita Lim (Philippines) a ouvert la réunion en soulignant le besoin: d’interfaces science-politique efficaces; de changements transformateurs; de stratégies coordonnées; de solutions fondées sur les écosystèmes; et d’autonomiser les parties prenantes. Rappelant le 25e anniversaire de l’entrée en vigueur de la CDB, à venir en 2018, la Secrétaire générale de la CDB Cristiana Pașca Palmer a souligné: le besoin d’améliorer la sensibilisation de la communauté internationale au sujet des valeurs de la biodiversité; le rôle de la CdP 14 dans l’accélération des avancées vers la réalisation des Objectifs d’Aichi et pour tracer le chemin de l’après 2020; et l’importance d’engager les producteurs et les consommateurs à travers l’intégration de la biodiversité. Andreas Obrecht, au nom du Secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies sur l’environnement (PNUE) Eric Solheim, a mis en exergue les résolutions pertinentes adoptées par l’Assemblée des Nations Unies sur l’environnement (ANUE) début décembre, notamment concernant les déchets marins et les microplastiques.

QUESTIONS D’ORGANISATION: Les délégués ont adopté l’ordre du jour et l’organisation des travaux (UNEP/CBD/SBSTTA/21/1 et Add.1) sans amendements. Les délégués ont élu Eugenia Arguedas Montezuma (Costa Rica) Rapporteuse de l’OSASTT 21.

SCÉNARIOS DE LA VISION 2050 POUR LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE

Le Secrétariat a présenté la documentation (CBD/SBSTTA/21/2 et Add.1). Paul Ledley, Paris-Sud et membre du Groupe d’experts pluridisciplinaire de l’IPBES, a présenté des travaux scientifiques pertinents, en soulignant: que les liens et synergies entre la vision 2050 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 devraient faire l’objet d’un examen; que la poursuite des tendances actuelles va conduire à une dégradation substantielle de la biodiversité et des écosystèmes; qu’un changement transformateur est indispensable pour atteindre la vision 2050, et pour atteindre également des objectifs socioéconomiques plus larges; et que les scénarios et modèles peuvent aider à élaborer et mettre en œuvre un cadre post-2020.

Plusieurs pays ont soutenu la pertinence de la vision 2050 pour les ODD. La COLOMBIE a noté le besoin de déterminer les moteurs de la perte de biodiversité et de les relier aux secteurs correspondants. Le MEXIQUE a mis en exergue: les scénarios et la modélisation des services rendus par la biodiversité et les écosystèmes dans la formulation des politiques; et une attention particulière sur les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité et une réduction des pressions, y compris à travers l’intégration. L’AUTRICHE et d’autres ont soutenu les scénarios comme outils de communication.

La POLOGNE a mis en lumière les conclusions du Secrétariat sur les scénarios de la vision 2050 comme contribution au cadre post-2020, et la FINLANDE a recommandé de les « accueillir favorablement », tandis que l’ALLEMAGNE, l’INDE et d’autres ont suggéré de les joindre en annexe à la recommandation de l’OSASTT. La FINLANDE a souligné: l’approche écosystémique; avec la CHINE, l’intégration avec les ODD et d’autres conventions relatives à la biodiversité; et, avec l’INDE, la cinquième édition de l’État mondial de la biodiversité (GBO 5). L’INDE a mis en avant la nécessité d’un financement suffisant pour le cadre post-2020. L’OUGANDA et d’autres ont appelé au renforcement des capacités et à l’amélioration institutionnelle pour élaborer et utiliser des scénarios. CUBA a appelé à une coopération technique et scientifique, et à mobiliser des ressources pour maintenir les efforts en vue de la réalisation des Objectifs d’Aichi. Le MAROC a proposé d’appliquer les scénarios actuels aux pays et de travailler sur de nouveaux indicateurs. La BOSNIE-HERZÉGOVINE a demandé l’élaboration et la mise en œuvre de plan de renforcement des capacités pour établir des scénarios pertinents au niveau national.

