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Bulletin des Négociations de la Terre (ENB)

Volume 12 Numéro 745 - Jeudi 13 décembre 2018


Conférence de Katowice sur les changements climatiques

Mercredi 12 décembre 2018 | Katowice, Pologne


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Visitez notre couverture ENB/IISD depuis la réunion de Katowice, Pologne: http://enb.iisd.org/climate/cop24/enb/

La Conférence de Katowice sur les changements climatiques s’est poursuivie ce mercredi et la plupart des négociations se sont déroulées au niveau ministériel. Le dialogue Talanoa s’est conclu par l’annonce de l’« Appel Talanoa à l’action ».

CDP

Liens entre le Mécanisme technologique et le Mécanisme de financement: Au cours des consultations informelles, co-facilitées par Kishan Kumarsingh (Trinité-et-Tobago), les Parties ont approuvé tous les paragraphes du projet de décision, sauf un. Elles ont exprimé des points de vue divergents sur la question de poursuivre ou non l’examen de ce point de l’ordre du jour. Deux groupes de pays en développement se sont opposés à une proposition visant à poursuivre l’examen de ce point dans le cadre des points relatifs aux rapports du FEM et du FVC, en signalant que ces points sont uniquement centrés sur l’établissement de rapports et ne permettent pas d’aborder les liens pertinents. Les Parties ont discuté d’une proposition visant à poursuivre les travaux substantiels dans le cadre du SBI et d’une proposition de compromis pour que la clôture de ce point puisse être examinée à l’avenir, sans préjuger du résultat d’un tel examen, ce à quoi plusieurs pays développés se sont opposés. Face à l’absence de consensus, le Co-Facilitateur Kumarsingh a informé qu’il en ferait rapport à la CdP.

Dialogue Talanoa

Le Président de la CdP 24 Michał Kurtyka a indiqué que le processus Talanoa a permis d’instaurer une plus grande confiance et d’insuffler du courage, ainsi qu’un niveau plus élevé d’ambition.

Le Président de la CdP 23 Frank Bainimarama a applaudi les efforts collectifs pour partager des expériences, instaurer un climat d’empathie et de confiance, et susciter l’action. 

Le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a souligné l’importance du Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement de 1,5ºC et a exhorté les Parties à convenir d’un « paquet de Katowice » qui établisse le PTAP, fasse des avancées en matière de financement, et offre une base solide pour des CDN renforcées sous l’égide du dialogue Talanoa.

Faisant rapport des messages clés des Talanoas ministériels, Sławomir Mazurek, Ministre adjoint de l’environnement, Pologne, a mis en lumière le besoin de multilatéralisme et de coopération au niveau mondial.

Dans une présentation des autres messages clés des Talanoas ministériels, Inia Seruiratu, Champion climatique de haut niveau, Fidji, a indiqué que les conclusions du Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement de 1,5ºC soulignent un besoin urgent d’agir. Il a mis en exergue la nécessité d’assurer une transition juste et d’engager la jeunesse et les peuples autochtones.

Au cours des déclarations, les Maldives au nom de l’AOSIS, la SUISSE et l’UE ont appelé à prendre une décision de la CdP sur le résultat du dialogue Talanoa.

La SUISSE a instamment appelé à éviter les failles qui mettent en danger l’intégrité environnementale de l’Accord de Paris.

L’UE a signalé sa stratégie à long terme d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 et a indiqué que tous les flux financiers doivent être alignés sur les objectifs à long terme de l’Accord de Paris.

La CHINE a mis en lumière que les dialogues multipartites conduits dans le contexte du processus Talanoa ont attiré l’attention à tous les niveaux de gouvernance, a estimé que l’action climatique et le développement économique peuvent être complémentaires, et a exhorté les pays développés à honorer leurs engagements financiers.

Les ÎLES MARSHALL, via connexion vidéo, ont informé que le pays a présenté une CDN renforcée en novembre 2018, et a appelé chaque gouvernement à contribuer à un accroissement de l’action climatique d’ici 2020, y compris à travers des flux de financements considérablement améliorés.

