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Bulletin du CSA

Volume 184 Number 19 - lundi, 24 octobre 2016


Compte-rendu de la quarante-troisième session du Comité
de la sécurité alimentaire mondiale

17-21 octobre 2016 | Rome, Italie


Langues:EN (HTML/PDF) FR (HTML/PDF) SP (HTML/PDF)
Visitez notre couverture ENB+/IISD depuis Rome, Italie:
http://enb.iisd.org/food-security/cfs43/

La 43e session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA 43) a eu lieu du 17 au 21 octobre 2016 au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, en Italie. Environ 1 200 participants ont assisté à la session qui a abordé: les systèmes alimentaires durables, la nutrition et le changement climatique; la mobilisation du CSA au service du programme dedéveloppement durable à l’horizon 2030 (Programme 2030); l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde (SOFI) et le Programme 2030; le suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations du CSA; la mobilisation du CSA au service de la nutrition; le programme de travail pluriannuel (PTPA); le cadre stratégique mondial pour la sécurité alimentaire et la nutrition (GSF); et l’évaluation du CSA. Les points de l’ordre du jour traitant de la convergence des politiques portaient sur: « ledéveloppement agricole durable au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition: quels rôles pour l’élevage? »; et le lien entre les petits exploitants et les marchés. Les manifestations spéciales ou thématiques ont abordé: les chaînes de valeur inclusives pour une agriculture durable et une amplification desrésultatsen matière desécurité alimentaire et de nutrition; la mise en œuvre des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts (VGGT) dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale; le Forum sur l’urbanisation, la transformation des zones rurales et les incidences sur la sécurité alimentaire et la nutrition; et les enseignements tirés des premiers examens nationaux volontaires sur la mise en œuvre du Programme 2030.

La CSA 43 a adopté: une série de recommandations sur le rôle de l’élevage dans le développement agricole durable au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition, et sur la promotion de l’accès des petits exploitants aux marchés; et le cadre de référence pour la mise en commun des expériences et des bonnes pratiques dans la mise en œuvre des décisions et des recommandations du CSA àtravers l’organisation de manifestations àtous les niveaux. Les activitésintersessions se poursuivront surla mobilisation au service du Programme 2030, et sur la nutrition, ainsi que sur les travaux entrepris en 2016, y compris les deux groupes de travail techniques et la consultation en ligne sur l’urbanisation et la transformation des zones rurales. Le Groupe de travail à composition non limitée (GTCNL) sur les objectifs de développement durable (ODD) est chargé d’élaborer la contribution du CSA à la session 2017 du Forum politique de haut niveau (FPHN). Le GTCNL sur la nutrition identifiera les contributions du CSA à la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition. Le GTCNL sur l’urbanisation et la transformation des zones rurales adoptera un processus de compilation d’expériences et d’approches politiques pour aborder lasécuritéalimentaire et la nutrition dans le contexte d’une dynamique rurale-urbaine en évolution.

PRÉSENTATION DU CSA

Le CSA a été établi en 1974 en tant qu’organe intergouvernemental servant comme forum du système des Nations Unies pour l’évaluation et le suivi des politiques relatives à la sécurité alimentaire mondiale, y compris la production des aliments et l’accès physique et économique à ceux-ci. Sa première session a eu lieu en 1976. En réponse aux demandes visant un système de gouvernance révisé de la politique alimentaire formulées lors des Sommets du G8 de 2008 et de 2009, et du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire de 2009, le CSA a subi une réforme en 2009. La réforme visait à rendre le CSA plus efficace en incluant un groupe plus large de parties prenantes et en augmentant sa capacité à promouvoir des politiques qui assurent la sécurité alimentaire et la nutrition pour tous.

Le CSA sert aujourd’hui de plate-forme internationale, intergouvernementale et multipartite ouverte à tous. Il a pour mandat de: coordonner une approche globale de la sécurité alimentaire; promouvoir la convergence des politiques; soutenir et conseiller les pays et les régions; assurer la coordination aux niveaux national et régional; promouvoir la responsabilité et partager les meilleures pratiques; et élaborer un cadre stratégique mondial pour la sécuritéalimentaire et la nutrition. Le cadre du CSA réformé élargit la participation et vise à: donner une voix à tous les intervenants du système alimentaire mondial; être inclusif et encourager un échange de vues et d’expériences; s’appuyer sur des données empiriques probantes et sur l’analyse scientifique; et surveiller l’efficacité des actions qui visent à réduire la faim.

Sa structure, qui permet la contribution de toutes les parties prenantes aux niveaux mondial, régional et national, comprend: la plénière, qui se tient chaque année et qui est le principal organe de prise de décision; un Bureau; un Groupe consultatif composé des représentants des membres du CSA, y compris les organismes des Nations Unies, la société civile, les institutions internationales de recherche agricole, les institutions financières internationales et régionales, le secteur privé et des personnalités; un Groupe d’experts de haut niveau (HLPE); et le Secrétariat, appuyé par les trois organismes ayant leur siège àRome (RBA), à savoir la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Les délibérations du CSA sont fondéessur la représentation des pays au sein des groupes régionaux de la FAO, àsavoir: l’Afrique, l’Asie, l’Europe, l’Amérique latine et les Caraïbes (GRULAC), le Proche-Orient, l’Amérique du nord et le Pacifique Sud-Ouest. Après la réforme du CSA, les acteurs non gouvernementaux ont été appelés à s’organiser de façon autonome afin de faciliter leur interaction et leur engagement avec le Comité, ce qui a conduit à la création du Mécanisme de la sociétécivile (MSC) et du Mécanisme du secteur privé (MSP).

Les principaux résultats du CSA comprennent: les VGGT 2012; les Principes 2014 pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires (CSA-RAI); le Cadre d’action pour la sécurité alimentaire et la nutrition lors des crises prolongées; et le GSF, un document de référence contenant des conseils pratiques sur les recommandations, les politiques et les stratégies pour la sécurité alimentaire et la nutrition, qui est mis à jour annuellement.

La CSA 42 (12-15 octobre 2015, Rome) a approuvé le Cadre d’action pour la sécurité alimentaire et la nutrition lors des crises prolongées, ainsi que des recommandations sur l’eau au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition. La réunion a également ouvert de nouveaux axes de travail, tels que le rôle que le CSA jouera dans la nutrition et dans le Programme 2030, et a adopté son PTPA pour le prochain exercice biennal.

RAPPORT DE LA CSA   43

Lundi 17 octobre, la Présidente du CSA Amira Gornass (Soudan) a ouvert la CSA 43 et a attiré l’attention sur le 40e anniversaire du CSA.  

QUESTIONS D’ORGANISATION: La plénière a adopté l’ordre du jour et le calendrier (CFS 2016/43/1/Rev.2 et 2016/43/Inf.1/Rev.1), et a mis en place un comité de rédaction présidé par Mathew Hooper (Nouvelle-Zélande). La Présidente du CSA, Gornass, a informé les participants que la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, la Dominique, Maurice et le Suriname ont rejoint le CSA. Le Samoa et le Lesotho ont également rejoint le CSA au cours de la CSA 43.

SESSION D’OUVERTURE: SYSTÈMES ALIMENTAIRES DURABLES, NUTRITION ET CHANGEMENT CLIMATIQUE

Àl’ouverture de la session, la Présidente du CSA, Gornass, a demandé à la plénière d’examiner dans quelle mesure le CSA peut faire une véritable avancée dans la mise en œuvre de ses recommandations.

Dans un message vidéo, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a souligné le rôle clé du CSA dans le Programme 2030 et dans l’éradication de la faim dans le monde, et a appelé à la lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes.

Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a noté que l’intégration des préoccupations concernant la sécurité alimentaire dans le programme du changement climatique représente une reconnaissance du travail de la FAO. Soulignant que plus de la moitié de la population mondiale souffre de malnutrition, y compris la sous-alimentation et l’obésité, il a attiré l’attention sur l’échec des systèmes alimentaires dans la fourniture d’une alimentation saine.

Le Président du FIDA, Kanayo F. Nwanze, a attiré l’attention sur le Rapport 2016 sur le développement rural, en faisant observer que la malnutrition peut persister même lorsque les revenus augmentent. Il a demandé instamment d’aller au-delà de la prise de décision mondiale et de se concentrer sur la mise en œuvre sur le terrain, en plaçant la population rurale au cœur de l’action.

La Directrice exécutive adjointe du PAM, Elisabeth Rasmusson, a mis en exergue le changement climatique et la croissance démographique comme défis pour les systèmes alimentaires durables, et a souligné le rôle des petits exploitants et des systèmes de protection sociale, tels que les programmes de repas scolaires du PAM.

Patrick Caron, Président du Comité directeur du HLPE, a présenté les grandes lignes des rapports produits par le HLPE, et a souligné le travail de celui-ci sur la contribution du CSA à la mise en œuvre du Programme 2030 en ce qui concerne la sécurité alimentaire et la nutrition.

La plénière a ensuite entendu les représentants de haut niveau. Dans leurs déclarations liminaires, les pays et les parties prenantes ont souligné les défis pour la sécurité alimentaire et la nutrition résultant du changement climatique.

L’Argentine a rappelé les responsabilités des gouvernements nationaux dans la mise en œuvre du Programme 2030. Le représentant de la Fédération de Russie a résumé les progrès accomplis par son pays en matière d’agriculture durable. Le Nigeria a souligné le manque d’accès au financement et au crédit pour le développement agricole ainsi que le mauvais état des réseaux routiers. Soulignant les efforts entrepris par son pays pour augmenter la production alimentaire, le représentant du Soudan a mis l’accent sur: les problèmes de transport et la nécessité de réduire au minimum les déchets alimentaires; les besoins supplémentaires en technologies de l’information; et l’impact des termes de l’échange sur les petits exploitants agricoles.

Les États-Unis ont mis l’accent sur l’échange des connaissances, les investissements tout au long de la chaîne de valeur, et le développement de nouvelles plates-formes pour renforcer la résilience, améliorer la nutrition et promouvoir le développement basé sur l’agriculture. La Norvège a déclaré que le GSF est un outil essentiel pour la réalisation des ODD et a mis en exergue l’autonomisation des femmes et la protection des droits à la propriété foncière comme facteurs clés de la réduction de la pauvreté. Le représentant a indiqué son appui à l’approche « Une seule santé », etàl’interdiction de l’utilisation des antimicrobiens dans les aliments. L’Iran a proposé que le CSA accorde plus d’attention à la gestion durable des zones arides.