La NORVÈGE a recommandé: de prendre appui sur les scénarios développés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et par l’IPBES; de générer un élan pour un niveau élevé d’ambition dans le cadre post-2020; et, avec le DANEMARK et l’AUTRALIE, de communiquer sur les réussites dans la réalisation des Objectifs d’Aichi. La BELGIQUE a appelé le Secrétariat, ainsi que les Présidences actuelle et futures de la CdP, à identifier des ambassadeurs parmi les célébrités. L’INDONÉSIE a recommandé de bâtir des synergies avec le Cadre de Sendai pour la réduction du risque de catastrophes, avec la Feuille de route S.A.M.O.A., et avec le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement. La SUISSE a appelé à la coordination avec l’IPBES, avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) et avec d’autres, et à établir des indicateurs communs à tous les traités relatifs à la biodiversité, aux ODD et à l’Accord de Paris. La RÉPUBLIQUE DE CORÉE a plaidé pour un nombre limité de cibles raisonnables dans le cadre post-2020.

Le JAPON, avec le soutien de l’AUSTRALIE, a suggéré d’inclure également les impacts positifs potentiels des secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche. Le BRÉSIL a mis en exergue les synergies avec d’autres accords environnementaux. Les Philippines, au nom de l’ASSOCIATION DES NATIONS D’ASIE DU SUD-EST (ASEAN), a déclaré que les Objectifs d’Aichi et les ODD guident l’action collective de lutte contre la perte de biodiversité.

La BOLIVIE a suggéré: d’inclure les fonctions écosystémiques et leur importance dans les systèmes vivants, en plus des services écosystémiques; d’intensifier l’adaptation aux changements climatiques, aux côtés de l’atténuation; et de reconnaître la contribution des actions collectives des peuples autochtones et des communautés locales (PACL) en matière de conservation de la biodiversité. Le PÉROU a estimé que réaliser la vision 2050 suppose de contempler des objectifs socioéconomiques plus larges et d’intégrer la biodiversité, et à instamment demandé des approches communes. Le Forum internationale des peuples autochtones sur la biodiversité (IIFB) a déploré les connaissances traditionnelles soient peu reconnues et intégrées, et a recommandé d’exhorter le Groupe d’experts de l’IPBES sur les modèles et les scénarios d’assurer la participation des PACL. L’UICN a appelé à encadrer la vision de façon positive, succincte et quantifiable; et à mettre en place une nouvelle mission avec des objectifs fondés sur la science d’ici 2030. Le RÉSEAU MONDIAL DES JEUNES POUR LA BIODIVERSITÉ (GYBN) a demandé l’élaboration transparente et participative d’une vision à long terme. La COALITION MONDIALE DES FORÊTS a mis en exergue les actions conduites au niveau local et le rôle des femmes dans la conservation. Le WWF a appelé à des mesures plus solides pour faire face aux défis actuels et restaurer l’ordre naturel d’ici 2050. Le GROUPE ETC a recommandé d’analyser et d’évaluer les tendances technologiques en rapport à la biodiversité.

EFFICACITÉ DES INSTRUMENTS DE POLITIQUE GÉNÉRALE

Le Secrétariat a présenté la documentation correspondante (CBD/SBSTTA/21/7). Les MALDIVES ont fait observer que les méthodologies énumérées sont gourmandes en ressources et donc impropres pour les pays en développement. Le Soudan, au nom du GROUPE AFRICAIN, a appelé à un soutien technique, des ressources financières et, avec CUBA, au renforcement des capacités. La RÉPUBLIQUE DE CORÉE a plaidé pour une information plus détaillée concernant l’application des méthodologies, les coûts, la solidité et la production d’information.

La SUISSE et l’UE ont suggéré: de demander au Secrétariat de poursuivre sa compilation d’information et d’élaborer un ensemble d’outils; et de prendre en considération l’information relative à l’évaluation de l’efficacité lorsqu’il se penchera sur le suivi du Plan stratégique à la prochaine session de l’Organe subsidiaire de la mise en œuvre (SBI). La BELGIQUE a recommandé d’élaborer des orientations, sur la base de l’information transmise dans les sixièmes rapports nationaux. La BOLIVIE a recommandé que le Secrétariat conduise des études de cas sur l’application des méthodologies. La CHINE a demandé au Secrétariat de compiler des informations sur les méthodologies employées par les Parties.