La GRENADE a estimé que le document final de la CdP 24 doit refléter le processus Talanoa de façon affirmative et reconnaître que le Sommet 2019 sur le climat sera un moment politique important pour élever le niveau d’ambition.

Les Maldives, au nom de l’AOSIS, a indiqué que le message général de la phase politique doit être un message d’urgence, un message d’action plus ambitieuse dans le court terme, afin d’assurer le zéro-net d’émissions et l’élimination progressive du charbon d’ici 2050.

Les BINGO ont plaidé pour une déclaration politique qui encourage les gouvernements à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ainsi que pour un manuel robuste.

L’organisation CAN a exhorté les Parties à décrire les prochaines étapes pour élever le niveau d’ambition, notamment un processus multipartite d’examen, l’élaboration de stratégies à long-terme, et le dégagement d’un espace pour faire rapport à la SB 50.

Attirant l’attention sur l’influence des corporations sur le processus de négociations, l’organisation CJN! a vivement exhorté les Parties à produire des résultats tangibles et à « guérir le monde ».

Les TUNGO ont exhorté les Parties à signer la Déclaration pour une transition juste et a estimé qu’un niveau plus élevé d’ambition dans la lutte contre les changements climatiques doit aller main dans la main avec la lutte pour la justice sociale.

Le groupe des AGRICULTEURS a mis en exergue l’importance de la sécurité alimentaire et a appelé la CdP 24 à traduire le dialogue Talanoa en actions.

Les PEUPLES AUTOCHTONES ont estimé que le dialogue Talanoa devrait aboutir à un engagement politique clair pour limiter le réchauffement global à 1,5ºC.

Le groupe des AUTORITÉS LOCALES ET MUNICIPALES a appelé à inclure dans les CDN des contributions déterminées aux niveaux local et régional, et à intégrer les organes de gouvernance locale et régionale dans les résultats de la CdP 24.

Les RINGO ont souligné le besoin d’aligner la production de carburants fossiles sur les objectifs de l’Accord de Paris, en soulignant que des limites aux nouvelles explorations et productions de carburants fossiles pourraient contribuer à renforcer la prochaine ronde de CDN.

Le groupe FEMMES ET GENRE a mis en exergue que la dégradation environnementale dans une zone de la planète met en péril le monde entier, et a appelé à un changement de système et de comportement.

Soulignant que ce qui fait l’objet de décisions est l’avenir des populations jeunes, les YOUNGO ont demandé à « être présentes dans toutes les salles, à toutes les tables ».

Durant la cérémonie de clôture, deux enfants, Timoci Naulusala, Fidji, et Hanna Wojdowska, Pologne, ont appelé chacun à reprendre le signal clair lancé par la dialogue Talanoa, à agir promptement, et à reconnaître que nous sommes dans une course contre le temps.

Le Président de la CdP 23 Bainimarama et le Président de la CdP 24 Kurtyka ont présenté l’« Appel Talanoa à l’action ».  

Le Président de la CdP 23 Bainimarama a appelé à agir immédiatement pour sonner le top départ d’une transformation juste vers un monde meilleur, en affirmant que le multilatéralisme et une coalition mondiale d’acteurs peuvent « nous y mener ». Signalant que l’échange d’idées et de bonnes pratiques doit maintenant être traduit en actions concrètes, il a déclaré que « le dialogue Talanoa doit désormais faire place à l’Appel Talanoa à l’action ». Il a également appelé tous les pays à se joindre aux Îles Fidji et aux Îles Marshall dans l’engagement à élever le niveau d’ambition des CDN, et à rapporter des plans concrets au Sommet climatique de 2019, avec les éclairages fournis par les Talanoas.

Le Président de la CdP 24 Kurtyka a exprimé sa gratitude pour toutes les histoires et contributions au dialogue, et a souligné les messages du Rapport spécial du GIEC et l’importance des actions avant 2020 conduites par les États et les parties prenantes non-Parties. Il a indiqué que l’Appel à l’action peut être téléchargé sur le site de la CCNUCC et qu’une campagne va être lancée via les réseaux sociaux pour inviter chacun à rejoindre l’appel.

