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Bulletin de l’AFRP

Volume 141 Number 8 | Lundi, 28 novembre 2016


Sixième Réunion de la Plate-forme régionale africaine et Cinquième Réunion de haut niveau sur la réduction des risques de catastastrophe

22-25 novembre 2016 | Port Louis, Maurice


Langues: EN (HTML/PDF) FR (HTML/PDF)
Visitez notre couverture ENB+/IISD depuis Port Louis, Maurice at: http://enb.iisd.org/isdr/afrp6drr6/

La Sixième Réunion de la Plate-forme régionale africaine et la Cinquième Réunion de haut niveau sur la réduction des risques de catastrophe (RRC) se sont tenues à Balaclava, Île Maurice, du 22 au 25 novembre 2016. Des représentants de 47 pays, ainsi que des participants issus d’organisations intergouvernementales et non gouvernementales étaient présents à cette réunion.

La Sixième Réunion de la Plate-forme régionale africaine qui a eu lieu du 22 au 24 novembre s’est concentrée sur l’amélioration de la compréhension des risques de catastrophe, l’amélioration de la gouvernance des risques de catastrophe, le renforcement de la résilience nationale et régionale, l’amélioration de la préparation aux catastrophes et l’établissement d’un lien entre le Cadre de Sendai sur la RRC et l’Afrique, par le biais d’un Programme de travail africain.

La Cinquième Réunion de haut niveau sur la RRC s’est tenue le 25 novembre et a adopté les résultats de la Plate-forme. Les Ministres et les représentants de haut niveau ont examiné et approuvé le Programme d’action pour la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la RRC 2015-2030 en Afrique, et la Déclaration de Maurice sur la mise en œuvre du Cadre de Sendai en Afrique.

Le Programme d’action comprend des objectifs spécifiques sur: l’augmentation du nombre de pays ayant intégré la RRC dans leurs systèmes éducatifs; l’intégration croissante de la RRC dans les cadres régionaux et nationaux de développement durable et d’adaptation au climat; l’élargissement de la portée et du nombre de sources internes de financement de la RRC; l’accroissement du nombre de pays disposant de plans de préparation informés sur les risques; l’accroissement significatif du nombre de réseaux régionaux de gestion des connaissances et de renforcement des capacités.

Après une brève introduction à l’historique de la réduction des risques de catastrophe, le présent rapport donne un aperçu des discussions qui ont eu lieu au cours des deux réunions.

BREF HISTORIQUE DE LA RÉDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE

Les catastrophes naturelles telles que les inondations, les sécheresses, les tremblements de terre et les tsunamis, sont de plus en plus fréquentes et intenses, et exercent un impact de plus en plus important sur les populations et les communautés. Cette situation est exacerbée par une planification médiocre, par la pauvreté et par un éventail d’autres facteurs sous-jacents qui créent des conditions de vulnérabilité se traduisant par des capacités insuffisantes pour faire face aux risques naturels et aux catastrophes. L’action visant à réduire les risques a pris une importance grandissante dans l’agenda international et est considérée par beaucoup comme essentielle pour la réussite des efforts de développement durable et pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).

La RRC englobe toutes les politiques, les stratégies et les mesures susceptibles de rendre les populations, les villes et les pays plus résilients face aux dangers, et de réduire les risques de catastrophe et la vulnérabilité. Reconnaissant que les catastrophes naturelles peuvent poser une menace inattendue pour quiconque, le système de la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes de l’ONU (UNISDR) s’appuie sur des partenariats et sur une approche globale de réduction des catastrophes, et cherche à impliquer chaque individu et chaque communauté dans les efforts visant à réaliser les objectifs de réduction des pertes de vies, des revers socio-économiques et des dommages causés à l’environnement par les catastrophes naturelles. Le rapport qui suit met l’accent sur l’élaboration d’un programme international de la RRC.

PREMIÈRE CONFÉRENCE MONDIALE SUR LA PRÉVENTION DES CATASTROPHES: Cette réunion qui a eu lieu en 1994 à Yokohama, au Japon, a adopté la Stratégie de Yokohama pour un monde plus sûr, et son Plan d’action. La Stratégie de Yokohama a établi les lignes directrices devant encadrer l’action de prévention, de préparation et d’atténuation des risques de catastrophe. Ces lignes directrices étaient basées sur des principes d’évaluation des risques, de prévention des catastrophes et la préparation; la capacité de prévenir, de réduire et d’atténuer les catastrophes; et l’alerte précoce. La stratégie stipulait aussi que la communauté internationale doit partager les technologies de prévention, de réduction et d’atténuation des catastrophes, et faire montre d’une forte volonté politique dans le domaine de la prévention des catastrophes.

STRATÉGIE INTERNATIONALE POUR LA PRÉVENTION DES CATASTROPHES: Àsa 54eréunion tenue en 1999, l’AGNU a décidéd’établir la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes (SIPC), un Secrétariat inter-agences et un Groupe de travail inter-agences sur la prévention des catastrophes (GTIA/PC), chargésde la mise enœuvre de la SIPC (résolutions 54/219 et 56/195, respectivement). Parmi les tâches qui lui ontétéassignées, le GTIA/PC aétéchargéd’organiser des réunions ad hoc d’experts sur les questions liéesàla prévention des catastrophes.

DEUXIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LA PRÉVENTION DES CATASTROPHES: La deuxième CMPC s’est dérouléedu 18 au 22 janvier 2005àKobe, au Japon. Les 168États participantàla conférence ont adoptéle Cadre d’action deHyogo pour 2005-2015: Renforcement de la résilience des nations et des communautés face aux catastrophes (CAH), et la Déclaration de Hyogo. L’AGNU a approuvé le CAH dans la résolution 60/195, et a engagé les gouvernements à assurer la mise en œuvre de cinq mesures prioritaires pour: faire de la RRC une priorité nationale et locale dotée d’une base institutionnelle solide pour la mise en œuvre; identifier, évaluer et surveiller les risques de catastrophe et renforcer l’alerte précoce; utiliser les connaissances, l’innovation et l’éducation pour instaurer une culture de sécurité et de résilience à tous les niveaux; réduire les facteurs de risque sous-jacents; et améliorer la préparation aux catastrophes pour une réponse efficace à tous les niveaux.

PLATE-FORME MONDIALE POUR LA RRC: En 2006, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a lancéun processus de consultation pour examiner les moyens concrets de renforcer le système de la SIPC, afin d’aider les gouvernementsàhonorer leurs engagements concernant la mise enœuvre du CAH. Ce processus visait principalementàélargir la participation des gouvernements et des organisations, àrehausser la visibilitéde la prévention des catastrophes, etàconstruire un effort international plus cohérent pour soutenir les activitésnationales de prévention des catastrophes. La Plate-forme mondiale pour la RRC aétéétablie en tant que successeurélargi et réformédu GTIA/PC, destinéàservir comme principal forum multipartite pour toutes les parties impliquées dans la RRC, afin d’assurer la sensibilisation sur la RRC, àfaciliter le partage d’expériences etàencadrer le système de la SIPC.

La Première réunion de la Plate-forme mondiale a eu lieu du 5 au 7 juin 2007 à Genève, en Suisse, et comprenait un dialogue de haut niveau sur les défis et les opportunités de la RRC, une série d’ateliers sur la RRC en tant que priorité nationale, et sur l’intégration de la RRC aux programmes sectoriels, ainsi que des séances sur l’évaluation et la mise en œuvre du CAH.

La Deuxième réunion de la Plate-forme mondiale s’est déroulée du 16 au 19 juin 2009 à Genève, en Suisse, et les participants se sont concentrés sur l’augmentation de l’investissement dans la RRC, sur la prévention des catastrophes dans un climat changeant et sur le renforcement de la capacité de résilience des communautés par une action préventive.

La Troisième réunion de la Plate-forme mondiale a eu lieu du 8 au 13 mai 2011 à Genève, en Suisse. Les discussions ont porté essentiellement sur la reconstruction et la reprise, les finances de la RRC et les synergies avec l’agenda international du changement climatique et du développement.