L’INDE a souligné le partage d’informations et l’apprentissage mutuel. La NOUVELLE-ZÉLANDE et la FINLANDE ont encouragé les Parties à partager l’information relative aux méthodologies individuelles utilisées à travers le mécanisme de partage d’information. La FINLANDE a proposé d’envisager des travaux sur les aires protégées et des indicateurs de gestion durable des forêts. La COLOMBIE a souligné l’importance de synchroniser les efforts avec l’IPBES et les autres accords multilatéraux relatifs à l’environnement. La SUISSE a soutenu l’examen volontaire par des pairs et recommandé un mécanisme de respect des dispositions dans le cadre de la CDB, et les PAYS-BAS se sont dits prêts à en discuter. L’IIFB a recommandé la participation pleine et effective des PACL dans l’élaboration de méthodes d’évaluation et l’inclusion des systèmes communautaires de suivi.

VIANDE DE BROUSSE DURABLE

Le Secrétariat a présenté la documentation correspondante (CBD/SBSTTA/21/3). John Fa, du Centre international de recherche sur les forêts, a présenté la viande de brousse comme une question culturelle et de sécurité alimentaire, et a recommandé, comme solutions de lutte contre les pratiques non durables: la révision des politiques et des cadres juridiques existants; le renforcement des capacités en matière de mise en application des normes; le renforcement de la participation; la réduction de la demande de viande de brousse en provenance des villes; et le développement de conditions propices.

L’INDONÉSIE a suggéré de prendre note des directives techniques applicables conformément aux législations nationales. Le MEXIQUE, soutenu par le BRÉSIL, a signalé que l’utilisation durable des espèces sauvages doit couvrir la faune et la flore terrestre et aquatique dans les régions tropicales et tempérées, et que les directives gagneraient à prendre appui sur les enseignements tirés dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction (CITES). La POLOGNE a souligné que la question est également pertinente pour les pays développés.

L’INDE a attiré l’attention sur les besoins des communautés locales et sur les pratiques traditionnelles et les coutumes des PACL, par opposition aux pratiques récréatives ou de luxe; recommandé de « prendre note », au lieu d’« approuver », les directives, en estimant, avec l’ARGENTINE, qu’elles sont trop prescriptives; et a fait référence à la cohérence vis-à-vis des priorités nationales. L’Afrique du Sud, au nom du GROUPE AFRICAIN, a noté l’absence de moyens alternatifs pour atténuer la pauvreté; et, avec le CAMEROUN, la COLOMBIE et le BRÉSIL, a recommandé des travaux plus poussés sur les directives. Le CAMEROUN a mis l’accent, avec la COLOMBIE et la BOLIVIE, sur la participation des PACL dans le processus, en évitant les approches descendantes.

L’ALLEMAGNE a salué les directives et souligné le rôle des mesures commerciales. L’ASEAN a pointé la certification, la gestion communautaire et la régulation croissante du commerce d’espèces sauvages. La BELGIQUE a suggéré d’approuver les directives, et avec le soutien du ROYAUME-UNI, de la FRANCE et d’autres, a proposé de joindre ces directives en annexe à la recommandation. La BOLIVIE a souligné la distinction entre les pratiques commerciales et non-commerciales, en soulignant le besoin de mécanismes permettant de lutter contre le trafic illicite. Le BRÉSIL a demandé au Secrétariat d’identifier des zones terrestres tropicales et subtropicales où l’application des directives devrait être prioritaire. La FRANCE a mis en garde contre les effets indésirables de l’augmentation du prix de la viande de brousse. Le BOTSWANA a signalé le besoin d’équilibrer la demande de viande de brousse et le moratoire sur le prélèvement d’espèces menacées.