Le représentant du Brésil a parlé de l’attention que son pays accorde à l’agriculture à faible émission de carbone et aux systèmes publics portant sur la sécurité alimentaire et la nutrition, y compris un investissement de 30 milliards USD chaque année pour assurer l’accès à une alimentation appropriée au niveau des ménages.

Soulignant sa ratification de l’Accord de Paris et appelant le CSA à élargir son ouverture, la Slovaquie au nom de l’Union européenne (UE), a demandé de mettre l’accent sur la nutrition.

Les Philippines ont recommandé: l’aide de la FAO pour le renforcement des capacités des pays en matière de sécurité alimentaire et de nutrition dans le contexte du changement climatique; le développement de plates-formes de technologies plus productives et résilientes; et des investissements dans les infrastructures du système alimentaire pour permettre aux petits exploitants d’accéder aux marchés et de faire face au changement climatique.

Notant que des approches telles que l’agro-écologie augmentent l’efficacité, réduisent les émissions et améliorent la résilience, la Suisse a suggéré que les comités nationaux multipartites constituent la clé de l’accroissement de l’impact des produits du CSA au niveau national. Le MSP a appelé à l’adoption de pratiques agricoles durables éprouvées pour réduire les émissions, et à l’élaboration de technologies plus performantes. Le MSC a mis en garde contre le contrôle de l’agriculture par les entreprises et contre les « fausses solutions » qui ne traitent pas les causes profondes du changement climatique, et a demandé de soutenir l’agro-écologie et les droits aux terres et aux connaissances.

La Chine a souligné la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation, l’urbanisation et les technologies de l’information, et a exhorté le CSA à promouvoir le partage des connaissances. Le Samoa a mis l’accent sur les réussites en ce qui concerne les produits à forte valeur ajoutée, tels que l’huile de noix de coco, la vanille et le café. La Suède a souligné que les pays riches ont la responsabilité d’aider les pays pauvres. La France a indiqué que l’Accord de Paris reconnaît les contributions de l’agriculture à l’atténuation du changement climatique.

Le Venezuela a déclaré que le modèle capitaliste de production alimentaire doit être remplacé par un modèle fondé sur l’équité sociale et l’inclusion. La Colombie a souligné le rôle du CSA, en tant que forum inclusif, dans la discussion sur une réforme participative et équitable du système alimentaire mondial. Le Kenya a présenté ses mesures nationales, y compris la production mécanisée du riz et un meilleur accès au crédit. L’Équateur a proposé de se concentrer sur la souveraineté alimentaire, ce qui demande le renforcement des infrastructures et des capacités nécessaires aux pays pour éliminer la pauvreté.

Le Bangladesh a souligné l’importance d’introduire une alimentation équilibrée pour ralentir la croissance de la demande en protéines animales. L’Inde a demandé aux RBA de continuer à fournir des technologies pour la transformation agricole. L’Arabie saoudite a soutenu l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire, tout en utilisant plus efficacement les ressources limitées.

L’Organisation mondiale le la Santé (OMS) a appelé à une transformation radicale du système alimentaire pour faire face au changement climatique et aux problèmes de santé majeurs tels que le diabète. L’Organisation mondiale des agriculteurs (OMA) a souligné la gestion des stocks de carbone contenus dans les sols, et la nécessité d’un cadre financier, de partenariats et de technologies abordables.

CONVERGENCE DES POLITIQUES

DÉVELOPPEMENT AGRICOLE DURABLE AU SERVICE DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET DE LA NUTRITION, QUELSRÔLES POUR L’ÉLEVAGE?: Lundi, la Présidente du CSA, Gornass, a noté que le consensus a été atteint sur les recommandations du rapport du HLPE lors des négociations ayant eu lieu la semaine précédente et les 8 et 9 septembre 2016 (CFS 2016/43/2/Rev.1). Le Rapporteur Yaya Olaniran (Nigeria) a animé le débat.

Le Chef d’équipe du projet du HLPE relatif au Rapport, Wilfrid Legg (Royaume-Uni),a présentéle rapport et ses recommandations(CFS 2016/43/3). Il a déclaré que l’élevage représente un tiers de la production agricole, et que le rapport présente une approche commune des voies àsuivre pouraméliorer de manière durable la sécurité alimentaire et la nutrition pour une population croissante. La plénière a ensuite approuvé les recommandationsnégociées par le CSA etéclairées par le rapport du HLPE fondé sur des faits.

Le représentant du Burkina Faso a attiré l’attention sur les efforts de son pays visant àrenforcerla résilience et la production animale axée sur le marché. Le Brésil a déclaré que les recommandations peuvent aider à la transition vers des systèmes alimentaires sensibles àla nutrition, durables et plus efficaces, et a attiré l’attention sur les politiques publiques de promotion des pratiques de pâturage durables. L’UE a souligné l’importance d’aborder chacun des systèmes d’élevage dans son contexte et a accueilli favorablement la recommandation sur la prévention de l’utilisation inutile des antimicrobiens. L’Afghanistan a demandé un plan d’action fondé sur les recommandations.

Le MSP a souligné l’importance de l’accès aux services vétérinaires pour tous les systèmes de production. La Malaisie a souligné la nécessité de la résilience face au changement climatique et aux catastrophes naturelles, y compris par le biais d’assurances et de politiques visant à soutenir les petits exploitants et àréduire la volatilitéexcessive des prix. L’Argentine a souligné que le secteur de l’élevage est un facteur important dudéveloppement et amis l’accent sur un système de commerce international ouvert et équitable. Le Venezuela a déclaré que les recommandations peuvent soutenir un modèle de production animale durable et économiquement et socialement équitable. Le Bangladesh a suggéré d’établir un sous-comité sur l’élevage dans le cadre du Comité de l’agriculture de la FAO (COAG). La Fédération de Russie a souligné la surveillance des maladies animales infectieuses pour prévenir leur transmission transfrontière et améliorer la santé animale.

Le Kenya, au nom du Groupe africain, a proposé l’ajout d’une référence à l’autonomisation des femmes et à l’égalité en matière d’accès aux ressources, dans une recommandation sur les politiques et les interventions relatives à l’élevagetenant compte de la problématique de genre. Les Philippines ont souligné la nécessité d’accorder plus d’attention à l’élevage lors de l’élaboration des politiques agricoles.

L’OMA a souligné, entre autres questions: la convergence des politiques à tous les niveaux; les normes internationales pour la santé humaine, animale etvégétale; et la nécessité d’éliminer progressivement l’utilisation des antimicrobiens comme stimulateurs de croissance.

La Chine a appelé au respect du principe des responsabilités communes mais différenciées lors de l’élaboration de mesures politiques. L’Égypte a demandé l’assistance technique de la FAO pour mettre en œuvre les recommandations, y compris sur les maladies transfrontalières et la résistance aux antimicrobiens. Singapour a souligné la nécessité d’une coopération renforcée pour aborder la résistance aux antimicrobiens. La Thaïlande a mis l’accent sur ses règlements relatifs au contrôle de l’utilisation des antimicrobiens. Attirant l’attention sur le Programme mondial pour un élevage durable etsur le Partenariat pour l’évaluation et la performance environnementale de l’élevage, la Suisse a souligné l’importance des actions sur le terrain visant à assurer la durabilité du secteur de manière inclusive.

Le MSP a déclaré que l’amélioration de la durabilité de tous les systèmes agricoles exige que la recherche soit axée sur les agriculteurs et leur fournisse des connaissances pour répondre à leurs besoins. Soulignant que les systèmes de production intensive et industrielle détruisent les moyens de subsistance des petits exploitants et l’environnement, et qu’ils entrainent un accaparement des terres, le MSC a déclaré que des systèmes de production différents ne peuvent pas coexister en harmonie, et a appelé à la lutte contre les effets de l’intensification et à des politiques publiques qui reconnaissent lerôleclé des petits exploitants.

Reconnaissant que la désertification et l’insuffisance des ressources en eau constituent des défis pouvant conduire à des conflits entre les éleveurs, le Soudan a appelé à la lutte contre les effets de la sécheresse et de la pénurie d’eau. L’Équateur a souligné l’importance des petites espèces animales dans la production de protéines, et a appeléà un soutien pour les petits exploitants. Àpropos des synergies, le représentant de la Nouvelle-Zélande a indiqué que son pays a réussi à doubler la production animale tout en réduisant son empreinte environnementale. L’Institut international de recherche sur l’élevage a mis l’accent sur l’urgence d’élaborer des politiques relatives à l’élevage, en particulier sur la sécurité alimentaire, la transmissibilité des infections entre les espèces, et la protection des ressources naturelles. Le Sénégal a souligné l’importance: dudéveloppement d’indicateurs pour les systèmes d’alerte précoce destinés aux éleveurs; des petites espèces animales au niveau des ménages; et du suivi de la mise en œuvre des recommandations.

Le MSP a attiré l’attention sur l’importance du secteur de l’élevage pour les moyens de subsistance des milieux ruraux, et a déclaré que 1,3 milliard de personnes tirent des revenus de l’élevage. Le MSC a déploré l’absence d’une référence à la protection des travailleurs migrants contre l’exploitation et l’exposition à des agents pathogènes, et a appelé à des réformes anti-trust pour limiter les abus acheteurs-propriétaires. Le MSP a appelé àla mobilisation des investissements pour l’initiative des « 1 000 premiers jours », et a demandé l’incorporation de protéines animales dans les programmes de repas scolaires. Le MSC a souligné la nécessité de réduire la surconsommation d’aliments d’origine animale, aux fins de la sécurité alimentaire et de la nutrition.

Le Chef de l’équipe du HLPE Legg a répondu aux commentaires, en reconnaissant: la nécessité d’approches diverses qui répondent à la diversité des systèmes et des contextes d’élevage; l’importance des actions de suivi et du partage d’expériences; et la nécessité de poursuivre les travaux sur le lien entre la santé animale et la santé humaine.

Gornass a ensuite donné lecture des conclusions du Comité. Les participants ont convenu d’ajouter des mentions visant: à encourager toutes les parties prenantes à diffuser les recommandations auprès de leurs partenaires, à les utiliser lors de l’élaboration des politiques et à documenter les expériences et les leçons apprises; et à demander au GTCNL sur le suivi d’organiser un exercice de bilan lors d’une prochaine session.