La Quatrième réunion de la Plate-forme mondiale qui s’est déroulée du 19 au 23 mai 2013 à Genève, en Suisse, a offert la possibilité d’examiner l’état du CAH et d’encourager le partage d’informations entre les décideurs, les partenaires au développement, les experts et les professionnels.

EXAMEN À MI-PARCOURS DU CAH 2005-2015: L’Examen à mi-parcours publié en mars 2011 a abouti à la conclusion que des progrès sont en cours dans le domaine de la RRC, en particulier au plan institutionnel en ce qui concerne l’adoption d’une loi nationale, l’établissement de systèmes d’alerte précoce et l’amélioration de la préparation et de la réponse aux catastrophes. L’examen a soulevé des préoccupations concernant: l’absence d’évaluations systématiques des risques de catastrophes multiples et de systèmes d’alerte précoce, la prise en compte des vulnérabilités sociales et économiques; la faible intégration de la RRC dans les politiques et la planification du développement durable aux niveaux national et international; et le niveau insuffisant de la mise en œuvre du CAH au niveau local.

TROISIÈME CONFÉRENCE MONDIALE DES NATIONS UNIES SUR LA RRC: Cette réunion s’est tenue du 14 au 18 mars 2015àSendai, au Japon, et a adoptéle Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030. Le Cadre de Sendai vise à atteindre les résultats suivants au cours des 15 prochaines années: une réduction significative des risques de catastrophe et des pertes de vies, des moyens de subsistance et de santé, ainsi que des actifs économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux des personnes, des entreprises, des communautés et des pays. La réalisation de ces objectifs devrait se faire à travers la mise en œuvre de quatre priorités d’action (comprendre le risque de catastrophe; renforcer la gouvernance des catastrophes; investir dans la RRC; et améliorer la préparation aux catastrophes pour une intervention efficace, et pour « mieux reconstruire » dans le contexte de la reprise, de la réhabilitation et de la reconstruction), pour pouvoir atteindre un ensemble de sept objectifs mondiaux. 

PLATES-FORMES RÉGIONALES: Les organisations intergouvernementales régionales prennent de plus en plus la responsabilité d’assurer le suivi des activités de prévention des risques, en organisant une série de plates-formes régionales multipartites pour la RRC.

En Afrique, la Plate-forme régionale pour l’Afrique est un forum biennal qui rassemble les États membres, les organisations intergouvernementales et les partenaires au développement. La Quatrième Réunion de haut niveau sur la RRC s’est tenue du 21 au 22 juillet 2015 à Yaoundé, Cameroun, à la suite de la Septième Réunion du Groupe de travail africain sur la RRC. La réunion a adopté la Déclaration de Yaoundé sur la mise en œuvre du Cadre de Sendai en Afrique, qui invite les membres de l’UA et les Communautés économiques régionales à harmoniser leurs stratégies, leurs programmes et leurs actions avec le Cadre de Sendai, et à assurer une large diffusion aux niveaux régional, sous-régional, national et infranational du Cadre de Sendai, de la Stratégie régionale de l’Afrique et du Programme d’action sur la RRC.

RAPPORT DE LA SIXIÈME RÉUNION DE LA PLATE-FORME RÉGIONALE AFRICAINE

CÉRÉMONIE D’OUVERTURE

Mardi le 22 novembre, Khemraj Servansingh, responsable du Centre national de réduction et de gestion des risques de catastrophe (RRC), Maurice, a souhaité la bienvenue aux délégués, notant que Maurice est classé au 13e rang mondial en termes de risques de catastrophe. Il a déclaré que le pays est passé d’une « culture de riposte » àune culture de RRC grâceàune loi nationale sur la RRC etàune harmonisation des politiques avec le Cadre de Sendai. Il a indiquéque les trois objectifs de la réunion sont lessuivants: examiner les progrès du Cadre de Sendai en Afrique; examiner et convenir d’un programme d’action de l’Afrique conformément au Cadre de Sendai; et discuter et convenir de la position de l’Afrique concernant la Cinquième Plate-forme mondiale sur la RRC prévue au Mexique en 2017.

Jorge Cardoso, de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), a souligné l’importance de la RRC dans la région de la SADC à la lumière de la sécheresse actuelle qui touche 41 millions de personnes et laisse beaucoup d’entre elles dans un besoin d’aide alimentaire immédiate. Il a mis en exergue l’engagement de la SADC en matière de RRC et a déclaré que cette réunion devrait encourager le partage des bonnes pratiques, renforcer la coordination et mobiliser les engagements pour la RRC dans l’ensemble du Continent.

Robert Glasser, Représentant spécial du Secrétaire général (RSSG) de l’ONU pour la RRC, a déclaré que l’urgence humanitaire provoquée par des catastrophes et à laquelle l’Afrique fait face, est exacerbée par le changement climatique. L’action au niveau local, a-t-il ajouté, sera cruciale et les plans de RRC aussi bien au niveau local que national devront être renforcés tout en assurant la complémentarité. Il a salué le travail accompli par l’Afrique dans la mise en place du Cadre de Sendai, en particulier sur les infrastructures sanitaires résilientes, et a appelé à un alignement plus étroit de la RRC avec les services de santé publique. Il a reconnu la croissance démographique de l’Afrique comme une opportunité pour repenser la gestion des risques urbains.

Olushola Olayide, de la Commission de l’Union africaine (CUA), a souligné la sécheresse actuelle comme une autre raison pour laquelle la RRC en Afrique ne peut être négligée. Elle a félicité les 24 pays africains qui ont ratifié l’Accord de Paris, et a exhorté toutes les délégations à développer des projets de RRC susceptibles de bénéficier du financement disponible.

Marie Roland Alain Wong Yen Cheong, Ministre de l’environnement, du développement durable et de la gestion des catastrophes et des plages de Maurice, a souligné que la mise en œuvre rapide du Cadre de Sendai est essentielle pour la réalisation de l’Agenda du développement durable (Agenda 2030). Il a souligné les efforts de Maurice visant à améliorer la RRC, notamment la création d’un centre national pour l’encadrement des catastrophes, et l’intégration de la RRC à tous les niveaux de la société. Il a mis l’accent sur la nécessité d’harmoniser le Cadre d’action africain avec le Cadre d’action de Sendai, afin d’envoyer un message clair que la RRC est une priorité pour l’Afrique.

Souhaitant une collaboration fructueuse aux délégués, il a déclaré la réunion ouverte, et a pris note de la nomination de la communauté économique régionale (CER) et d’une partie prenante, au comité de rédaction.

Amjad Abbashar, Directeur régional de l’UNISDR pour l’Afrique, a présenté un résumé de l’état de la RRC en Afrique, notant que l’Afrique est le Continent le plus souvent confronté aux inondations, aux épidémies et aux sécheresses. Il a déclaré que bien que les pays ne cessent de faire des progrès en matière d’alerte précoce et de préparation, et que les CER fassent un bon travail, il reste des défis à relever, notamment: le manque de sensibilisation; l’insuffisance des données; et l’insuffisance des ressources humaines et financières. Basabea présentéles facteurs de risque de catastrophe, notamment: le changement climatique; l’urbanisation mal planifiée; la dégradation de l’environnement; la pauvreté et l’inégalité; et la vulnérabilité et les conflits.

Animesh Kumar, de l’UNISDR, a présenté un résumé du document final qui comprend une matrice de 16 pages sur chaque priorité d’action et qui devrait être adopté le dernier jour de la réunion. Il a déclaré que la Plate-forme offre aux délégués la possibilité de situer l’Afrique dans le contexte mondial du Cadre de Sendai.

SÉANCES PLÉNIÈRES

COMPRENDRE LE RISQUE DE CATASTROPHE: Robert Glasser a animé cette séance du mercredi matin en soulignant dans ses observations liminaires que l’ampleur des dégâts et des pertes est relativement inconnue sur le plan financier, et est généralement très sous-estimée. Il a appelé à: la cohérence dans l’ensemble de l’Agenda 2030; la coopération intersectorielle; des systèmes de partage et d’évaluation de preuves de risques multiples; la planification du développement fondée sur des preuves factuelles; et à l’établissement dans tous les pays, des bases de données standardisées sur les sinistres.