Segment de haut niveau

Dans la matinée, Isabella Lövin, Première ministre adjointe de la Suède et Ministre de la coopération au développement international et du climat, a mis en exergue l’initiative « Suède libre d’énergies fossiles », qui a abouti à des feuilles de route sectorielles pour une « compétitivité non-fossile ».

Ola Elvestuen, Ministre norvégien du climat et de l’environnement, a indiqué que la Norvège vise à accroître le niveau d’ambition de sa CDN d’ici 2020 et qu’elle cherchera : à doubler ses contributions au Fonds vert pour le climat (FVC) ; à maintenir son financement REDD+ jusqu’à 2030 ; et à se montrer pleinement transparente sur ses intentions vis-à-vis de l’objectif de 100 milliards USD.

Carolina Schmidt, Ministre chilienne de l’environnement, a indiqué qu’elle espère un manuel de règles communes à tous les États, avec suffisamment de flexibilité pour permettre une détermination souveraine de l’action climatique sans autoriser de marche arrière.

Edson Duarte, Ministre brésilien de l’environnement, a indiqué que son gouvernement a créé des zones de conservation couvrant 9,4 millions d’hectares et que le Brésil va très vite atteindre son objectif de réduire de 80% la déforestation en Amazonie d’ici 2020 par rapport aux niveaux moyens de la période 1996-2005.

Elba Rosa Pérez Montoya, Ministre cubaine des sciences, des technologies et de l’environnement, a affirmé que l’incapacité des Parties à dégager un consensus à la CdP 24 sur l’accueil à donner aux conclusions du Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement de 1,5ºC montre la prévalence des intérêts politiques et économiques sur les preuves scientifiques.

Wallace Cosgrow, Ministre de l’environnement, de l’énergie et des changements climatiques, Seychelles, a appelé à l’intégration des pertes et préjudices dans le cadre de transparence de l’Accord, dans le bilan mondial (GST) et dans les financements.

Lina Dolores Pohl, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles, El Salvador, a plaidé pour que le résultat de Katowice établisse une architecture institutionnelle stable à long terme pour lutter contre les changements climatiques.

Retenant que le Rapport spécial du GIEC a confirmé la faisabilité de limiter le réchauffement à 1,5ºC, Francis Mokoto Hloaele, Ministre de l’énergie et de la météorologie du Lesotho, a exhorté les Parties visées à l’Annexe I d’élever le niveau d’ambition « à l’échelle requise par la science et l’équité ».

Évoquant les récents changements saisonniers inédits survenus dans son pays, Kabineh Kallon, Ministre des transports et de l’aviation de la Sierra Léone, a vivement demandé des soutiens solides pour les activités d’adaptation dans les pays en développement.

Expliquant que son pays essuie une perte annuelle de 2,2% du PIB en raison des changements climatiques, Ricardo José Lozano Picón, Ministre de l’environnement et du développement durable de la Colombie, a vivement souhaité un résultat ambitieux qui soit en cohérence avec le développement durable.

Appelant à un « ensemble d’orientations crédible, durable et pragmatique », Masagos Zulkifli, Ministre de l’environnement et des ressources en eau de Singapour, a souligné que le « manuel de Katowice » doit fomenter l’action climatique.

Sergio Alejandro Bergman, Ministre argentin de l’environnement et du développement durable, a mis en exergue les efforts de son pays, notamment dans l’élaboration de plans sectoriels pour remplir les engagements des CDN ainsi que le développement d’une loi nationale relative aux changements climatiques qui sera approuvée en 2019.

Siti Nurbaya, Ministre indonésien de l’environnement et des forêts, a vivement exhorté les pays développés à tenir leurs engagements de réduction des émissions pour l’avant-2020 et à fournir des moyens de mise en œuvre aux pays en développement.