Résultat final:Les recommandations adoptées et incluses dans le rapport demandent de:             

  • promouvoir la cohérence des politiques pour la sécurité  alimentaire et la nutrition;
  • répondre aux besoins en matière de nutrition, de sécurité alimentaire, de conditions de travail et de services;
  • favoriser l’égalitéentre les sexes et l’autonomisation des femmes ainsi que l’autonomisation des jeunes;
  • protéger l’environnement et promouvoir la gestion durable et l’utilisation efficace des ressources naturelles;
  • renforcer la résilience face aux risques et à la variabilité;
  • promouvoir la coopération et la collaboration en matière d’innovation, de recherche et de développement, et répondre aux besoins en matière de données;
  • améliorer la santé et le bien-êtredes animaux;
  • reconnaître, protéger et soutenir les systèmes pastoraux, en tant que moyens de subsistance, et la gestion durable des ressources;
  • promouvoir et soutenir les systèmes de pâturage durables et les systèmes mixtes; et
  • promouvoir la durabilité des systèmes intensifs.

LIEN ENTRE LES PETITS EXPLOITANTS ET LES MARCHÉS: Mardi, la Présidente du CSA Gornass a présenté les recommandations élaborées par le GTCNL sur les petits exploitants ainsi qu’un projet de décision (CFS 2016/43/4 et 5), en soulignant leur importance pour la réduction de la pauvreté et pour les moyens de subsistance en milieu rural. La Présidente du GTCNL sur les petits exploitants, Anna Gebremedhin, Finlande, a présenté les résultats du GTCNL qui a été éclairépar la discussion du Forum de haut niveau de 2015 sur les petits exploitants. Les participants ont approuvé les recommandations et la décision.                            

Le MSC a mis en relief le concept de marchés territoriaux et a appelé à un accroissement des investissements publics dans les infrastructures. S’exprimant au nom des communautés autochtones, le MSC appelé à la reconnaissance des droits des femmes dans les marchés.

L’Argentine a mis en exergue le soutien aux agriculteurs pour leur permettre d’appliquer les normes internationales, et a demandé l’inclusion d’une référence aux décisions de l’Organisation mondiale du commerce sur l’élimination des subventions aux exportations agricoles. L’UE a souligné les investissements dans les infrastructures, la transparence des prix, les informations sur la demande du marché, l’éducation et les chaînes d’approvisionnement courtes.

L’Inde a suggéré l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, le renforcement des capacités, et l’application des prix minimums pour les produits alimentaires. Le Brésil a partagé ses expériences sur l’approvisionnement institutionnel et les programmes de repas scolaires d’origine locale. La Chine, au nom de l’Asie, a mis l’accent sur l’innovation pour la rationalisation de l’accès aux marchés et l’intégration des agriculteurs dans les chaînes de valeur alimentaires, ainsi que sur l’utilisation des pratiques traditionnelles pour renforcer la sécurité alimentaire.

Le Mexique, au nom du GRULAC, a souligné que l’accès des petits exploitants aux marchés exige la garantie des droits économiques, sociaux et politiques des femmes et des jeunes, y compris les droits à l’éducation et à la santé. Le MSP a insisté sur la nécessité d’investir dans la capacité de production et dans les environnements physiques, juridiques et commerciaux, et a appelé à une approche centrée sur l’exploitant, pour assurer les avantages d’une participation accrue au marché.

La Norvège a souligné que la coopération, àtravers les coopératives par exemple, constitue la clé de la réussite pour les petits exploitants, et a appelé à plus de recherche sur la diversité des défis auxquels sont confrontés les petits exploitants.

La Thaïlande a mis en relief les initiatives nationales, y compris sur l’implication des petits exploitants dans les marchés électroniques. Le Soudan du Sud a attiré l’attention sur les petites exploitantes. Le Bangladesh a souligné la nécessité de réduire le rôle des intermédiaires afin que les petits exploitants puissent tirer profit de l’accès aux marchés. La FAO a mis l’accent sur la nécessité de placer les petits exploitants dans un contexte plus large de développement économique et de diversification pour les rendre non seulement plus productifs, mais aussi plus résilients. Le MSC a suggéré une étude de l’impact du commerce international sur les petits exploitants. 

Le MSP a déclaré qu’il est important d’améliorer la productivité pour rendre les agriculteurs plus compétitifs, y compris le long de la chaîne de valeur, avec par exemple des compétences et des formations. Le Japon a présenté des exemples nationaux àl’appui du développement de la chaîne de valeur.

Le FIDA a déclaré que les conditions dans lesquelles les petits exploitants sont en mesure de s’engager dans les marchés affectent les niveaux de pauvreté, et a appelé à la résolution de ce problème par des mesures politiques et des investissements dans les capacités. Le PAM a déclaré que les approches de la chaîne de valeur sensibles à la nutrition fournissent des possibilités de connecter les petits exploitants à de nouveaux marchés.

L’Égypte a exprimé son soutien à l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation des jeunes, au commerce équitable et à la protection des petits exploitants contre les pratiques déloyales. Notant les déclarations sur la façon dont les marchés et le commerce affectent la nutrition, le Comité permanent de la nutrition des Nations Unies (UNSCN) a mis l’accent sur une plus grande sensibilisation des marchés et du commerce à la nutrition. La représentante a mis l’accent sur l’utilisation d’indicateurs appropriés à des échelles appropriées pour les petits exploitants. La Colombie a souligné l’importance des recommandations visant à soutenir les processus internes au niveau des pays. Le Soudan a demandé des études sur les petits exploitants pourdéterminer leurs besoins réels.

L’OMA a déclaré que l’obtention de l’accès des petits exploitants aux marchés devrait être une question prioritaire, mais que d’autres producteurs ont aussi besoin de soutien, comme par exemple àtraversdes prix équitables et la formation des femmes et des jeunes en particulier. Le MSP a souligné les investissements visant le renforcement des compétences et la formation, les infrastructures et l’accès.

La Présidente du GTCNL Gebremedhin a souligné que les données et les élémentsprobants concernant les marchés et la manière dont ils influencent les petits exploitants constituent une question importante pour la poursuite du travail. Elle a encouragé les membres de la plénière à diffuser les recommandations politiques et à les transmettre aux organes directeurs des Nations Unies.

Résultat final: Dans le rapport, le Comité approuve les recommandations et décide de les transmettre aux organes directeurs de la FAO, du PAM et du FIDA, et décide également de demander à l’Assemblée générale des Nations Unies de les examiner, de les approuver, et d’en assurer une large diffusion.

Les recommandations (CFS 2016/43/5) visent à répondre aux principaux défis et àsaisir lesopportunités pour améliorer l’accès des petits exploitants aux marchés, et demandent, entre autres:

  • une collecte régulière de données exhaustives sur divers marchés et systèmes alimentaires;
  • un environnement de marché plus favorable aux petits exploitants, qui offre des prix équitables et transparents et qui rémunère le travail et les investissements des petits exploitants de manière appropriée;
  • des mécanismes abordables pour l’accès des petits exploitants aux marchés et aux informations sur les prix, par le biais des technologies de l’information et la communication;
  • la promotion et l’élargissement des possibilités, y compris la mise en œuvre des programmes d’approvisionnement institutionnel;
  • la mise en place de politiques et d’arrangements institutionnels qui permettent aux petits exploitants de jouer un rôle efficace et équitable dans la conception et la mise en œuvre des arrangements contractuels;
  • l’amélioration de l’accès à des systèmes financiers inclusifs;
  • le développement ou l’amélioration des infrastructures destinées aux petits exploitants telles que l’irrigation et les petits centres de transformation et d’emballage;
  • la promotion: des produits des petits exploitants, qui permettent d’augmenter les revenus et de répondre à la demande des consommateurs tout en préservant les pratiques et les connaissances traditionnelles et la biodiversité agricole; et des chaînes d’approvisionnement alimentaire courtes;
  • l’investissement dans le renforcement des capacités, la recherche et les technologies innovantes adaptées aux petits exploitants, et dans le transfert de technologie;
  • l’autonomisation des petits exploitants en renforçant leur accès aux actifs et aux ressources productives, et le contrôle qu’ils en ont;
  • le ciblage de l’éducation et de la formation, en particulier pour les jeunes; et
  • le renforcement des capacités des petits exploitants à accroître leur influence économique et leur participation aux chaînes de valeur alimentaires en agissant collectivement et en formant des coopératives.

MOBILISATION DU CSA AU SERVICE DU PROGRAMME 2030

Mardi, Willem Olthof, de la délégation de l’UE et Président du GTCNL sur les ODD, a présenté la proposition pour la mobilisation du CSA au service du Programme 2030, y compris les projets de décisions élaborés par le GTCNL (CFS 2016/43/6) et la note indicative sur la contribution du CSA àla réunion de 2017 du FPHN, qui inclut une proposition d’esquisse (CFS 2016/43/INF/16), suggérant que cette contribution doit être élaborée par le GTCNL et approuvée par le Bureau mandaté par la plénière.

La plénière a approuvé le projet de décision. La Fédération de Russie a souligné que les questions relatives aux droits de l’homme doivent être abordées par les organismes spécialisés des Nations Unies, et a enregistré une déclaration de principe pour se dissocier d’un paragraphe stipulant que le CSA « fournit un espace propice qui met l’accent sur la place centrale des droits de l’homme », notant qu’il contient un libellé qui ne fait pas l’unanimité dans le cadre des activités du CSA, et qu’il ne doit pas créer un précédent dans le travail du CSA et d’autres organismes des Nations Unies.

Le MSP a souligné l’importance accordée àl’ODD 2 (Faim zéro), et a expliqué que la nutrition et l’éradication de la faim sont essentielles pour les entreprises. Cuba a suggéré que les travaux du CSA en 2017 prennent en compte les forums régionaux, et que le CSA: soit guidé par le droit à l’alimentation internationalement reconnu; œuvre à la réalisation de l’ODD 2; et reconnaisse que l’alimentation ne devrait pas être utilisée comme un outil d’oppression économique ou politique.

S’agissant de la contribution du CSA au FPHN de 2017, la Suisse a suggéré qu’elle ne devrait pas se limiter àl’ODD 2, mais qu’elle devrait aussi mettre en relief les liens d’interdépendance avec les autres ODD. L’UE a demandé de mettre en exergue: les travaux du CSA sur les questions transversales, y compris les VGGT; et les travaux à venir sur la nutrition et les systèmes alimentaires, et les questions de genre. Pour ce qui est de l’Asie, la République de Corée a souligné les travaux du CSA sur la convergence des politiques. La Fédération de Russie a demandé que la plénière approuve les futures contributions au FPHN et a mis en garde contre toute initiative dépassant le cadre du mandat du CSA.