L’ÉQUATEUR et la FAO ont instamment demandé la reconnaissance des droits des peuples autochtones, et la COALITION MONDIALE DES FORÊTS a souligné l’importance du consentement libre, préalable et en connaissance de cause. L’IIFB a appelé à protéger les zones où la vie sauvage est abondante et à renforcer les institutions autochtones. Le GYBN a suggéré d’aborder les lacunes dans les directives, à savoir les questions de corruption, l’intégration d’une dimension de genre, et l’établissement d’un lien de confiance entre les PACL et les autorités chargées de faire appliquer les lois.

LIEN BIODIVERSITÉ – SANTÉ HUMAINE

Le Secrétariat a présenté la documentation correspondante (CBD/SBSTTA/21/4). La BELGIQUE et la NORVÈGE ont proposé de demander à l’IPBES une évaluation du lien entre biodiversité et santé pour contribuer à la formulation de priorités politiques, et d’inviter l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à intégrer la biodiversité dans toutes les dimensions de son travail.

Dans l’idée d’encourager les Parties à promouvoir le dialogue entre ministères et organismes, l’Indonésie, au nom de l’ASEAN, a suggéré d’ajouter une référence à la « santé animale et des espèces sauvages ». Le MEXIQUE a noté le besoin de lutter contre les résidus de plastique dans l’environnement marin et contre les pesticides. L’AUSTRALIE a suggéré de faire référence à l’égalité de genre. L’INDE a souligné le besoin d’une stratégie pluraliste pour les systèmes sanitaires, en signalant le rôle de la médecine traditionnelle.

Le JAPON et la FRANCE ont suggéré d’annexer à la recommandation les directives pour l’intégration des questions de biodiversité dans les approches « One Health ». La SUÈDE a proposé, avec la FRANCE, de « saluer » les directives, au lieu d’en « prendre note »; et d’« exhorter » les Parties à les utiliser, au lieu de les « encourager ». La FINLANDE et la SUÈDE ont mis en exergue que les solutions fondées sur la nature permettent également de faire de bonnes affaires. L’UE a suggéré de renforcer le projet de recommandations.

La NORVÈGE a souligné que la perte de biodiversité est un multiplicateur de risques sanitaires. La BOLIVIE a demandé une référence à la nutrition et au fait que la perte de biodiversité contribue aux maladies chroniques. L’ÉQUATEUR a appelé à renforcer les capacités et à approfondir le dialogue intersectoriel. La NOUVELLE-ZÉLANDE a souligné la résistance aux antimicrobiens et a signalé le Groupe de liaison sur le lien entre biodiversité et santé humaine comme vecteur de collaboration.

L’IIFB a appelé à reconnaître les systèmes sanitaires autochtones et les connaissances traditionnelles relatives à la santé. La COALITION MONDIALE POUR LES FORÊTS a demandé une référence aux droits des PACL et des femmes, et la prise en compte des savoirs intégrés des PACL. La FAO a suggéré de mettre l’accent non pas seulement sur la résistance aux antibiotiques, mais sur la résistance à tous les antimicrobiens. L’ALLIANCE ECOHEALTH a recommandé d’établir des partenariats pour intégrer la biodiversité dans le secteur de la santé.

DANS LES COULOIRS

L’OSASTT 21 a démarré sur les chapeaux de roue ce lundi, avec un ordre du jour relativement court mais tout juste trois jours pour aborder des questions complexes, comme les directives pour l’exploitation durable de la viande de brousse, l’inclusion de la biodiversité dans les approches sanitaires globales « One Health », et l’intégration générale de la biodiversité. « Il faut s’attendre à quelques réunions des groupes de contact en soirée », a prédit un délégué chevronné, en signalant des niveaux d’ambition différents entre les délégations concernant l’intégration générale de la biodiversité dans des secteurs tels que l’exploitation minière et les infrastructures, qui sont plutôt absents des événements internationaux relatifs à la biodiversité. Un autre participant a renchéri en estimant que « l’intégration générale de la biodiversité est sans doute le domaine où tester la véracité du désir –maintes fois articulé en plénière– d’un changement transformateur ».

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