Yeo Bee Yin, Ministre malaisien de l’énergie, des sciences, des technologies, de l’environnement et des changements climatiques, a encouragé chacun à concevoir les changements climatiques comme une opportunité de développer une économie verte, et a déploré qu’une part considérable de l’assistance financière reçue par la Malaisie ait été consacrée à la production de rapports ou au renforcement des capacités pour produire des rapports.

Alfonso Alonzo Vargas, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles du Guatemala, a mis en lumière les efforts de son pays, notamment dans la prévention de la déforestation, le développement des énergies renouvelables et la protection marine, et a appelé au transfert des fonds nécessaires pour soutenir ces efforts.

Keriako Tobiko, Secrétaire du cabinet du Ministre de l’environnement et des forêts du Kenya, a indiqué que l’économie kenyane perd plus de 2% de son PIB en raison des changements climatiques, et a demandé des financements nouveaux, additionnels et prévisibles.

Vincent Biruta, Ministre rwandais de l’environnement, a exhorté les pays développés à « surpasser » l’objectifs de financement climatique de 100 milliards USD et a appelé à ratifier l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal.

Andrei Khudyk, Ministre des ressources naturelles et de la protection environnementale, Belarus, a mis en exergue l’engagement de son pays pour un développement durable sobre en carbone et a souligné la contribution potentielle de l’énergie nucléaire à la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris.

Batio Bassiere, Ministre de l’environnement, de l’économie verte et des changements climatiques du Burkina Faso, a indiqué qu’une atténuation insuffisante couplée à des soutiens insuffisants pour l’adaptation augmentera la possibilité de changements climatiques catastrophiques.

Fatma Zohra Zerouati, Ministre algérienne de l’environnement et des énergies renouvelables, a mis en lumière les activités relatives à la transition énergétique, à la gestion des déchets et à l’économie verte, et a mis l’accent sur les RCMD-CR.

Les déclarations se sont poursuivies dans l’après-midi et dans la soirée.

Dans les couloirs

Trois ans jour pour jour après l’adoption de l’Accord de Paris, les négociations semblaient égarées dans la transition, entre l’adoption de ce traité de haut niveau et la finalisation en détail de son manuel d’utilisation. Plusieurs délégués ont noté qu’il y a eu « très peu de mouvement » dans les négociations ces trois dernières années, en raison du fait que la différentiation et d’autres difficultés bien connues semblent rester inextricables. Alors que beaucoup aspiraient à une prise d’élan qu’un observateur a qualifié de « désespérément nécessaire », la salle comble a été témoin de la reformation de la Coalition pour un niveau d’ambition élevé. Formée par l’UE, les PMA et au moins dix autres pays, cette coalition a appelé à adopter un manuel solide à Katowice et s’est tournée vers le Sommet 2019 sur le climat, convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies, qui sera le prochain tournant pour élever le niveau d’ambition d’ici 2020.

Si certains ont salué cette initiative pour élever le niveau d’ambition de l’action climatique à court terme, d’autres ont souhaité plus de clarté sur l’approche de négociation à court terme. Malgré les annonces faites de nouveaux textes dus dans la matinée, les délégués les attendaient toujours à midi, et seulement quelques-uns ont fini par se matérialiser. Notamment, celui sur le financement était toujours absent à la fin de la journée. Plusieurs délégués se sont dits mal à l’aise, certains remarquant la disparité des approches de négociation d’une question à l’autre, avec des consultations ouvertes par ci et des réunions bilatérales en groupes par là.

À la sortie d’une session tardive réservée aux Parties de mise à jour sur l’état des négociations, un délégué a rapporté un traitement plus uniforme des questions, tandis qu’un autre à reconnu dans un haussement d’épaules le caractère limité des progrès accomplis, malgré l’esprit constructif rapporté par les ministres. Avec seulement deux jours devant eux, un nouveau texte attendu jeudi à midi et un paquet final dû à 16h, les négociateurs semblaient ne plus trop savoir à qui il reviendra de faire le prochain pas.

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