Le représentant de l’Afghanistan a souligné l’importance de maintenir la flexibilité lors de la recherche d’un accord sur la contribution du CSA au FPHN 2017, en attendant de mieux connaître le contexte et la structure du travail du FPNH. Il a en outre souligné l’importance des ODD 2, 5 (égalité entre les sexes) et 14 (vie aquatique). Le Brésil a souligné le rôle central des droits de l’homme et l’autonomisation des femmes, et a suggéré que les travaux du GTCNL accordent une attention particulière aux liens d’interdépendance entre la pauvreté et la sécurité alimentaire. Un représentant du Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur le Programme 2030, David Nabarro, a déclaré qu’il est important de s’accorder sur les messages clés et a conseillé de se doter d’un plan le plus souple possible.

La FAO a souligné la nécessité d’aborder non seulement l’ODD 2 mais aussi les liens avec les autres ODD. Les États-Unis ont mis en exergue les contributions sur les questions transversales, telles que l’égalité entre les sexes et la croissance économique, et les partenariats pour tirer parti des ressources financières et autres. Le Japon a donné la priorité à l’échange des bonnes pratiques et àla diffusion des résultats du CSA. Le Viet Nam a mis l’accent sur les contributions à l’ODD 17 (partenariats et moyens de mise en œuvre). La Colombie a souligné le rôle de coordination du CSA. L’Argentine a mis en relief les contributions aux droits des femmes et des enfants.

La Fondation Bill et Melinda Gates a appelé à des feuilles de route permettant le consensus et des mesures pour le développement agricole. Le MSC a souligné: la reconnaissance du rôle des droits de l’homme dans la sécurité alimentaire; la promotion des recommandations clés; et la promotion d’un cadre holistique et d’une plate-forme inclusive pour analyser les causes profondes de la faim et de la malnutrition. Le MSP a suggéré une sensibilisation sur les travaux achevés du CSA en mettant l’accent sur les solutions concrètes à la pauvreté en milieu rural. L’OMA a appelé àune plus grande participation des agriculteurs aux réunions du CSA et du FPHN.

Les participants ont ensuite approuvé les conclusions, avec une note de bas de page pour enregistrer la déclaration de la Fédération de Russie. L’UE a souligné le caractère « universel, indivisible, interdépendant et indissociable » des droits de l’homme et leur importance pour la sécuritéalimentaire et la nutrition, eta suggéré que cela soit ajouté à la portée de la contribution au HLPF 2017.

Résultat final: Dans le rapport, le CSA approuve le document préparé par le GTCNL sur les ODD (CFS 2016/43/6) relatif à la mobilisation du CSA au service du Programme 2030, qui aborde la manière dont le CSA va appuyer la mise en œuvre du Programme 20130 menée par les pays et la réalisation des ODD au niveau national, conformément à son mandat.

Il décide en outre que le CSA fournira directement au FPHN, des contributions convenues, sur une base régulière et en temps opportun. S’agissant de la réunion2017 du FPHN, le CSA décide decharger le Bureau d’approuver la contribution élaborée par le GTCNL sur les ODD, conformément aux orientations de la plénière qui soulignent que:

la contribution doit avoir pour introduction quelques messages clés qui attirent l’attention sur les travaux du CSA relatifs aux questions transversales et mettent l’accent sur son approche multipartite, et êtreadaptée aux besoins du FPHN; et

le plan proposé devra servir de point de départ.

MANIFESTATION SPÉCIALE: MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME 2030: TRADUIRE LES ENGAGEMENTS EN ACTION, À PARTIR DES PREMIERS EXAMENS NATIONAUX VOLONTAIRES

Vendredi, la Présidente du CSA Gornass a ouvert la manifestation spéciale organisée pour permettre des échanges sur les premiers efforts visant à aborder la sécurité alimentaire et la nutrition dans le cadre du Programme 2030 au niveau des pays (CFS 2016/43/Inf/22 et 23).

Le Modérateur David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur le Programme 2030, a déclaré que la manifestation sera organisé en trois groupes de discussions, pour examiner les réussites, les défis et les opportunités découlant de la mise en œuvre du Programme 2030.

TIRER PARTI DES INSTITUTIONS ET CADRES JURIDIQUES EXISTANTS POUR LES ODD: Amr Mostafa Kamal Helmy, Égypte, a attiré l’attention sur les lacunes du financement pour la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), et a présenté la vision nationale pour la mise en œuvre du Programme 2030 qui met l’accent sur le rapprochement des perspectives concernant l’habitat, la santé publique et la sécurité alimentaire et la nutrition.

Diego Alonso Simancas Gutierrez, Ministère des relations extérieures du Mexique, a présenté les enseignements tirés du suivi de la mise en œuvre des OMD en vue de respecter les engagements au titre du Programme 2030, en soulignant: la cohérence des politiques à tous les niveaux; la place centrale des droits de l’homme; les mesures d’incitation et la transparence pour faciliter la participation; et les défis liés au budget.

Gunnvor Berge, Ministère norvégien des affaires étrangères, a présentéun résumédes expériences acquises dans un processus de collaboration interministérielle mis en place pour préparer les négociationsde l’après 2015, et maintenu pour les rapports sur les ODD, en notant qu’il a créé une forte dynamique en faisant naître la conviction partagée qu’un changement transformateur est possible et en établissant un lien entre les travaux au niveau national et les nouveaux enjeux mondiaux.

Valerie Nicolas, de Cités et gouvernements locaux unis, a décrit la manière dont les communautés locales qui travaillent avec les gouvernements locaux en France peuvent influencer la sécurité alimentaire par la promotion de la production et de la consommation alimentaires locales, générer de multiples externalités positives et établir de nouvelles formes de coopération.

Au cours du débat qui a suivi, le MSC a réitéré la nécessité d’une large participation à la prise de décision. L’Afghanistan a présenté la diversification des niveaux de mobilisation des ministères et a posé la question de savoir comment les ODD intègrent le processus budgétaire au niveau des pays, en particulier s’agissant des pays qui dépendent de l’aide publique au développement. Le représentant du Venezuela a souligné la mise en place de conseils d’agriculteurs, de femmes et de jeunes par son pays. Le MSP a déclaré que les ODD constituent une force motrice qui crée de nouveaux marchés pour les femmes et les filles, et a fait remarquer que l’introduction de l’égalité d’accès est une bonne décision.

CONCILIER LES TROIS DIMENSIONS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET LES ODD AVEC LES PRIORITÉS NATIONALES POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET LA NUTRITION ET L’AGRICULTURE DURABLE: Xie Jianmin, Représentant adjoint de la Chine auprès des organismes des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à Rome, a présenté la portée de la politique agricole de son pays, notamment: un cadre de soutien à l’agriculture; les investissements continus dans l’amélioration de l’agriculture et l’irrigation des terres arables; la science, la technologie et l’innovation, et la production de variétés de céréales, de coton et de sucre de grande qualité; un système agricole circulaire qui augmente la production mais réduit l’empreinte écologique; et la réduction au minimum des dommages causés par les catastrophes.

Sylvie Lemmet, du Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, France, a présenté la politique alimentaire publique de son pays, qui met l’accent sur la justice sociale, la jeunesse, la réduction de 50% des déchets alimentaires d’ici 2030 et la limitation du transport des produits agricoles locaux. Elle a présenté un programme agro-écologique visantàévaluer différentes méthodes de production, à limiter l’utilisation des antimicrobiens et à accroître la recherche et l’innovation.

Arne Cartridge, de Yara International, MSP, a souligné le potentiel du secteur privé pour contribuer à la mise en œuvre des ODD. Étant donné que le programme de développement durable se déplace vers le débouché commercial, a-t-il déclaré, les entreprises peuvent concrétiser les priorités du nouveau marché par l’innovation des produits et l’engagement avec le secteur public.

Rob Vos, de la FAO, s’exprimant au nom des RBA, a souligné: les défis que pose l’adoption des nouvelles technologies par les petits exploitants en raison des coûts et de l’absence d’accès au crédit, aux marchés et aux informations; et le programme de financement du FIDA qui relie les organisations de producteurs à des programmes de microcrédit et de restauration des terres.

Au cours du débat qui a suivi, l’Allemagne a présenté le projet de sa stratégie nationale de développement durable, y compris les priorités nationales pour une meilleure alimentation et pour la gestion de la biodiversité, et les priorités mondiales concernant la lutte contre la faim et la malnutrition.

Le Soudan a présenté les développements législatifs en soulignant les défis liés aux interventions sectorielles, les incidences du changement climatique et les lacunes financières. Les Philippines ont plaidé pour une meilleure compréhension de la dimension sociale du développement durable et ont souligné la nécessité d’une mise en œuvre intersectorielle intégrée, qui tient compte des synergies et des compromis.

Le MSC a mis l’accent sur le savoir traditionnel et l’agro-écologie, la concentration du marché comme une menace pour les petits exploitants, et les possibilités pour les jeunes ruraux. Le MSP a souligné le rôle de l’investissement et de l’innovation dans l’agriculture.

CRÉER UN SENTIMENT D’APPROPRIATION DU PROGRAMME 2030 CHEZ LES POPULATIONS, À TRAVERS TOUS LES NIVEAUX DE COLLABORATION: Bernard Lehmann, Secrétaire d’État à l’agriculture de la Suisse, a expliqué la manière dont les mécanismes traditionnels de participation et les nouveaux partenariats de la Suisse sont utilisés pour intégrer les ODD dans les politiques sur la sécurité alimentaire, la souveraineté alimentaire et le commerce durable.

Veronica Cristina Vargas Román, Ministère de la santé de l’Équateur, a présenté la loi de l’Équateur sur la souveraineté alimentaire qui: garantit l’accès aux ressources; préserve les modèles traditionnels de production; hiérarchise les chaînes de valeur locales et les marchés; soutient la consommation saine d’aliments nutritifs; et prescrit la participation à tous les niveaux.

Sirpa Sarlio-Lähteenkorva, Ministère des affaires sociales et de la santé de la Finlande, a présenté les initiatives locales visant à fournir un soutien nutritionnel gratuit aux centres de santé maternelle et infantile et des repas scolaires gratuits. Au niveau national, la représentante a souligné: la collaboration avec d’autres pays nordiques pour l’élaboration de lignes directrices diététiques communes; et un engagement politique à l’intérieur de tous les secteurs en utilisant un réseau de points focaux pour assurer la prise en compte de tous les aspects des ODD. Elle a attiré l’attention sur les conseils relatifs auxrégimes alimentairesàbase de planteset respectueux du climat, et sur une limite supérieure de consommation de viande rouge, et a présenté l’initiative nationale multipartite intitulée  « Mobilisation de la société pour ledéveloppement durable ».