Ailsa Holloway, de Peri Peri U, a souligné la nécessité d’intégrer les différents domaines du savoir, et l’importance des nouveaux risques de catastrophe et des programmes de santé publique dans les établissements d’enseignement supérieur d’Afrique. Elle a noté que le risque de catastrophe en Afrique est « diversifié et très exigeant » et a appelé à un renforcement réfléchi des capacités de gestion et d’anticipation des risques émergents.

Wadid Erian, de la Ligue des États arabes (LAS), a fait une présentation sur la sécheresse et sur la communication avec les décideurs, citant en exemple l’Égypte où les bureaucrates à l’échelle nationale travaillent avec les communautés locales pour discuter des risques de catastrophe, non seulement du point de vue technique, mais aussi pratique. Le fait que les compagnies d’assurance ne disposent pas de politique en matière de sécheresse, a-t-il déclaré, souligne les difficultés de modélisation du risque de sécheresse.

Katie Peters, de l’Institut de développement d’outre-mer, a parlé de la nécessité de cohérence dans l’ensemble de l’Agenda 2030, y compris le Cadre de Sendai et l’Accord de Paris. Elle a déclaré que les différents cadres d’action sont interdépendants et présentent des points communs importants, qui devraient être considérés comme des opportunités et non comme un chevauchement.

Xavier Chavana, du Ministère de l’économie et des finances du Mozambique, a présenté la façon dont les données de RRC ont informé la politique de ce pays sur le risque. Il a expliqué que diverses informations relatives aux risques, y compris les expériences de catastrophes antérieures, sont utilisées pour renforcer la sensibilisation des décideurs. Il a souligné les priorités, notamment: les informations météorologiques et hydrologiques pertinentes; le renforcement des capacités institutionnelles; la mise en place d’un cadre juridique/politique approprié; et l’identification des secteurs les plus à risque.

Le débat qui a suivi a porté sur: la mise à profit de la communauté universitaire pour le traitement de la question de RRC; le manque de financement pour les étudiants de troisième cycle en RRC; l’intégration de la RRC dans les programmes universitaires et dans des secteurs tels que l’agriculture; la mobilisation des ressources pour la RRC; et la compilation et la diffusion des meilleures pratiques en matière de RRC.

En réponse à la question du financement, Holloway a souligné que le plus grand obstacle au développement du capital humain stratégique est le manque de ressources pour la recherche post-universitaire. Pour ce qui est de la mobilisation des ressources, Chavana a souligné la nécessité d’une solide stratégie nationale de financement de la RRC. Erian a proposé l’établissement d’un lien de vulnérabilité sociale pour renforcer la résilience et pour améliorer la compréhension des lacunes dans la RRC. Concernant les meilleures pratiques, Peters a déclaré que les groupes de travail d’experts relevant des cadres internationaux doivent conjuguer leurs efforts pour assurer la cohérence.

Les participants ont en outre souligné: l’importance de la ventilation des données pour faciliter l’élaboration des politiques efficaces et ciblées; la nécessité des lois; et l’engagement communautaire comme catalyseur pour faire face aux catastrophes. Dans leur réponse, les panélistes ont souligné: l’importance de l’application des lois; et la nécessité de parler de cohérence, mais d’être conscient de la « fatigue de l’intégration de la fatigue ».

RENFORCER LA GOUVERNANCE DES RISQUES DE CATASTROPHE POUR MIEUX GÉRER LES RISQUES DE CATASTROPHE: Mercredi matin, Olushola Olayide de la CUA, a animé la séance plénière. Il a déclaré que les principaux objectifs comprennent: le partage des enseignements tirés et des bonnes pratiques en matière de gouvernance des risques de catastrophe dans l’ensemble de l’Afrique; l’élaboration des recommandations visant à accélérer la mise en œuvre du Cadre de Sendai en Afrique; et l’identification des voies et des moyens d’améliorer la gouvernance des risques de catastrophe.

Martin Owar, de l’Ouganda, a déclaré que la RRC est une composante du développement et devrait être incluse dans les programmes de croissance économique. Il a expliqué le travail effectué par l’Ouganda pour améliorer la gouvernance de la RRC en: impliquant le Premier ministre; créant une plate-forme ministérielle qui se réunit tous les mois; utilisant le Bureau des statistiques pour fournir des informations normalisées nécessaires à la planification économique et à la gestion des risques de catastrophe; et en créant un forum parlementaire sur la RRC.

Jean Baptise Havugimana, de Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), a attiré l’attention sur la prolifération des lois nationales sur la RRC, mais a ajouté qu’elles ne sont pas harmonisées sur l’ensemble du Continent. Sur la question de savoir pourquoi la loi sur la gestion des risques de catastrophe n’a pas été jugée prioritaire en Afrique, il a suggéré que la RRC est habituellement considérée comme un problème humanitaire géré par des organisations humanitaires.

Shahira Wahbi, de la LAS, a déclaré que la gouvernance des risques de catastrophe ne peut être efficace sans une bonne information, sans indicateurs appropriés et un moyen d’évaluer l’efficacité. S’agissant du financement de la RRC, elle a déclaré qu’« il existe une volonté politique, mais, un manque de compétence politique. Elle a souligné que les défenseurs doivent convaincre les ministères que la RRC est une priorité, en expliquant en termes d’argent économisé grâce à la préparation et à la gestion des risques.

Majid Shangab, représentant de Children and Youth, a décrit les jeunes comme une ressource sous-utilisée et a souligné la nécessité de combler le fossé entre les jeunes et les décideurs par le biais d’une gouvernance participative. Shangab a déclaré que les jeunes sont novateurs par nature et captent avec enthousiasme les nouvelles technologies, et a souligné leur utilisation des médias sociaux pour évaluer l’impact des catastrophes.

Patrick Kangwa, de la Zambie, a exprimé sa gratitude à la SADC pour son soutien à diverses interventions de la RRC en Zambie, et a souligné la nécessité de structures horizontales et verticales pour la RRC. Kangwa a indiqué que la Zambie dispose d’un Secrétaire permanent pour la RRC et que l’équipe zambienne de RRC fait partie des processus de planification du climat et des ODD à travers le bureau du Vice-président.

Au cours du débat qui a suivi, les participants ont abordé: les possibilités d’emploi pour les jeunes dans le secteur de la RRC; l’exploitation des sciences émergentes pour éclairer les politiques et les pratiques; l’implication des parlementaires dans la gouvernance de la RRC; et le rôle des femmes dans la gouvernance de la RRC.

INVESTIR DANS LA RRC POUR LA RÉSILIENCE: Mercredi après-midi, Abdirahin Abdi, de  l’Organisme de réglementation en matière d’assurance (Insurance Regulatory Authority), Kenya) a présidé le panel. Il a souligné la nécessité de promouvoir des mécanismes de transfert des risques de catastrophe afin de réduire les incidences financières sur les gouvernements et les communautés.

Julie Dana, du Groupe Banque mondiale, a noté que le coût des risques a été sous-estimé considérablement et que les impacts sur les pauvres sont beaucoup plus graves qu’on ne l’a pensé. Elle a souligné que les modèles de risque sont encore difficiles à utiliser, que le risque doit être évalué et qu’il existe une convergence croissante des risques, et une interdépendance de tous les secteurs.

Erin Tressler, de l’African Risk Capacity, a parlé de trois domaines de travail sur: la modélisation des risques; la planification de l’urgence; et les structures du transfert de risque. La représentante a déclaré que les investissements dans la RRC et dans les mesures de protection doivent prendre en compte les coûts susceptibles d’être encourus au cas où les investissements dans la résilience subiraient un choc, et a souligné que le financement du risque de catastrophe consiste aussi à planifier ce qui va se passer dans l’avenir, et à faire des choix éclairés en investissement. 

Luther Bois Anukur, de l’UICN, a observé que le Cadre de Sendai offre une optique différente pour examiner la RRC en privilégiant une approche multipartite, ainsi que le rôle des écosystèmes dans la RRC. Il a déclaré que: l’augmentation des investissements dans la gestion des écosystèmes entraine de meilleurs résultats sur le bien-être, l’alimentation, la santé et la réduction de la pauvreté; et que les investissements dans les infrastructures vertes sont moins coûteux que les investissements dans les infrastructures grises.

