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Bulletin des Négociations de la Terre (ENB)

Volume 04 Numéro 271 - vendredi, 8 septembre 2017


Les faits marquants de la COP 13 de La CNULD

Jeudi, 7 septembre 2017 | Ordos, Chine


Langues: EN (HTML/PDF) FR (HTML/PDF) CN (HTML/PDF)
Visitez notre couverture ENB/IISD depuis la réunion à Ordos, en Chine: http://enb.iisd.org/desert/cop13/

Les participants à la COP 13 de la CNULD ont discuté des points de l’ordre du jour au Comité de la science et de la technologie (CST) et au Comité pour l’examen de la mise en application de la Convention (CEAC) au cours de sessions parallèles tenues le matin et l’après-midi, et se sont réunis en groupes de contact pour examiner des projets de décision portant sur les programmes de la COP, du CEAC et du CST.

LE CEAC

Le président du CEAC, Aliyu Bananda (Nigéria), a ouvert la réunion et la secrétaire générale de la CNULD, Monique Barbut, a présenté des observations préliminaires. Elle a souligné la nécessité pour le CEAC d’élaborer un système de communication durable pour aider la réalisation des objectifs de neutralité de la dégradation des terres (NDT) signalant que de nombreuses parties recevraient un soutien financier du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) à cette fin.

LE GROUPE AFRICAIN a accueilli favorablement le cycle de communication quadriennal unifié, précisant que les communications sont un exercice coûteux et complexe et que la dégradation des terres est un phénomène à long terme. Il a souligné l’importance du maintien du rôle de suivi du CEAC en tant qu’organe subsidiaire de la Convention.

LE GROUPE DES ÉTATS D’AMÉRIQUE LATINE ET DES CARAÏBES (GRULAC) s’est félicité de la conclusion du nouveau Cadre stratégique et a souligné la nécessité d’accroître le financement, le transfert de technologie et le renforcement des capacités pour faire face aux réalités auxquelles sont confrontés les niveaux national et régional.

L’UE a souligné que le CEAC fait partie intégrante de la Convention, et a salué le travail sur le genre, la sécheresse et les migrations, affirmant que ces réalisations constituent une plate-forme solide pour l’avenir.

LES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE (OSC) se sont déclarées préoccupées par le fait que le nouveau Cadre stratégique ne mentionne pas les OSC et n’intègre pas les recommandations du groupe de discussion des OSC.

QUESTIONS D’ORGANISATION: Adoption de l’ordre du jour et organisation des travaux: Le CEAC a adopté l’ordre du jour et le calendrier provisoire des travaux (ICCD/CRIC(16)/1). Lors de l’élection des membres du Bureau autres que le président du CRIC, Bananda a signalé que Raymond Baptiste (Grenada) sera le rapporteur.

Le CEAC a créé un groupe de contact, présidé par Trevor Benn (Guyana), pour examiner toutes les questions liées au CEAC. Le Secrétariat a précisé que les questions relatives au plan de travail et au budget seraient transmises au groupe de contact du Grand groupe de contact sur le budget.

MISE EN ŒUVRE EFFICACE DE LA CONVENTION AUX NIVEAUX NATIONAL, SOUS-RÉGIONAL ET RÉGIONAL: Plan de travail pluriannuel et performance des institutions et organes subsidiaires de la Convention: Pradeep Monga, Secrétaire exécutif adjoint, CNULD, a présenté des documents ICCD/COP(13)/8-ICCD/CRIC(16)/2 et ICCD/CRIC(16)/3.

L’ARABIE SAOUDITE a posé la question de savoir pourquoi il n’y avait pas d’indicateurs quantifiés, question à laquelle le Secrétariat a répondu que le plan de travail a été considérablement raccourci pour rationaliser les négociations, mais que les objectifs quantitatifs seront fixés en interne. Les OSC ont suggéré qu’elles peuvent aider à améliorer la mise en œuvre des objectifs de NDTà travers des campagnes de sensibilisation et de conscientisation.

En réponse à une question sur le mandat du Mécanisme mondial (MM), le directeur général, Markus Repnik, a souligné quatre priorités pour la mobilisation des ressources et la préparation des projets: le Fonds pour la NDT; le centre d’élaboration du projet cogéré avec les autres conventions de Rio qui est en cours de mise en place; le soutien aux parties sélectionnées, dans l’élaboration de canaux de financement nationaux pour la NDT; et le soutien aux parties dans le projet de mobilisation des ressources.

Examen du rapport de la CEAC 15: Le Secrétariat a présenté le document ICCD/CRIC(15)/7, soulignant qu’il s’agissait d’une session extraordinaire du CEAC. Il n’y a pas eu de débat sur ce point de l’ordre du jour.