La culture et l’identité des peuples autochtones sont intrinsèquement liées aux écosystèmes, a déclaré Taina Hedman du Conseil international des traités autochtones, MSC, ajoutant que sans des objectifs et des indicateurs précis pour mesurer les progrès accomplis en matière de droits de l’homme, la réalisation des ODD est improbable. La représentante a mis l’accent sur les droits territoriaux, le consentement libre, préalable et éclairé, et le devoir des États d’établir des initiatives spécifiques pour la mise en œuvre et le suivi de leurs engagements.

Au cours du débat qui a suivi, l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII) a demandé instamment aux pays d’identifier les populations autochtones dans leurs recensements, et de privilégier le dialogue sur le savoir traditionnel et le patrimoine culturel.

SUIVI DE LA MISE EN ŒUVRE DES DÉCISIONS ET RECOMMANDATIONS DU CSA

CADRE DE RÉFÉRENCE POUR LA MISE EN COMMUN DES EXPÉRIENCES ET DES BONNES PRATIQUES: Mardi, le Président du GTCNL du CSA sur le suivi, Robert Sabiiti, Ouganda, a donné un aperçu du projet de cadre de référence (CFS 2016/43/7).

Le MSC a déclaré que le cadre de référence représente une base solide et flexible pouvant être adaptée aux circonstances nationales, et a appelé à une politique claire sur la prévention des conflits d’intérêts. Le Brésil et la Suisse ont proposé d’élaborer un mécanisme pour examiner les résultats des manifestations des pays et des parties prenantes au CSA, et la Suisse a suggéré la tenue d’une journée de suivi avant les sessions du CSA. La Suisse a également demandé la surveillance de l’utilisation des principaux produits du CSA à intervalles réguliers et prévisibles.

L’UE a encouragé les parties prenantes à utiliser les plates-formes multipartites lorsque cela est possible. La Tanzanie, au nom du Groupe africain, a souligné que le cadre de référence jette des bases permettant à tous les intervenants de participer au suivi, et a soutenu la poursuite des travaux au-delà de 2017. Le Japon a demandé une manifestation thématique future sur la mise en œuvre des RAI. L’OMA a déclaré que les agriculteurs sont les mieux placés pour faire rapport sur les défis et les meilleures pratiques pour la mise en œuvre.

La plénière a ensuite approuvé le texte de la décision, tel que lu par la Présidente du CSA Gornass, y compris le cadre de référence qui fournit des orientations aux intervenants sur le partage des expériences et des bonnes pratiques lors de la mise en œuvre des décisions etdes recommandations en tant que contribution au développement progressif d’un mécanisme de suivi novateur.

Résultat final: Dans le rapport, le Comité approuve le cadre de référence pour la mise en commun des expériences et des bonnes pratiques lors de la mise en œuvre des décisions et recommandations du CSA àtravers desmanifestations organisées aux niveaux national, régional et mondial (CFS 2016/43/7), qui comprend des orientations sur: les objectifs des manifestations; les principaux résultats escomptés; l’approche recommandée aux niveaux national, régional et mondial; l’identification des bonnes pratiques; et l’organisation des sessions thématique mondiales au CSA.

En outre, le CSA encourage les parties prenantes à continuer à partager leurs expériences et les meilleures pratiques sur une base volontaire par le biais des manifestations décrites dans le cadre de référence; et recommande que le GTCNL sur le suivi poursuive ses travaux en vue de parvenir à une entente sur la manière d’assurer une surveillance régulière de la mise en œuvre des produits du CSA.

MANIFESTATION THÉMATIQUE MONDIALE: DIRECTIVES VOLONTAIRES POUR UNE GOUVERNANCE RESPONSABLE DES RÉGIMES FONCIERS: Mercredi, le Modérateur Gregory Myers, spécialiste principal de la Banque mondiale en matière d’administration des terres, a déclaré que les objectifs de la manifestation comprennent: le partage des bonnes pratiques et les enseignements tirés de l’expérience; le suivi des progrès accomplis dans la mise en œuvre des VGGT; et l’amélioration de la sensibilisation et de la compréhension des VGGT. Il a indiqué que 62 soumissions ont été reçues concernant les expériences avec les VGGT, et l’utilisation et l’application de celles-ci, en mettant l’accent sur la sensibilisation, le renforcement des capacités, la réforme des cadres juridiques et politiques, la mise en œuvre des VGGT et des plates-formes multipartites.

A.M. Camara, au nom de Modou Mboup, Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural du Sénégal, a présenté le processus de réforme agraire qui implique une plate-forme multipartite avec des activités liées aux VGGT, et a mis en exergue une forte volonté politique au niveau du gouvernement, la mobilisation de la société civile, et des initiatives de diffusion de l’information et de renforcement des capacités.

Ir. Wiratno, Ministère de l’environnement et des forêts de l’Indonésie, a présenté la réforme du régime foncier national dans le secteur forestier qui vise à transférer 2,7 millions d’hectares de terres forestières appartenant à l’État aux collectivités tributaires de la forêt, au cours des cinq prochaines années. Il a attiré l’attention sur les approches multipartites  du pays qui ont entraîné des changements dans les cultures bureaucratiques, l’amélioration de la gouvernance des terres et des forêts et le renforcement de la gouvernance au niveau des villages. Notant la manière dont la gestion participative a contribué aussi bien à l’amélioration de l’utilisation des ressources qu’à la résolution des conflits, il a attiré l’attention sur les défis, y compris le manque de coordination entre les gouvernements centraux et provinciaux, et sur la reconnaissance des droits coutumiers.

Juan Pablo Diaz Granados Pinedo, Vice-ministre du développement rural de la Colombie, a appeléles VGGT une « lumière qui guide » les réformes entreprises par le  gouvernement au moment où son pays se remet d’une longue histoire de conflits. Il a présenté les développements liés au régime foncier, y compris: une agence spécifique sur la gouvernance des terres; la loi sur la restitution des terres qui met l’accent sur la remise des terres aux victimes des conflits armés, en indiquant que 180 000 hectares ont été restitués àleurs propriétaires initiaux; le projet de loi visant à sanctionner la pêche illégale; et un accord conclu avec la FAO et le WWF allouant 4 millions EUR pour l’application des VGGT aux parcs nationaux.

Naseegh Jaffer, Forum mondial des populations de pêcheurs et Coordonnateur du Groupe de travail du MSC sur le suivi, a présenté un rapport de la société civile sur les expériences dans 44 pays. Il a déclaré que la mise en œuvre des VGGT a réaffirmé la visibilité des droits fonciers, mais n’a pas généré une responsabilisation et desrégimes fonciers basés sur les droits de l’homme. En outre, il a déclaré que la mise en œuvre a entrainé une utilisation accrue des VGGT comme norme et document de référence dans les processus de réforme politique, mais ne s’est pas traduite automatiquement en lois et en politiques nationales. Il a noté que les VGGT peuvent être surtout utiles aux communautés qui revendiquent leurs droits fonciers lorsque les lois nationales sont faibles. Il a égalementsouligné: la violence et la persécution subies par les défenseurs des droits fonciers; la nécessité d’établir un lien entre le régime foncier et les directives sur la pêche artisanale; les droits fonciers ancestraux et coutumiers; et l’attention accordée aux droits des femmes et des jeunes.

John Young Simpson, MSP, a déclaré que le secteur privé constitue le principal moteur de la réduction de la pauvreté, notamment 60% du produit intérieur brut et 90% des emplois dans les pays en développement, et a signalé que plusieurs grandes entreprises agro-industrielles se sont engagées pour les VGGT. Il a souligné que le MSP mène la sensibilisation sur les VGGT par le biais de bulletins réguliers livrés àplus de1 000 entreprises, et a souligné les défis ayant trait à la formulation complexe des directives qui ne permet pas une utilisation facile et la mise en œuvre sur le terrain.

Au cours du débat qui a suivi, de nombreux délégués ont souligné l’importance des VGGT pour une réforme agraire inclusive et pour assurer l’accès aux ressources naturelles, en particulier pour les groupes vulnérables et les femmes. Les participants ont égalementéchangédes idées sur la mise en œuvre réussie des VGGT par l’établissement de plates-formes multipartites et l’élaboration de directives ou de manuels comme outils de diffusion. Bon nombre ont également appelé à davantage d’activités de renforcement des capacités et de sensibilisation et à la traduction dans les langues locales.

La Sierra Leone a fait savoir que l’application des VGGT a entrainé une forte appropriation nationale de la réforme agraire et l’intégration des VGGT dans les cadres juridiques et politiques pertinents. Le Mexique a mentionné l’établissement d’un registre foncier consolidé et l’utilisation des VGGT pour élaborer une stratégie visant àréduire lesémissions provenant du déboisement et de la dégradation des forêts.

La FAO a déclaré que les VGGT sont devenues la norme mondiale pour lesrégimes fonciers et ont provoqué un changement culturel en faveur d’une véritable participation des parties prenantes. L’UE a souligné que l’adoption d’un indicateur relatif au droit foncier dans le cadre des ODD aide à maintenir une dynamique dans la gouvernance des terres, et a demandé aux investisseurs et aux gouvernements de traduire les VGGT en outils opérationnels et de les incorporer dans leurs responsabilités de diligence raisonnable. Le Royaume-Uni a demandé expressément l’établissement d’un mécanisme de suivi pour toutes les parties prenantes, en notant que cela mobilisera aussi des investissements.

Le MSC a souligné l’importance des VGGT pour l’analyse de l’accès des femmes aux ressources, la lutte contre le chômage des jeunes, et le suivi des cadres juridiques et politiques. Indiquant qu’il s’exprime au nom du Groupe de travail mondial des bailleurs de fonds sur la terre, le représentant des États-Unis a déclaré que les VGGT représentent une vision commune des droits légitimes aux terres et aux ressource qui, entre autres actions, a aidé à écarter les menaces d’« accaparement des terres ». Le Venezuela a souligné la nécessité de volonté politique pour mettre en œuvre un cadre législatif qui applique les VGGT et rejette la criminalisation des défenseurs des droits fonciers.