Bilal Anwar, de Commonwealth Climate Finance Hub, a fait remarquer que la science des impacts du changement climatique gagne en crédibilité. Elle a déclaré qu’il existe un besoin financier énorme aussi bien pour l’atténuation que pour l’adaptation, que les institutions financières travaillent à résoudre. Anwar a expliqué que son institution aide les pays à accéder au financement de l’action contre les changements climatiques et fournit une assistance pour le renforcement institutionnel et des capacités.

Abdi a souligné l’absence de souscription d’assurance en Afrique en raison du manque de sensibilisation et de confiance. Les participants ont posé des questions sur: la modélisation des risques de sécheresse et l’évaluation du coût des pertes, en vue d’établir les primes d’assurance; les paiements pour les services écosystémiques; la manière dont l’assurance prend en compte le choc psychologique; la différence entre le travail de l’Africa Risk Capacity et le travail de la Banque mondiale en matière d’assurance; et la capacité des pays à gérer leurs systèmes d’assurance. 

Tressler a déclaré que le risque de sécheresse peut être modélisé en examinant les données historiques des précipitations et en les appliquant à un indice des effets des déficits hydriques sur les rendements des cultures. Dana a indiqué que la Banque mondiale envisage le développement d’outils complémentaires pour l’assurance, tels que les prêts conditionnels et les subventions.

Répondant aux questions des participants au cours du débat qui a suivi, les experts ont souligné que dans les pays développés, les produits d’assurance sont élaborés pour des centaines d’années. La mise en place d’un plan et d’un fonds régionaux communs de RRC pour l’adaptation aux changements climatiques a également été suggérée.

AMÉLIORER LA PRÉPARATION POUR INTERVENIR DE MANIÈRE EFFICACE, ET POUR « MIEUX CONSTRUIRE » DURANT LA PHASE DE REPRISE, DE RÉHABILITATION ET DE RECONSTRUCTION: Cette séance qui a eu lieu jeudi, a été animée par Jorge Cardoso de la SADC qui a souligné, dans ses observations liminaires la nécessité de renforcer la préparation de la réponse aux catastrophes. Il a invité les experts à examiner: le niveau actuel de préparation en Afrique; les bonnes pratiques; les moyens d’améliorer la préparation; et les moyens efficaces pour appuyer la mise en œuvre du Cadre de Sendai dans le contexte de la préparation.

Aida Mengitsu du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a décrit la situation humanitaire difficile en Afrique de l’Est où les personnes touchées par les catastrophes vivent dans une extrême pauvreté, souvent dans des zones instables où règne l’insécurité. Elle a souligné l’insuffisance de l’assistance financière humanitaire qui fait que 40% seulement des besoins sont couverts dans cette région. Elle a demandé: de transcender le fossé entre le développement humanitaire et le renforcement de la coordination; la mise en place de systèmes prévisibles et hiérarchisés de gestion des risques de désastre et d’intervention; des structures de responsabilisation claires et hiérarchisées dans les budgets officiels; et le renforcement des structures et des institutions locales en tant que « première ligne de réponse ».

Justus Kabyemera, du fonds spécial Climdev-Afrique, dans le Groupe Banque africaine de développement, a présenté le travail du Fonds spécial dont le but est de soutenir les centres climatiques régionaux et continentaux, ainsi que son travail dans l’harmonisation des centres météorologiques nationaux pour l’échange d’informations.

Khemraj Servansingh, de Maurice, a présenté les plans de préparation et d’intervention en cas de catastrophe du gouvernement mauricien qui comprennent: une loi sur la réduction et la gestion des risque de catastrophe qui prévoit un Conseil national de RRC et de gestion des risques de catastrophe; un Centre national des opérations d’urgence; des programmes de formation pour permettre aux leaders locaux de devenir les premiers intervenants; un calendrier national de simulation des catastrophes; et un système d’alerte rapide. Il a souligné l’importance de « l’auto-assistance, de l’entraide et de l’aide publique » dans lesquelles les individus et les communautés sont formés pour s’aider eux-mêmes en temps de catastrophe pendant qu’ils attendent l’aide publique, dont l’arrivée peut prendre jusqu’à trois jours.

Prem Goolaup, de Maurice, a souligné que le niveau de la mer augmente de 10 mm par an à Maurice, et a expliqué que l’objectif du Gouvernement est de renforcer la résilience des communautés côtières. Il a présenté les activités exécutées en partenariat avec le PNUD, notamment l’installation d’une armure de roche à Grand Baie, la plantation des mangroves et la reconstitution des crêtes de la plage. 

Youcef Ait-Chellouche, de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a déclaré que tout plan de RRC exige une procédure d’exploitation normalisée (SOP) correspondante qui définit les rôles et les responsabilités pour sa mise en œuvre. Il a souligné l’importance des compagnies d’assurance, notant que dans les pays développés, les assurances constituent un cadre efficace de transfert des risques, mais qu’elles sont moins répandues dans les pays en développement. Ait-Chellouche a conclu en déclarant que la Fédération joue un rôle auxiliaire parallèlement au gouvernement et que son rôle est de servir les collectivités. Il a exhorté les gouvernements à en faire usage.

Le débat qui a suivi a porté sur la participation des parties prenantes à tous les niveaux pour traiter les questions critiques de la RRC. La nécessité de développer des SOP pour déclencher la participation des parties prenantes spécifiques a également été abordée. Un participant a appelé à la domestication des lois internationales sur la RRC pour faciliter la circulation des marchandises et du personnel afin de répondre efficacement à des risques spécifiques. Le rôle du secteur privé dans la gestion des risques de catastrophe a également été examiné et il a été suggéré que pour les inclure, il faut les reconnaître, les intégrer et les respecter.

RÉSULTATS PROVISOIRES: Alain Wong, de Maurice, a animé la séance et a démarré en invitant les Grands Groupes à faire des déclarations. Les autorités locales ont souligné que les villes sont en mesure de collaborer plus activement sur les questions de résilience urbaine, d’échange des connaissances, de meilleures pratiques et de solutions novatrices, et que les politiques de la RRC doivent changer en fonction de l’évolution des catastrophes. La société civile a appelé à l’élaboration d’approches qui apportent un changement de comportement ciblant tous les groupes; les organisations de la société civile à une collaboration plus grande avec les gouvernements et les parlementaires pour soutenir la mise en œuvre de la RRC; et les organisations de la société civile et les gouvernements à collaborer à la gestion des écosystèmes pour la RRC.

La représentante de Women a souligné le rôle des femmes dans la RRC axée sur les écosystèmes et a indiqué que les préoccupations liées aux questions de genre dans la RRC sont encore négligées en raison de l’insuffisance des budgets nationaux. Elle a appelé à: la ventilation des données par âge et par sexe; des investissements dans la résilience communautaire; et au renforcement des mécanismes de responsabilisation. Le représentant de Children and Youth a déclaré que les jeunes africains sont déterminés à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre du Cadre de Sendai, et a demandé: l’élaboration des cadres politiques qui tiennent compte des jeunes; l‘identification des facteurs de risque; et d’offrir aux jeunes plus de possibilités de leadership dans la gestion des risques de catastrophe (GRC). Les médias ont souligné leur rôle crucial dans la promotion des politiques de RRC, la diffusion des messages d’alerte précoce et la responsabilisation des gouvernements à l’égard des engagements. L’organisation Science et Technologie a appelé à l’augmentation des investissements dans les capacités et les compétences humaines en matière de GRC aux niveaux local, infra-national, régional et continental.

Programme d’action de l’Afrique (PoA): Jeudi, Khemraj Servansingh, Président du Comité de rédaction, a présenté les grandes lignes du mandat du Comité, ainsi que le contenu du projet de Programme d’action pour la mise en œuvre du Cadre de Sendai en Afrique. Wong a ensuite donné la parole aux participants pour des observations sur le PoA.