Le Brésil a fait rapport sur l’élaboration d’un guide pour la mise en œuvre des VGGT et d’un manuel pour faciliter leur utilisation dans les pays lusophones. Le Bangladesh a déclaré que les titres fonciers nationaux sont désormais délivrés aussi bien aux hommes qu’aux femmes, suite à l’application des VGGT. L’Argentine a attiré l’attention sur la diffusion des VGGT auprès des populations n’ayant pas accès à la technologie.

La Tanzanie, au nom du Groupe africain, a attiré l’attention sur le cadre et les directives de l’Union africaine sur la politique foncière. Haïti a demandé l’identification des pays où il existe des conflits fonciers. Le MSP a souligné que la lutte contre l’insécurité foncière est essentielle pour toutes les parties prenantes, et a appeléàla sensibilisation des fonds d’investissement agricoles.

Le MSC a signalé l’utilisation abusive des VGGT pour préserver la réputation des entreprises en matière de responsabilité sociale. Le Soudan a fait observer que le droit coutumier provoque des tensions entre les tribus et a présenté un rapport sur l’utilisation des VGGT pour soutenir les petits exploitants au Darfour. Le Brésil, au nom des pays de la Communauté des pays de langue portugaise, a évoqué la mise en place de conseils de sécurité alimentaire et de nutrition au niveau national pour améliorer les rapports régionaux adressés au CSA.

La Chine a rendu compte deséminaires sur l’utilisation des terres et le régime foncier. Le MSC a demandé instamment de remédier aux violations des droits fonciers et des droits de l’homme dans les situations de conflit. La Palestine a plaidé pour un soutien à ses petits exploitants.

La Présidente du CSA Gornass a présenté un projet de conclusions, indiquant notamment: que les VGGT ont été largement utilisées; que les défis comprennent la représentation efficace des principaux bénéficiaires, les connaissances et la compréhension limitées, et la violence àl’encontre des défenseurs des droits de l’homme; et que les bonnes pratiques comprennent l’autonomisation de toutes les parties prenantes, la mise en place de plates-formes multipartites, la promotion de l’engagement politique et l’intégration des VGGT dans les cadres juridiques et politiques. Le MSC a proposé d’inclure la nécessité de méthodes qualitatives pour le suivi. L’UE a ajouté une référence à l’autonomisation des femmes, àla sensibilisation et au renforcement des capacités.

La Présidente du CSA Gornass a présenté les conclusions révisées. Le représentant de la Fédération de Russie a demandé la signification de suivi « indépendant », et les participants ont finalement approuvé suivi « robuste, fondé sur des preuves et inclusif ». Les participants ont en outre convenu denoter « autonomiser toutes les parties prenantes, en particulier les groupes les plus vulnérables et marginalisés, et les personnes vivant dans toutes les situations de conflit, y compris les crises prolongées ».

Résultat final: Le rapport note que les VGGT devront être suivies sur une base régulière.

MOBILISATION DU CSA AU SERVICE DE LA NUTRITION

Mercredi, la plénière a approuvé la proposition sur la mobilisation du CSA au service de la nutrition, élaborée par le GTCNL sur la nutrition (CFS 2016/43/9). 

Khaled El-Tawil (Égypte), Président du GTCNL sur la nutrition, a présenté les résultats du GTCNL, y compris une proposition sur les domaines d’intérêt pour le prochain rapport du HLPE sur les systèmes alimentaires et la nutrition, et une proposition pour la contribution du CSA àla lutte contre la malnutrition dans le monde sous toutes ses formes.

De nombreux délégués ont appuyé l’axe de travail sur la nutrition et ont attiré l’attention sur le prochain rapport du HLPE et sur le travail stratégique en résultant.

Soulignant que la nutrition est fondéesur le savoir ancestral et la connaissance locale en harmonie avec la nature et la culture, le MSC a mis en garde contre les systèmes qui causent la rupture de la culture alimentaire. La République dominicaine, au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a salué les efforts visant à élever les droits de l’homme à l’alimentation dans un cadre juridique et à mobiliser des ressources. En outre, la représentante a souligné la nécessité: de consolider les mécanismes coordonnés; d’améliorer l’égalité entre les sexes; et d’éviter les mesures unilatérales incompatibles avec le droit international, ou d’utiliser l’alimentation comme instrument de pression politique ou économique.

L’UE a souligné que le Programme mondial des Nations Unies pour la nutrition et la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition accélèrent la mise en œuvre des politiques de sécurité alimentaire et de nutrition. La représentante a mis l’accent sur l’éducation nutritionnelle, l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes. Le Japon a présenté un certain nombre d’actions sur la nutrition entreprises par le pays au niveau mondial, y compris des initiatives de collaboration en Afrique, et ses travaux avec les groupes de travail du G7 pour la sensibilisation sur la sécurité alimentaire et la nutrition, et l’autonomisation des femmes.

L’UNSCN et la FAO ont indiqué leur disponibilité à participer au processus intersessions. L’UNICEF a souligné l’initiative « Les 1 000 premiers jours » et les interventions soutenues en cas de conflit et de crise, en indiquant que l’investissement dans la nutrition peut aider à briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté. L’OMS a suggéré que les discussions du CSA contribuent à assurer que les investissements dans l’agriculture améliorent la qualité, plutôt que le volume de la production. La Fédération de Russie a souligné la nécessité d’une coordination entre les agences. Les États-Unis ont mis en relief lerôledu CSA dans la lutte contre les lacunes des politiques, et d’autres défis, et ont ajouté que le CSA devrait s’abstenir de surveiller ou d’évaluer les progrès accomplis par les pays dans la réalisation des objectifs en matière de nutrition. Le Groupe africain a déclaré que les travaux futurs du GTCNL devraient porter sur le programme de travail de la Décennie des Nations Unies et sur les propositions à examiner àlaCSA 44.

Cuba a salué la référence au droit à l’alimentation. L’Équateur et le MSC ont demandé d’aborder les conflits d’intérêts potentiels. Soulignant que les systèmes alimentaires actuels ne parviennent pas à offrir une alimentation saine à un tiers de la population mondiale, la Suisse a mis en relief la nécessité de promouvoir une production alimentaire diversifiée en utilisant la biodiversité agricole.

Le MSP a souligné l’engagement du secteur privé à trouver des solutions pour l’autonomisation des femmes et l’amélioration de la nutrition des femmes. La Norvège a proposé de reconnaître que l’océan est une source de nutrition, et qu’il est nécessaire de réduire les pertes alimentaires dans la chaîne de valeur des fruits de mer. Le PAM a mis l’accent sur: la garantie de l’accès des consommateurs à des régimes alimentaires nutritionnellement appropriés; la prise en compte de la lutte contre la malnutrition dans un contexte humanitaire; et les partenariats. L’OMA a donné la priorité à des initiatives spécifiques pour soutenir les femmes, et a souligné le rôle des partenariats.

Résultat final: Dans le rapport, le CSA approuve le document sur la mobilisation du CSA au service de la nutrition (CFS 2016/43/9), qui propose un cadre pour permettre au CSA d’intensifier sa contribution à la lutte mondiale contre la malnutrition sous toutes ses formes. Le Comité invite le GTCNL sur la nutrition à: examiner le projet de rapport du HLPE sur les systèmes de nutrition et d’alimentation; examiner le programme de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition 2016-2025; et soumettre à la CSA 44 les contributions potentielles. Le Comité prie en outre le Secrétariat, sous réserve des ressources disponibles, d’organiser des manifestations sur la nutrition en vue de promouvoir une compréhension commune des questions et jeter les bases pour une convergence des politiques et une coordination des travaux du CSA éclairées.

PROGRAMME DE TRAVAIL PLURIANNUEL

Mercredi, Md Mafizur Rahman (Bangladesh), Président du GTCNL sur le PTPA, a présenté les résultats des travaux du GTCNL, y compris une proposition pour un rapport du HLPE sur les partenariats multipartites visant à financer et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition dans le cadre du Programme 2030 (CFS 2016/43/10). La Secrétaire du CSA Fulton a expliqué que le CSA a un déficit de financement de 1,5 million USD pour les travaux du HLPE, et d’autres déficits sur les axes de travail, y compris sur l’autonomisation des femmes et les activités relatives à la nutrition et au suivi.

Le Pacte mondial des Nations Unies pour le MSP a proposé la sécurité alimentaire comme thème du rapport 2019 du HLPE. L’Indonésie, au nom de l’Asie, a encouragé la mobilisation de toutes les ressources disponibles et le rapprochement de l’ODD 2 avec l’ODD 17. L’Algérie, au nom du Groupe africain, a mis l’accent sur la participation de la communauté de recherche.

La Suisse a indiqué sa préférence pour un PTPA de quatre ans et, rejointe par le Bangladesh, a encouragé les membres du GTCNL à considérer les thèmes critiques et émergents comme une priorité. La Fédération de Russie a suggéré que le PTPA pour 2018 à 2019 soit moins ambitieux. L’UE a appelé à un PTPA sélectif et réaliste et a appuyé les travaux du HLPE sur les partenariats multipartites, y compris les mécanismes innovants de partenariats avec le secteur privé et les universités.

Jeudi, le Mexique, au nom du GRULAC, a déclaré que la sélection des sujets pour les travaux du HLPE doit être fondée sur le consensus, et non pas simplement sur les résultats d’un exercice de classement. Le Mexique a demandé que l’interdépendance entre l’agriculture et la biodiversité soit incluse dans la liste des critères de sélection des thèmes pour les travaux futurs. Le Brésil a souligné la nécessité de créer des synergies avec d’autres organismes et initiatives des Nations Unies.

Le MSC s’est dit préoccupé par la portée limitée du rapport thématique de 2018. L’OMA a salué l’accent mis sur les partenariats avec les agriculteurs et les organisations paysannes.

La Présidente du CSA Gornass a présenté un texte de décision révisé incluant: une demande adressée au HLPE pour la préparation d’une note sur les questions émergentes pour 2017 et d’une étude sur les partenariats de financement multipartites pour 2018; une recommandation adressée au GTCNL pour la préparation d’une proposition réaliste pour le PTPA 2018-2019; et un encouragement aux parties prenantes pour la contribution au budget du CSA.

S’agissant des contributions au budget du CSA, les participants ont approuvé une proposition de l’Équateur et de l’Égypte visant à souligner l’importance des ressources destinées aux services de traduction et d’interprétation pour la participation des parties prenantes. Ils ont également convenu d’inclure des référencesàla recherche d’une solution à long terme pour assurer la prévisibilité budgétaire, comme demandé par le MSC; et d’étudier la possibilité de passer à un cycle de quatre ans pour le PTPA, comme suggéré par la Fédération de Russie et l’UE.

Résultat final: Dans le rapport, le Comité:

  • demande au HLPE de mener une étude sur les partenariats multipartites pour le financement et l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le cadre du Programme 2030, à présenter en 2018;
  • prend note de la décision du Bureau de charger le HLPE de préparer une note sur les questions critiques et émergentes relatives à la sécurité alimentaire et àla nutrition;
  • adopte des critères de sélection supplémentaires pour les futurs travaux du CSA;
  • recommande au GTCNL d’élaborer une proposition pour les activités du CSA au titre de l’exercice biennal 2018-2019, en tenant compte des ressources disponibles et de la nécessité d’une charge de travail raisonnable; et
  • encourage les membres du CSA: àverser au budget du CSA des ressources extrabudgétaires non assorties d’une obligation d’affectation et àveiller à la disponibilité des ressources pour la traduction et l’interprétation; et à rechercher des solutions à long terme pour répondre à la prévisibilité du budget du CSA sur la base du consensus.

FORUM SUR L’URBANISATION, LA TRANSFORMATION DES ZONES RURALES ET LES INCIDENCES SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET LA NUTRITION

La Présidente du CSA Gornass a ouvert le Forum jeudi matin, en expliquant qu’il comprend des exposés et des discussions sur: l’évolution de la dynamique rurale-urbaine, son implication pour la sécurité alimentaire et la nutrition et les changements potentiels de politique nécessaires pour y faire face; les expériences pratiques sur les approches politiques intégrées pour les zones rurales et urbaines; et une décision sur la voie à suivre.

La Modératrice Corinna Hawkes, du Centre pour la politique alimentaire de l’Université City de Londres, a appelé à une approche intégrée et àune nouvelle politique deréflexionpour faire face à la dynamique en évolution du système alimentaire mondial.

Preeti Ahuja de la Banque mondiale, a identifié les tendances majeures, notamment: les changements démographiques tels qu’une population croissante de jeunes et une main-d’œuvre agricole vieillissante; les conflits, la violence et les personnes déplacées de force; les méga-villes et les villes secondaires, et un grand nombre de personnes vivant dans des taudis; le changement climatique et les défis pour l’agriculture et le potentiel de celle-ci; et les multiples problèmes liés à la malnutrition.

Cecilia Tacoli, de l’Institut international pour l’environnement et le développement, a souligné le passage d’un monde de producteurs à un monde de consommateurs, et les tendances de la croissance démographique entraînant la croissance de la population des bidonvilles. Elle a souligné la nécessité de lutter contre l’insécurité alimentaire en milieu rural et en milieu urbain par une approche holistique.

Sur les changements de politique requis, Ahuja a souligné la nécessité pour les systèmes multi-sectoriels et multi-dimensionnels de penser à: promouvoir une agriculture intelligente face au climat et sensible à la nutrition; encourager la participation des entreprises agricoles et des jeunes; utiliser une approche territoriale et spatiale, établir un lien entre le niveau de la ville et la planification nationale concernant l’agriculture, l’eau et la santé; et combler les lacunes dans les données. Tacoli a souligné la nécessité d’une action locale et d’une approche holistique permettant d’examiner la manière dont les politiques sectorielles peuvent limiter ce processus.

Nima Nango Dembele, Ministre de l’élevage et de la pêche du Mali, a présenté les défis et les possibilités d’une libéralisation contrôlée des marchés agricoles, et a souligné: l’augmentation de la main-d’œuvre et de la productivité des terres; les avantages pour les femmes et les jeunes résultant des technologies qui permettent de créer de nouveaux emplois dans la transformation des aliments; et une plate-forme multisectorielle et multipartite pour coordonner les intervenants et élaborer des politiquesholistiques.

Bernard Lehmann, Secrétaire d’État à l’agriculture, Suisse, a parlé du système alimentaire en évolution de son pays qui est caractérisé par des coûts de production élevés et l’expansion urbaine dans les zones rurales de production. Il a mis en relief les possibilités d’interactions directes entre les producteurs et les consommateurs facilitées par Internet, les systèmes rapides de distribution alimentaire, l’agriculture urbaine et les exploitations agricoles multi-fonctionnelles.

Christiane Araujo Costa, de l’Instituto Polis, Brésil, a déclaré que plus de 19 millions de personnes ont été sorties de la pauvreté au Brésil grâce à des politiques coordonnées, telles que le plan municipal de São Paolo pour la sécurité alimentaire, qui comprend des mesures visant à accroître la proportion d’aliments biologiques achetés dans les fermes familiales locales dans le cadre du programme d’alimentation scolaire, le soutien à l’agriculture urbaine et péri-urbaine, une réforme des marchés publics, et des banques alimentaires pour éviter le gaspillage alimentaire.

Fernando Correa Peláez, avocat général auprès du maire de Medellin, Colombie, a présenté les efforts visant à accroître l’accès des populations marginalisées à l’alimentation, tout en soutenant les producteurs. Il a présenté: l’approvisionnement des écoles en denrées alimentaires; la création d’associations pour réduire les intermédiaires et augmenter les revenus des producteurs; la création de centres alimentaires dans les zones pauvres afin d’élargir la fourniture d’aliments de base à faible coût; et l’octroi de prêts et la fourniture d’une assistance technologique à faible coût.

Au cours du débat qui a suivi, l’Allemagne a noté que les politiques qui établissentun lien entre les producteurs urbains locaux et les marchés régionaux doivent être améliorées, et que les développements rural et urbain doivent être synchronisés. Le Cameroun, au nom du Groupe africain, a fait des observations sur la nécessité d’harmoniser les concepts, les conditions et les politiques concernant les frontières entre les zones rurales et urbaines, notamment afin d’éviter les inégalités, et a souligné les synergies entre le CSA et le COAG. L’UE a déclaré qu’une transformation rurale inclusive pourrait accroître l’emploi rural et ralentir la migration.

L’Afghanistan a appelé à des investissements dans les zones rurales et àla diversification des économies rurales afin deréduire la migration vers les zones urbaines etde répondre à l’évolution des besoins alimentaires. L’Inde a souligné le rôle des systèmes publics de distribution alimentaire et des transferts monétaires directs dans les zones urbaines.

Le Nigeria a mis l’accent sur les outils juridiques pratiques et le développement des infrastructures, et a suggéré que le CSA aborde les impacts des importations de produits alimentaires sur la sécurité alimentaire et la nutrition dans les pays en développement. La Chine a suggéré l’établissement d’un lien entre l’urbanisation et l’évolution des régimes alimentaires. Le Venezuela a appelé àdes politiques publiques qui réduisent les inégalités et autonomisent les exclus.

Le MSC a dit craindre que le processus d’urbanisation soit considéré comme inévitable, en notant que ses moteurs comprennent les déplacements forcés, l’accaparement des terres et la pression du marché international. Le représentant a suggéré que l’axe de travail peut contribuer à la régénération des zones rurales. Le Brésil a plaidé pour des politiques qui améliorent la productivité et augmentent la production tout en assurant la durabilité, telles que l’agro-écologie, les infrastructures et l’éducation des communautés rurales. Le MSP a souligné la nécessité d’améliorer la qualité de la vie rurale, de garder les jeunes ruraux dans leurs milieux et d’attirer les jeunes des centres urbains.

Les panélistes ont souligné, entre autres: le rôle des petites villes; les circuits de la production à la consommation; l’achat direct, les infrastructures et les services publics d’approvisionnement; la motivation des jeunes; et l’action politique à multiples niveaux, la coordination et une approche intégrée. La Malaisie, au nom de l’Asie, a souligné les défis de l’urbanisation dans larégion. L’Équateur a demandéd’accorder une attention plus grande aux zones péri-urbaines.

S’agissant des travaux futurs, le Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a souligné que les travaux futurs du CSA doivent adopter une approche fondée sur les droits de l’homme, et a noté les impacts importants de l’urbanisation sur le droit à l’alimentation. Soulignant que l’urbanisation est en train dedéraciner les peuples autochtones, l’UNPFII a mis l’accent sur la nécessité d’une participation et d’une inclusion complètes et efficaces. Le MSC a déclaré que les travaux futurs devront intégrer le changement climatique, être cohérents avec les ODD, ancrés dans les droits de l’homme et promouvoir la cohérence des politiques. Notant les obstacles à la participation, la représentante a proposé une équipe de travail chargée de définir la portée et le contenu des travaux futurs. Le MSP a souligné que les travaux doivent être adaptés aux ressources disponibles. L’UE et les États-Unis ont demandé de programmer des travaux supplémentaires sous réserve de la disponibilité des fonds. L’UE a appelé à plus de références à l’égalité entre les sexes. Le Brésil, l’Équateur, l’Argentine, la Colombie et le MSC ont appelé à un alignement des travaux du CSA avec lesrésultats de la troisièmeConférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III).

La plénière a examiné l’opportunité pour le GTCNL sur l’urbanisation et la transformation des zones rurales d’élaborer des recommandations politiques, ou un recueil des approches politiques efficaces; et de demander au HLPE de préparer un rapport sur l’ensemble du sujet. Les discussions se sont poursuivies pour préciser que la décision de mettre en place un GTCNL sur l’urbanisation et la transformation des zones rurales avait été prise à la CSA 42, lors de l’adoption du PTPA pour 2016-2017.

Résultat final: Dans le rapport, la plénière demande au GTCNL sur l’urbanisation et la transformation des zones rurales de convenir d’un processus de compilation des expériences et des approches politiques efficaces pour aborder la sécurité alimentaire et la nutrition dans le contexte de la dynamique rurale-urbaine en évolution; et encourage le GTCNL sur le PTPA à examiner l’opportunité d’inclure un rapport du HLPE sur la question dans les priorités pour 2018-2019, en tenant compte de la charge de travail du CSA et des ressources disponibles.

CADRE STRATÉGIQUE MONDIAL POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET LA NUTRITION

Jeudi, Fernanda Mansur Tansini, Brésil, Présidente du GTCNL sur le GSF, a présenté la cinquième version du GSF fondée sur les résultats du GTCNL (CFS 2016/43/13). La plénière a ensuite approuvé la décision sur le GSF (CFS 2016/43/12).

Résultat final: Dans le rapport, le CSA approuve la cinquième version du GSF (CFS 2016/43/13) qui comprend les recommandations politiques sur l’eau au service de la sécurité alimentaire approuvées à la CSA 42, les chiffres statistiques actualisés du rapport SOFI 2015, et un paragraphe sur le Cadre d’action pour la sécurité alimentaire et la nutrition lors des crises prolongées, approuvé à la CSA 42.