Au cours du débat qui a suivi, un participant a parlé de la nécessité d’ajouter du contexte en incluant dans le document les problèmes auxquels l’Afrique est confrontée actuellement. Le Kenya a demandé si des indicateurs seront élaborés pour les cinq cibles spécifiques à l’Afrique incluses dans le Programme d’action. Le Ghana a noté que la région Asie a institué un centre régional de préparation aux catastrophes et a suggéré la création d’un centre africain, dans le cadre des résultats du Programme d’action. Le représentant a également suggéré une mise à jour de la Stratégie régionale africaine de 2004, notant que le contexte régional a changé. Le Burkina Faso et l’Ouganda ont souligné l’importance de faire référence à la gestion des écosystèmes dans le Programme d’action. L’ONU-Habitat et Save the Children ont mis l’accent sur la nécessité de se concentrer sur la RRC en milieu urbain.

En conclusion, Wong a indiqué que le Comité de rédaction révisera le Programme d’action en tenant compte des interventions.

Déclaration: Khemraj Servansinga présentéle projet de déclaration de la Cinquième Réunion de haut niveau sur la RRC. Les participants ont proposédes changements et des ajouts mineurs, etServansing a indiqué qu’ils seront pris en compte.

Position de l’Afrique sur la Plate-forme mondiale 2017: Servansingh a souligné que la position de l’Afrique concernant la Plate-forme mondiale 2017, prévue en mai 2017, sera basée sur les résultats de la Sixième Plate-forme régionale africaine, et a pris note de la proposition de confier l’élaboration de la position de l’Afrique au Groupe de travail africain sur la RRC.

SÉANCES DE TRAVAIL

INTÉGRATION DE LA RRC ET DE LA SANTÉ: Cette séance qui s’est tenue mercredi après-midi, a permis aux participants d’examiner l’application de la composante santé du Cadre de Sendai en Afrique.

Fatimata Dia Sow, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a animé la séance. John Rogers, de la Sierra Leone, a déclaré que l’épidémie d’Ébola a été à la fois une catastrophe et une opportunité, car elle a mis en lumière la nécessité de mobiliser des ressources au-delà du secteur de la santé, et de travailler en coordination avec des personnes impliquées dans la GRC. Elle a parlé des changements positifs, notamment: davantage d’exercices de simulations nationales; le renforcement de la coordination ministérielle; la surveillance des risques pour les survivants d’Ébola; et l’amélioration des établissements de santé dans les zones frontalières.

Nsenga Nygoy, de l’Organisation mondiale de la santé, a déclaré que la santé devrait être intégrée dans toutes les politiques et les plans de RRC au niveau des pays, mais a souligné que l’intégration sans mise en œuvre ne suffit pas. Moins de 40% des pays africains intègrent la santé dans leurs évaluations des risques de catastrophe, a-t-il déclaré, ce qui indique un manque de leadership et de capacité.

Erick Ventura, de l’Organisation internationale pour les migrations, a déclaré qu’à la lumière du « siècle de la mobilité » actuel où une personne sur sept est un migrant, il faudrait renforcer les capacités, améliorer la prestation des services et la coordination transfrontalière. Le mouvement de masse des personnes, dit-il, comprend des groupes particulièrement vulnérables tels que les femmes et les jeunes enfants.

Gary Jones, du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), a souligné l’importance de la société civile et a déclaré qu’il y a beaucoup à apprendre en écoutant les personnes les plus vulnérables qui vivent en marge de la société et qui sont aussi les plus résilientes. Il a ajouté que les résultats de la recherche en santé doivent être convertis en connaissances pour une utilisation pratique, et que la RRC peut aider à éclairer cette science.

Au cours du débat qui a suivi, les participants ont fait des observations sur: la nécessité d’une intégration plus poussée du secteur de la santé; le rôle des guérisseurs traditionnels; et le plan multirisque du Mali.

UNE ONU FAVORABLE À LA RRC: Cette séance de travail présidée par Robert Glasser, RSSG, a eu lieu jeudi et a permis d’organiser une réflexion sur les réussites et les enseignements tirés de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et du Cadre de Sendai. Dans ses remarques préliminaires, Glasser a souligné l’importance de la coordination des Nations Unies pour la RRC. Il a ajouté que le Cadre de Sendai appelle les Nations Unies à soutenir la mise en œuvre de manière coordonnée et que le Conseil des Chefs de secrétariat du système des Nations Unies a accepté récemment le Plan d’action de l’ONU sur la RRC pour la résilience.

Solomon Munyua, du Centre pour le développement des zones pastorales et de l’élevage (ICPALD) de l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) a expliqué que l’ICPALD a travaillé avec les membres pour s’accorder sur les sept priorités de la RRC, et que les membres ont par la suite emprunté 660 millions de dollars auprès des banques de développement pour investir dans ces domaines prioritaires. Munyua a parlé de l’unité d’analyse de la résilience mise en place pour suivre les progrès de la résilience et a indiqué que les résultats montrent jusqu’à présent des améliorations.  

Najat Rochdi, Coordinatrice résidente des Nations Unies (CRNU) au Cameroun, a présenté les défis auxquels ce pays fait face, notamment, le débordement des cours d’eau et les impacts des conflits qui sévissent au Nigeria et en République centrafricaine provoquant d’importants mouvements migratoires. Elle a souligné que les gouvernements ont la responsabilité de résoudre les problèmes, et l’ONU celle de fournir un soutien. Rochdi a décrit les efforts que mènent les agences de l’ONU opérant au Cameroun pour coordonner les activités et partager les données. Elle a déclaré que ces données sont partagées mensuellement avec les ministères du Cameroun dans un tableau de bord convivial et qu’elles sont devenues indispensables pour la planification et la prise de décision en cas de catastrophe dans ce pays.

S’appuyant sur l’Île Maurice et les Seychelles à titre d’exemples, Simon Springett, CRNUàl’Île Maurice et aux Seychelles, a déclaréque les deux pays montrent ce qui se passe lorsqu’on privilégie les partenariats solides et que l’on soutient un programme à impact élevé. Il a souligné le développement du premier système d’alerte précoce contre les ondes de tempête en Afrique, situé à Maurice, et a déclaré que la mise en œuvre de l’initiative « Unis dans l’action » va au-delà des Nations Unies et exige le leadership du gouvernement, et des orientations politiques. Soulignant le rôle du financement climatique pour les deux pays, il a déclaré que l’aide publique au développement est en déclin et que l’accès à un financement diversifié basé sur la subvention est par conséquent vital. 

Au cours de la discussion qui a suivi, les participants ont débattu de: l’importance de respecter les compétences locales; l’impact des normes liées au genre sur la vulnérabilité; la politisation des données; et de la nécessité de mettre les savoir-faire en commun.

SUIVI DU CADRE DE SENDAI: Cette séance de travail s’est tenue jeudi et a été animée par Marc Gordon, de l’UNISDR, qui s’est félicité du nombre important des points focaux nationaux de la RRC présents. Il a déclaré qu’en Afrique, l’on observe un intérêt et engagement rapidement grandissants pour la compréhension et à la gestion des risques, ce qui a donné lieu à un vaste répertoire d’informations sur les risques de catastrophe au niveau national. Il a présenté un système de suivi potentiel pour le Cadre de Sendai, notant qu’il est conçu pour utiliser des indicateurs globalement comparables comme élément central de suivi au niveau national. Il a décrit la ventilation des données comme un moyen d’améliorer les possibilités de conversations crédibles avec les concitoyens. Il a parlé de l’inclusion des indicateurs de Sendai dans l’Agenda de 2030 en tant que « nouvelles règles du jeu » concernant la collecte et la normalisation des statistiques relatives aux catastrophes, ce qui n’était pas possible avec le CAH.

Patrick Kangwa, de la Zambie, a présenté l’expérience de la Zambie en matière de suivi et de mise en œuvre du CAH et du Cadre de Sendai, notant que, dans le cas du CAH, la Zambie n’utilisait pas tous les outils disponibles pour la gestion quotidienne des catastrophes et l’atténuation. La Zambie a changé de cap et s’est approprié l’élaboration du Cadre de Sendai, a-t-il déclaré, en engageant les dirigeants politiques du niveau le plus élevé. Il a évoqué l’importance des liens entre les indicateurs nationaux, les ODD et le Cadre de Sendai même.