L’ÉTAT DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE DANS LE MONDE ET LE PROGRAMME 2030

Mardi, Pietro Gennari, Statisticien en chef de la FAO, s’exprimant au nom des RBA, a présenté le suivi de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le Programme 2030. Il a souligné que le rapport 2017 sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde sera élargi pour inclure la nutrition, et que les RBA travailleront en partenariat avec l’OMS, et en collaboration avec l’UNICEF et la Banque mondiale. Il a indiqué que le rapport comprendra des sections sur: la surveillance de la faim et de la malnutrition; et les synergies et les compromis avec d’autres cibles des ODD, en notant que la version 2017 mettra l’accent sur la paix, les conflits et l’insécurité alimentaire. Il a présenté des statistiques montrant que, bien que des progrès significatifs aient été accomplis dans la réduction de la prévalence de la sous-alimentation, d’importantes disparités persistent entre et au sein desrégions, que793 millions de personnes demeurent sous-alimentées et que toutes les régions signalent une augmentation de la prévalence de l’obésité. Il a évoqué en outre des lacunes dans l’information et les difficultés rencontrées dans la mesure et la surveillance.

L’OMS a suggéré que le rapport aborde toutes les cibles et éléments liés à la malnutrition et examine la qualité des aliments, en plus de la quantité, et, rejointe par l’UNICEF, a souligné les estimations conjointes UNICEF/OMS/Banque mondiale de la malnutrition infantile. L’UE a appelé à la promotion de la collaboration entre les institutions au niveau des pays. Le Brésil a appelé à des orientations pour aligner les indicateurs nationaux avec les indicateurs mondiaux. Le GRULAC a souligné la nécessité de renforcer les systèmes nationaux de statistique. L’Afghanistan s’est renseigné sur les contributions potentielles d’autres organismes, y compris les institutionsrégionales et l’Agence des États-Unis pour le développement international, et a suggéré de hiérarchiser les pays pour l’inclusion et la collecte de données. Les États-Unis ont soutenu les processus qui reflètent les données les plus actualisées. Le Soudan a demandé d’accorder une attention à l’impact du changement climatique et de la désertification sur le retard de croissance et la malnutrition. L’OMA a appelé à l’implication des agriculteurs dans l’élaboration des indicateurs et le suivi des progrès.

Soulignant une vague de méga-fusions imminente dans le secteur de l’agro-chimie, qui aboutirait à une situation où trois sociétés contrôlent 60% des ventes mondiales de semences commerciales et 71% des ventes de pesticides, le MSC a proposé d’examiner de toute urgence son impact sur la sécurité alimentaire, au cours d’un intervalle de temps disponible dans le programme de la plénière. En réponse, les États-Unis, l’UE et la Fédération de Russie ont exprimé des préoccupations concernant le manque de préparation et le contournement des règles de procédure. L’Australie, rejointe par le Canada et l’Argentine, a suggéré la tenue d’une discussion informelle sur les méga-fusions. L’Islande a souligné la nécessité de créer àl’avenir un espace pour permettre à la plénière de débattre des questions émergentes. Mercredi, la Présidente du CSA Gornass a précisé que le débat sur les méga-fusions serait organisé comme une manifestation du MSC.

ÉVALUATION DU CSA

Vendredi après-midi, la plénière a entendu un rapport d’étape sur l’évaluation de l’efficacité du CSA, présenté par la responsable de l’évaluation du CSA, Angela Bester. Bester a: accueilli favorablement les suggestions, en soulignant que l’évaluation est indépendante; mis l’accent sur les efforts visant à parler à un éventail aussi large que possible de personnes; et souligné le soutien des RBA, du MSC et du MSP. Elle a conclu que l’équipe d’évaluation achèvera ses travaux au début de 2017 et proposera des recommandations, mais que la responsabilité de la décision incombe au CSA.

L’Équateur a souligné le rôle des gouvernements et leurs responsabilités envers leurs citoyens, et a suggéré que cela soit inclus dans l’évaluation des processus de participation du CSA. L’UE a déclaré que l’évaluation peut aider le CSA à s’ajuster dans le cadre du Programme 2030 et de l’Accord de Paris, et à hiérarchiser les activités. Le Bangladesh a recommandél’implication des populations au niveau communautaire. Le MSC a souligné que l’évaluation garantit un espace et une voix pour ceux qui sont les plus touchés par l’insécurité alimentaire, le rôle central de l’approche des droits de l’homme, et l’inclusion des questions et des défis émergents liés aux conflits d’intérêts.

QUESTIONS DIVERSES

Vendredi après-midi, la plénière a approuvé le Brésil et le Mexique en tant que nouveaux membres du Bureau pour le GRULAC, avec l’Argentine et l’Équateur en tant que suppléants; et l’Allemagne en tant que nouveau membre pour la région européenne, avec l’Italie en tant que suppléant.

La Secrétaire du CSA Fulton a annoncé que la CSA 44 se tiendra du 9 au 13 octobre 2017 àRome. Elle a indiqué que la participation aux réunions du CSA a enregistré une augmentation de près de 450 personnes depuis la CSA 41.

Le Président du Comité de rédaction, Matthew Hooper (Nouvelle-Zélande), a présenté le rapport de la réunion (CFS 2016/43 DRAFT REPORT) qui a été adopté par acclamation.

La FAO a salué le fait que le CSA « ouvre de nouveaux terrains de connaissances » sur la sécurité alimentaire et la nutrition, et utilise un « modèle qui fonctionne dans le système des Nations Unies ».

Pour ce qui est de la participation, le MSC a demandé au CSA de se pencher sur la confusion autour desrôles des participants et des observateurs, de préciser les modalités de participation du secteur privé au CSA, et d’élaborer des garanties solides contre les conflits d’intérêts. Le Libéria a demandé instamment aux pays de se concentrer sur la mise en œuvre et le suivi.

La Présidente du CSA Gornass a clos la réunion à 16h04.

RÉUNIONS A VENIR

Septième Conférence internationale sur les statistiques agricoles: La conférence se tiendra sur le thème « Modernisation des statistiques agricoles à l’appui du programme de développement durable ».  dates: 26-28 octobre 2016  lieu: Rome, Italie  contact: Kafka Caprazli, FAO  téléphone: +39-6-570-54916  email: [email protected]  www: http://icas2016.istat.it/

Quatrième session du GTCNL du CSA sur la nutrition: Le GTCNL examinera projet de rapport du HLPE sur la nutrition et les systèmes alimentaires.  dates: 4 novembre 2016  lieu: Rome, Italie  contact: Secrétariat du CSA  email: [email protected] www: http://www.fao.org/cfs/workingspace/fr/

Conseil de la FAO: La 155e session ordinaire du Conseil traitera des questions administratives et financières.  dates: 5-9 décembre 2016  lieu: Rome, Italie  contact: Division du Conseil et des affaires protocolaires  téléphone: +39-6-570-57051  email: [email protected] www: http://www.fao.org/about/meetings/council/cl155/documents/fr/

Colloque international pour des systèmes alimentaires durables au service d’une alimentation saine et d’une meilleure nutrition: Co-organisé par l’OMS et la FAO, et en tant que suivi de la 2e Conférence internationale sur la nutrition, le colloque se concentrera sur: les politiques de l’offre et les mesures visant à accroître l’accès à une alimentation saine; les politiques axées sur la demande et les mesures visant à accroître l’accès et àpermettre aux consommateurs de choisir une alimentation saine; et les mesures visant à renforcer la responsabilité, la résilience et l’équité au sein du système alimentaire.  dates: 1er et 2 décembre 2016  lieu: Rome, Italie  contact: OMS  email: [email protected] www: http://www.fao.org/about/meetings/sustainable-food-systems-nutrition-symposium/about-the-symposium/fr/

Sixième session du GTCNL du CSA sur les ODD: Cette session travaillera sur la contribution du CSA à la réunion de 2017 du FPHN.  date: 10 janvier 2017  lieu: Rome, Italie  contact: Secrétariat du CSA  email: [email protected] www: http://www.fao.org/cfs/workingspace/fr/

Forum mondial pour l’alimentation et l’agriculture, édition 2017: Organisé par le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture de l’Allemagne, ce forum se concentre sur les questions centrales concernant l’avenir de l’industrie agroalimentaire mondiale. Le thème de 2017 est « L’agriculture et l’eau: la clé pour nourrir le monde ».  dates: 19-21 janvier 2017  lieu: Berlin, Allemagne  contact: Secrétariat GFFA  email: [email protected] www: www.gffa-berlin.de

Seizième session de la Commission des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture: La CRGAA 16 abordera, entre autres, la préparation des rapports sur l’état de la diversité biologique mondiale pour l’alimentation et l’agriculture et l’état des ressources génétiques aquatiques dans le monde pour l’alimentation et l’agriculture, ainsi que son programme de travail sur le changement climatique.  dates: 30 janvier - 3 février 2017  lieu: Rome, Italie  contact: Secrétariat de la CRGAA  email: [email protected] www: http://www.fao.org/nr/cgrfa/cgrfa-home/fr/

Cinquième session du GTCNL du CSA sur la nutrition: Le GTCNL examinera le programme de travail de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition.  date: 2 février 2017  lieu: Rome, Italie  contact: Secrétariat du CSA  email: [email protected] www: http://www.fao.org/cfs/workingspace/fr/

40e session du Conseil d’administration du FIDA: Cette session désignera un nouveau président qui entrera en fonction le 1er avril 2017 pour un mandat de quatre ans.  dates: 14-15 février 2017  lieu: Rome, Italie  contact: FIDA  email: [email protected] www: https://www.ifad.org/who/president/tags/2109081

Première session du GTCNL du CSA sur l’urbanisation et la transformation des zones rurales: Le GTCNL examinera la compilation des expériences et des approches politiques pour aborder la sécurité alimentaire et la nutrition dans le contexte de la dynamique rurale-urbaine en évolution.  date: 11 mai 2017  lieu: Rome, Italie  contact: Secrétariat du CSA  email: [email protected] www: http://www.fao.org/cfs/cfs-home/fr/

CSA44: La 44e session du CSA abordera, entre autres questions, la mobilisation au service de la nutrition et du Programme 2030, et le suivi des décisions du CSA.  dates: 9-13 octobre 2017  lieu: Rome, Italie  contact: Secrétariat du CSA  email: [email protected] www: http://www.fao.org/cfs/cfs-home/fr/