Les discussions se sont poursuivies sur: l’appui de l’UNISDR aux CER pour mieux expliquer les indicateurs et les cibles; l’intégration des normes nationales au niveau international; les conséquences des dommages et des pertes pour les indicateurs; le suivi des échéanciers; les exigences en matière de rapport; les normes minimales en matière de données; la nécessité d’une bonne traduction des rapports; la distinction entre indicateurs et objectifs; et le soutien de l’UNISDR pour les exercices de simulation.

Gordon a parlé du travail encore à faire pour s’assurer que les données recueillies au niveau micro viennent systématiquement renforcer la surveillance et les rapports. Il a relevé l’écart entre les pays, dont certains disposent des environnements de données riches tandis que d’autres doivent encore les développer. Il a souligné que la principale responsabilité en matière de rapport incombe aux États, et non aux CER. Kangwa a répondu que les États membres devraient s’approprier le processus, depuis la collecte des données jusqu’à l’élaboration des indicateurs. Il a déclaré que les États auront certes besoin de soutien technique et de financement, mais que les points focaux des pays devraient s’employer à convaincre leurs gouvernements d’assurer la direction du processus. Il a décrit le Cadre de Sendai comme une excellente occasion de passer de la réactivité à la pro-activité.

ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX

JOURNÉE MONDIALE DE LA SENSIBILISATION AUX TSUNAMIS: Robert Glasser a animé cet événement spécial et a déclaré dans ses observations liminaires que l’Afrique dispose de 26 000 kilomètres de littoral et compte de nombreuses îles de basse altitude. Les tsunamis, a-t-il ajouté, sont un peu plus rares que d’autres catastrophes, mais ils forcent l’attention mondiale. La Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, le 5 novembre, constitue par conséquent une occasion de sensibiliser la population à la RRC.

Akiko Yamanaka, Ambassadrice spéciale pour la Journée mondiale de sensibilisation aux Tsunamis, Japon, a présenté un historique détaillé des lourdes pertes des vies et des moyens de subsistance causées par les tsunamis. Les participants ont visionné une vidéo sur les efforts de préparation au Japon, et, par la suite, Yamanaka a fait référence à ce dicton japonais: « soyez prêt et vous n’aurez aucun regret ». Elle a appelé le Japon à travailler en étroite coopération avec les collègues africains pour un monde plus pacifique et plus stable.

Alain Wong, de Maurice, a parlé de l’expérience acquise lors d’un récent exercice de simulation de tsunami impliquant 24 pays riverains de l’Océan indien. Des exercices de ce genre sont essentiels pour réduire le risque de tsunami car ils permettent de mettre à l’essai les plans d’urgence et d’impliquer tous les secteurs de la société dans la préparation et la riposte.

Prem Goolaup, de Maurice, a déclaré qu’en dépit des faibles risques de tsunami, l’île a connu l’inondation des zones côtières, en particulier après le tsunami de l’Océan Indien de 2004. Il a expliqué que Maurice a entrepris une campagne d’éducation et de sensibilisation agressive dans les écoles, les centres communautaires et les associations de femmes, ainsi que des exercices de simulation dans les écoles.   

Jean-Baptiste Routier, de la Commission de l’Océan indien (COI), a expliqué que la COI a développé des plans d’urgence pour les tsunamis dans chaque pays et qu’elle finance également la formation et l’équipement. Il a souligné la nécessité d’élaborer des plans d’action impliquant des populations civiles.

Regina Prosper, des Seychelles, a présenté les grandes lignes du plan national de contingence du pays pour le tourisme. Elle a expliqué que toutes les entreprises liées à l’industrie du tourisme aux Seychelles sont tenues, en vertu de la Loi sur la gestion des risques de catastrophe, d’élaborer des plans et d’organiser des formations en évacuation en cas de tsunami. Prosper a mentionné que les exercices pratiques sont utiles pour mettre en évidence les failles et les lacunes des systèmes d’évacuation.

Yamanaka a souligné les trois principaux facteurs de préparation aux catastrophes: l’apprentissage de la résilience; l’éducation pour la prévention des catastrophes; et les lois connexes.

Le débat qui a suivi a porté sur: la suppression des barrières sociales et religieuses à la participation communautaire; l’absence de systèmes d’alerte précoce en Afrique de l’Ouest; et la préparation pour des événements extrêmes peu probables. Les rôles des comités interreligieux et de l’éducation pour surmonter les obstacles ont été soulignés. Un participant a proposé une sensibilisation basée sur la science. À propos de la préparation pour des événements extrêmes, un participant a déclaré qu’il s’agit de se « préparer pour quelque chose tout en priant afin que cela ne se produise jamais ». Un autre a souligné que les exercices de simulation sont cruciaux et que la préparation est liée à l’amélioration de la qualité de vie.

CLÔTURE

Patrick Kangwa, de la SADC, a remercié le Gouvernement mauricien et a exprimé l’espoir que les résultats de la réunion contribueront grandement au traitement de la question de RRC.

Exprimant ses remerciements et ses impressions sur la réunion, Robert Glasser a déclaré que cette réunion a été une réalisation remarquable, et qu’en dépit de la nature unique des risques en Afrique, de la diversité et de la culture, des gens ont été en mesure de se rassembler et de se mettre d’accord sur la réduction des risques de catastrophe.

Rhoda Peace Tumusiime, de la CUA, a souligné que la réunion a donné l’occasion d’examiner le programme de travail pour la mise en œuvre de la stratégie africaine pour la RRC, conformément au Cadre de Sendai.

Wong a remercié tous les participants pour leur précieuse contribution et a clos la réunion à 18h50.

RAPPORT DE LA CINQUIÈME RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR LA RRC

CÉRÉMONIE D’OUVERTURE

Vendredi matin, Khemraj Servansingh, Directeur général de National DRR and Management Center de Maurice, a souhaité la bienvenue aux délégués, expliquant que la Sixième Plate-forme a réussi à harmoniser les priorités de l’Afrique avec le Cadre d’action de Sendai.

David Douglas van Rooyen, Ministre de la gouvernance participative et des affaires traditionnelles de l’Afrique du Sud, a formulé ses commentaires à la lumière de la sécheresse actuelle provoquée par El Niño et qui touche des millions de personnes à travers l’Afrique, déclarant que la RRC figure parmi les priorités de l’agenda régional. Il a exprimé l’espoir que les délégués: adopteront le PoA de l’Afrique pour la RRC, harmonisé avec le Cadre de Sendai; adopteront une déclaration ministérielle et des recommandations sur la mise en œuvre du Programme d’action de l’Afrique; et approuveront un projet de position africaine pour la Plate-forme mondiale 2017 sur la RRC qui se tiendra en 2017.

Robert Glasser a déclaré que l’Afrique est frappée par deux catastrophes majeures chaque semaine et qu’il n’existe aucun moyen de poursuivre les interventions urgentes à une telle échelle, en particulier face au changement climatique. La sécheresse, a-t-il déclaré, peut être atténuée à travers l’augmentation des capacités de stockage et des cultures résistant à la sécheresse. Il a ajouté que les bases de données nationales sur les sinistres constituent un outil essentiel à intégrer dans les travaux des bureaux nationaux des statistiques. Il a salué l’intégration des indicateurs du Cadre de Sendai dans les ODD.

Rhoda Peace Tumusiime, de la CUA, a centré ses commentaires sur les changements climatiques et a présenté le travail de la Commission effectué en collaboration avec les CER et les centres climatiques régionaux pour gérer les catastrophes, renforcer la résilience et réduire la vulnérabilité.

Xavier-Luc Duval, Premier ministre par intérim de Maurice, a souhaité la bienvenue aux délégués en soulignant la vulnérabilité unique de l’Île aux catastrophes telles que les inondations soudaines, les ondes de tempête et les cyclones. Aucun pays n’est àl’abri du désastre, a-t-il déclaré, mais les Africains sont exposésàun risque particulièrementélevé.Il a soulignéles efforts menéspar son pays pour intégrer la RRC par le biais des lois, des simulations régulières, d’un conseil national sur la RRC et des comitéslocaux de RRC. En conclusion, il a citéBenjaminFranklin qui disait: « en ne vous préparant pas, vous vous préparezàéchouer », et a exhortéles déléguésàœuvrer pour la Déclaration de Maurice. Il a ensuite déclaréla réunion de haut niveau.

QUESTIONS D’ORGANISATION

Mariatou Yap, du Cameroun et Présidente de la dernière Réunion de haut niveau, a présenté les membres du Bureau de la réunion de haut niveau sur la RRC: l’Île Maurice, représentant l’Afrique de l’Est, a été élue Président du Bureau; le Cameroun, représentant l’Afrique Centrale, a été élu Rapporteur; le Libéria, représentant l’Afrique de l’Ouest, a été élu Premier Vice-président; le Botswana, représentant l’Afrique australe, a été élu Deuxième Vice-président; et la Tunisie représentant l’Afrique du Nord a été élue Troisième Vice-président.

Les participants ont adopté l’ordre du jour de la réunion.

DÉCLARATIONS DE MINISTRES DE L’UA/MINISTRES AFRICAINS

Les ministres et les représentants de haut niveau ont prononcé les déclarations nationales vendredi matin.

L’Algérie a annoncé de nouveaux partenariats entre les institutions étatiques et la communauté scientifique pour faire face aux risques de catastrophe. Le Bukina Faso a parlé de l’impact économique des catastrophes sur les secteurs de production primaire, y compris l’agriculture. Le Cameroun a attiré l’attention sur l’adoption en 2015, de la Déclaration de Yaoundé relative à la mise en œuvre du Cadre de Sendai en Afrique. Soulignant les stratégies et les mécanismes visant à réduire les risques, les Comores ont expliqué que le développement a été entravé par les cyclones, les inondations et les ondes de tempête.

Le représentant de la République du Congo a attiré l’attention sur un plan d’intervention d’urgence, et a appelé à un soutien pour leur stratégie nationale de RRC. La République démocratique du Congo a expliqué la manière dont des réseaux de communication, des parlementaires et des femmes ont été organisés pour faire face au risque de catastrophe. L’Égypte a souligné les efforts entrepris pour formuler les indicateurs de la RRC, et l’engagement des États arabes et des pays africains pour le renforcement de leurs capacités de réaction face aux catastrophes.

Le représentant de l’Éthiopie a indiqué que les mesures prises pour lutter contre les risques de catastrophe dans son pays sont en train d’être guidées par des cadres d’action mondiaux, régionaux et sous-régionaux. Le Gabon a parlé d’un plan national d’urgence pour la RRC développé conformément au Cadre de Sendai. La Gambie a exprimé sa préoccupation concernant l’insuffisance du financement pour la mise en œuvre du Cadre de Sendai aux niveaux régional et national. Le Kenya a exprimé son attachement à la mise en œuvre du Cadre de Sendai, et a attiré l’attention sur une plate-forme nationale au Bureau du Président.

Le Lesotho a souligné la nécessité d’un leadership gouvernemental et d’élever la RRC au plus haut niveau de prise de décision. Le Mali a présenté ses initiatives nationales, notamment un réseau parlementaire pour la RRC, un plan national de RRC et l’inclusion de la RRC dans les programmes scolaires. Le représentant du Mozambique a souligné deux réformes clés de la RRC dans son pays: la révision du plan directeur de la RRC en vue de l’harmoniser avec le Cadre de Sendai et les ODD; et la mise en place d’un fonds pour la RRC. L’Afrique du Sud a exhorté les délégués à fournir davantage de moyens aux des stratégies nationales pour la RRC et à se concentrer sur les questions transfrontalières. Le représentant de la Tunisie a parlé de la création d’un institut de collecte de données sur les changements climatiques et les catastrophes naturelles dans son pays.

La Zambie a demandé instamment l’intégration de la RRC dans tous les secteurs de développement en vue d’un développement durable. Le Sénégal a approuvé les conclusions de la Plate-forme et a déclaré que les gouvernements peuvent désormais prendre des « mesures audacieuses » dans le cadre des objectifs fixés par la communauté internationale. Le représentant du Zimbabwe a mis en exergue les plans de son pays visant à: intégrer la RRC dans le système éducatif; créer des environnements favorables; et élaborer une politique des changements climatiques et une stratégie d’intervention nouvelles.

Le Burundi a appelé à une meilleure coordination au niveau régional, y compris par le biais d’un cadre juridique pour la RRC. Le Libéria a mis l’accent sur les progrès accomplis dans l’installation de nouvelles stations météorologiques et hydrologiques, et a attiré l’attention sur le virus Zika.

Le représentant de Madagascar a expliqué que les activités de RRC sont menées dans 22 régions du pays et que Madagascar est un membre actif de la COI; il a demandé un examen plus approfondi des États insulaires. Le représentant du Malawi a présenté les expériences de son pays dans le domaine des inondations et du déplacement interne des populations, ainsi que les efforts du Malawi visant à élaborer des cartes communautaires sur les risques de catastrophe, afin d’atténuer les effets des événements à venir.

Le Rwanda a expliqué qu’il a intégré la RRC dans son Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté, et a établi des comités sur les catastrophes à tous les niveaux de l’administration. Expliquant que 4,8 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire au Sud-Soudan, le représentant a présenté les efforts de collaboration avec le Programme alimentaire mondial visant à mettre en place un système d’alerte précoce (SAP). Le Soudan a présenté ses travaux avec les organisations régionales et attend avec impatience un appui technique et financier supplémentaire.

Le représentant de la Tanzanie a déclaré que son pays a adopté une loi sur les catastrophes et a exprimé la volonté de la Tanzanie de se joindre aux efforts internationaux de résilience. À propos de la mise en place d’un centre d’opérations d’urgence, le représentant de l’Ouganda a déclaré que ce pays dispose de 400 officiers de l’armée prêts à servir comme premiers intervenants en cas de catastrophe. Le Togo a parlé de son système de protection côtière et de ses efforts visant à améliorer la résilience des communautés. La Guinée a présenté ses plans visant à créer un organisme national spécialisé dans la gestion des catastrophes, et d’un centre des opérations. 

RAPPORT DE MISE À JOUR: INITIATIVES RÉGIONALES

La CAE a attiré l’attention sur des progrès significatifs accomplis dans le renforcement des capacités en matière de RRC dans la région, notamment grâce à la loi de 2015 sur la RRC et à une étude d’évaluation de l’impact de la vulnérabilité climatique. À propos des défis, il a indiqué que les partenaires se trouvent à des niveaux différents de l’élaboration de leur loi sur la RRC, ce qui complique le processus d’harmonisation. Pour ce qui est des autres contraintes, il a cité l’insuffisance des allocations budgétaires, les cartes de catastrophes obsolètes et l’absence d’un mécanisme harmonisé pour le traitement des catastrophes transfrontières.

La CEDEAO a mis en relief un plan d’action de la RRC pour 2010-2015 et les efforts pour le renforcement des connaissances, l’identification des risques, le partage des données et les orientations pour les plates-formes nationales. Le représentant a indiqué qu’un centre régional pour la prévention des catastrophes et la GRC est en cours d’établissement, ainsi qu’un nouveau plan d’action pour 2015-2030, conformément au Cadre de Sendai. En ce qui concerne les défis, il a mentionné l’insuffisance du financement et l’intégration des ODD dans les stratégies et les plans de prévention des catastrophes.

L’IGAD a souligné les efforts entrepris en vue d’améliorer la fonctionnalité de plusieurs institutions régionales, et le soutien aux États membres pour harmoniser les lois, les programmes et les stratégies relatifs au Cadre de Sendai, y compris par l’élaboration des lignes directrices. Il a déclaré que les défis comprennent le manque de ressources et le retard de l’action dans la réponse aux systèmes d’alerte précoce, qui est vital pour la RRC.

Soulignant la relation vitale qui existe entre les écosystèmes et la RRC, l’UICN a appelé les États africains à reconnaître le rôle de la RRC basée sur les écosystèmes, dans la mise en œuvre du Cadre de Sendai en Afrique. Le représentant a en outre appelé au renforcement du niveau d’investissement et à la promotion de la RRC fondée sur l’écosystème, par l’intégration de l’infrastructure naturelle et du capital naturel dans les plans nationaux de CCR.

POA, POSITION ET DÉCLARATION DE L’AFRIQUE

PoA:Khemraj Servansingh, de Maurice, en tant que Président du Comité de rédaction de la Plate-forme régionale pour l’Afrique, a présenté aux délégués un résumé du projet de document final. Alain Wong, de Maurice, a dirigé les délégués dans un examen page par page du projet de document final, afin de recueillir leurs observations, et les délégués ont adopté sans amendement le PoA pour la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la RRC 2015-2030 en Afrique.

PoA final: Le PoA comprend: le résultat, le but et les objectifs; les principes directeurs; les cibles; les priorités d’action; les moyens de mise en œuvre; le suivi et les rapports; et une matrice d’activités prioritaires en annexe.

Le PoAréaffirme les sept objectifs mondiaux du Cadre de Sendai et recommande aux pays africains de développer d’ici 2020, des données pour mesurer les progrèsaccomplis dans la réalisation des cibles supplémentaires suivantes avant2030:

  • Augmenter de manière significative le nombre de pays ayant introduit la RRC dans leurs systèmes éducatifs à tous les niveaux, aussi bien en tant que programme autonome, que programme intégré dans différents programmes;  
  • Accroître l’intégration de la RRC dans le développement régional et national durable, et dans les cadres, mécanismes et processus d’adaptation aux changements climatiques;
  • Élargir la portéeet augmenter le nombre de sources de financement internes de la RRC, de manièresignificative;
  • Augmenter le nombre de pays disposant de plans de préparation et d’intervention informés sur les risques, et d’essais périodiques et de mécanismes de réhabilitation et de reconstruction post-catastrophes; et
  • Augmenter de manière significative le nombre de réseaux ou de partenariats régionaux pour la gestion des connaissances et le renforcement des capacités, y compris les centres et réseaux régionaux spécialisés.

DÉCLARATION DES MINISTRES: Le Rapporteur a présenté la Déclaration de la Cinquième Réunion de haut niveau sur la RRC, suivie par la présentation des observations. Les discussions ont ensuite porté sur l’opportunité de recommander des engagements budgétaires nationaux pour la RRC. Les délégués ont convenu de supprimer la référence au maintien de l’engagement de 2% des budgets nationaux pour la RRC et ont plutôt accepté de « recommander en outre d’augmenter de manière significative l’allocation du budget national annuel destiné à la RRC ». Avec ce changement, les Ministres ont adopté la déclaration par acclamation.

Déclaration finale: Dans la déclaration finale, les Ministres et les Chefs de délégation approuvent le PoA relatif à la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la RRC 2015-2030 en Afrique, et demandent aux États africains et aux principales parties prenantes d’harmoniser les stratégies et les programmes avec le Cadre de Sendai.

En outre, les Ministres:

  • Recommandent d’augmenter de manière significative l’allocation des budgets nationaux annuels destinés à la RRC et exhortent les États africains à renforcer le suivi de la RRC sous la direction du Groupe de travail d’experts sur les indicateurs et la terminologie de la RRC;
  • Demandent à l’UNISDR de continuer à fournir un appui institutionnel et politique à la mise en œuvre, au suivi et à l’examen de la RRC en Afrique, en collaboration avec la CUA et les communautés économiques régionales; et demandent à l’ONU et aux autres organisations internationales et régionales ainsi qu’aux institutions financières internationales et régionales, d’intégrer les mesures relatives à la RRC dans les programmes d’aide au développement. Les Ministres demandent aux institutions financières de prendre en compte les priorités du PoA lors de la fourniture de l’appui financier et technique pour les approches intégrées de la RRC; 
  • Réaffirment la nécessité pour l’UA de poursuivre le renforcement de l’engagement institutionnel et politique en matière de RRC; et
  • Donne mandat au Groupe de travail africain sur la RRC de coordonner l’élaboration de la position de l’Afrique qui sera présentée à la Plate-forme mondiale de 2017 en vue de la RRC prévue en mai 2017.

CLÔTURE

David Douglas van Rooyen, Ministre de la gouvernance participative et des affaires traditionnelles de l’Afrique du Sud et Vice-Président de la SADC, a exprimé sa satisfaction de voir que le PoA s’harmonise avec le Cadre de Sendai, et qu’il sera examiné par le Sommet de l’UA en janvier 2017. Il a déclaré que la RRC reçoit désormais l’attention qu’elle mérite et a exhorté les délégués à poursuivre cet engagement d’assurer la mise en œuvre efficace du PoA.

Rhoda Peace Tumusiime a souligné l’adoption de la Déclaration de Maurice comme une réalisation clé, et a exprimé l’engagement de la Commission de l’Union africaine à assurer sa mise en œuvre.

Robert Glasser a félicité les participants pour leurs « réalisations remarquables », comparant les ministres à des généraux qui « anticipent une attaque surprise », ce qu’il a décrit comme une responsabilité énorme.

Mauricio Escanero, Ambassadeur du Mexique, a transmis les salutations du Président du Mexique et souligné l’expérience de longue date de ce pays dans le traitement des catastrophes. Il a déclaré qu’il sera heureux de voir les délégués africains à Cancún en mai 2017.

Wong a félicité les délégués et a déclaré que le PoAdéfinit des buts et des objectifs clairs. Il a préciséque la position de l’Afrique concernant Cancúnsera développéeaprèsla conférence par le Groupe de travail africain, sous la direction de la CUA.

Il a souligné la nécessité pour les pays africains de redoubler d’efforts et de traduire l’engagement commun en actions concrètes et soutenues, et a ajouté qu’il espère rencontrer les délégués à Cancún. Wong a clos la réunion à 17 h 35.

RÉUNIONS À VENIR

Deuxième Réunion de haut niveau du Partenariat mondial: Cette réunion se tiendra sous le thème « Vers une mise en œuvre inclusive et accélérée de l’Agenda de 2030 ».  dates: du 28 novembre au 1er décembre 2016  lieu: Nairobi, Kenya  www: http://www.hlm2nairobi.go.ke

CdP 13 CDB: La Treizième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CdP 13 CDB), ainsi que la huitième réunion de la Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties au Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques (CdP/RdP 8), et la deuxième réunion de la Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties au Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages (CdP/RdP 2) se tiendront simultanément.  dates: 4-17 décembre 2016  lieu: Cancún, Mexique  contact: Secrétariat de la CDB  téléphone: +1-514-288-2220  télécopie: +1-514-288-6588  courriel: [email protected] www: https://www.cbd.int/

Forum mondial de l’alimentation et de l’agriculture 2017: Organisé par le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture de l’Allemagne, ce Forum se concentre sur des questions centrales relatives à l’avenir de l’industrie agroalimentaire mondiale. dates: 19-21 janvier 2017  lieu: Berlin, Allemagne  contact: Secrétariat GFFA  email: [email protected] www: www.gffa-berlin.de

28e Sommet de l’Union africaine: Le 28e Sommet de l’Union Africaine aura lieu en janvier 2017.  date:janvier 2017lieu: À déterminer  contact: secrétariat de la CUA  téléphone: +251-11-551-7700  télécopieur: +251- 11-551-7844  courriel: [email protected] www: http://www.au.int/en/commission

Cinquième réunion de la Plate-forme régionale sur la RRC dans les Amériques: La Cinquième réunion de la Plate-forme régionale sur la RRC dans les Amériques se tiendra du 7 au 9 mars 2017 à Montréal, au Canada. Cette Plate-forme qui est organisée par le Canada en collaboration avec l’UNISDR, vise à examiner la manière dont le gouvernement, la société civile, le secteur privé, les milieux universitaires et les médias peuvent contribuer à la mise en œuvre et à l’évaluation des résultats attendus du Cadre de Sendai.  dates: 7-9 mars 2017  lieu: Montréal, Canada  contact: secrétariat de l’UNISDR  téléphone: +41-2291-78908  télécopieur: +41 22 91 78964  www: https://www.unisdr.org/we/inform/events/46627

Plate-forme mondiale 2017 sur la RRC: Cette réunion aura lieu à Cancún, au Mexique.  dates: 22-26 mai 2017  lieu: Cancún, Mexique  contact: Connie Brown  téléphone: +41 22 91 78908  télécopie: +41 22 91 78964  courriel: [email protected] www: http://www.unisdr.org/conferences/2017/globalplatform/en

Pour d’autres événements à venir, voir au: http://sdg.iisd.org/events/calendar/