Élaboration et mise en œuvre de stratégies, par le biais des PAN, pour la réalisation des objectifs de la Convention à la lueur de l’objectif 15.3 du Programme de développement durable pour l’horizon 2030: Repnik a présenté le document ICCD/COP(13)/2 et a donné un aperçu de l’état d’avancement actuel du programme d’action national (NAP) et de la mise en œuvre de la NDT. Il a invité quatre pays à présenter leurs expériences et leçons apprises respectives.

La GUYANE a parlé de la formation d’un groupe de travail national multipartite et des Stratégie et cadre vert étatique pour l’intégration des politiques de NDT dans leurs travaux relatifs aux trois conventions de Rio.

MADAGASCAR a mentionné cinq grands défis dans la réalisation de la NDT et a mis l’accent sur l’agriculture intelligente face au changement climatique en tant que stratégie permettant d’améliorer les synergies avec la CCNUCC, faisant observer, toutefois, que le pays a besoin d’une initiative intégrative pour atteindre la NDT.

Le LIBAN a énuméré des défis de taille, y compris le changement climatique, les incendies de forêt, les maladies et les pressions causées par plus de deux millions de réfugiés de Syrie et d’Irak. S’agissant des mesures institutionnelles prises pour faire face à ces défis, il a souligné: la mise en place d’un système de classification des terres; la mise en place d’incitations financières en faveur des pratiques de gestion durable des terres (GDT); et la création de partenariats avec des organisations locales, nationales et internationales pour promouvoir la GDT.

La BIÉLORUSSIE a signalé que leur PAN au titre de la période 2016-2020 privilégie la prévention de la dégradation des terres et des sols et la NDT, en synergie avec la Contribution déterminée au niveau national (CDN) du pays à la CCNUCC et avec d’autres cadres d’action mondiaux.

En réponse à une question posée par l’UKRAINE au sujet de ses objectifs spécifiques de NDT, MADAGASCAR a souligné des plans pour 400 000 ha par an dans les domaines de la mise en valeur des paysages, des forêts et des infrastructures vertes. La GUYANE a déclaré que malgré des taux de déforestation très faibles, le pays vise à reboiser annuellement huit kilomètres carrés de forêt pour atteindre zéro perte nette, d’ici 2030.

Répondant à une question posée par l’ARABIE SAOUDITE au sujet de la durabilité des initiatives actuelles, le LIBAN a indiqué qu’il garantit la participation d’organisations spécialisées non gouvernementales (ONG) et des communautés locales dans tous les partenariats public-privé.

La RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO a déclaré que les exposés leur avaient fourni “d’excellentes” idées quant à la façon dont ils peuvent élaborer leurs propres objectifs de NDT. GRENADE et les OSC ont souhaité en apprendre davantage sur la façon dont les quatre pays avaient travaillé pour promouvoir les synergies et éviter les doubles emplois entre les conventions de Rio. La GUYANE et la BIÉLORUSSIE ont répondu que les correspondants nationaux des Conventions de Rio sont tous situés dans le même office ou ministère. Le BRÉSIL a annoncé sa décision de s’engager dans le programme d’établissement d’objectif de NDT.

Clôturant la session, Repnik a souligné l’importance: d’avoir un objectif quantifié fondé sur les données réelles; de l’engagement politique; de la garantie des avantages multiples; des synergies entre les conventions de Rio; et du maintien du principe “qu’il n’y a pas une solution universelle”. Il a salué la décision du Brésil de rejoindre le Programme d’établissement d’objectifs de NDT en tant que 111e pays adhérant à l’initiative.

LE CST

ÉLÉMENTS RÉSULTANT DU PROGRAMME DE TRAVAIL DE L’INTERFACE SCIENCE-POLITIQUE POUR L’EXERCICE BIENNAL 2016-2017: Le Cadre conceptuel scientifique pour la neutralité de la dégradation des terres: Les discussions sur ce point de l’ordre du jour se sont poursuivies dans la matinée et les délégués y ont abordé: les références des indicateurs; l’écart entre les données mondiales et celles nationales; la dégradation induite par la salinisation et les chocs naturels; l’évaluation de la résilience des terres; et les charges supplémentaires, pour les pays, en matière de communications.

En ce qui concerne le renforcement des capacités, le MM a signalé qu’un soutien est à la disposition des parties à travers les experts nationaux et régionaux de la NDT, et que dans le domaine de la mobilisation des ressources, une aide est disponible pour la conception d’idées de projets finançables.

Gestion durable des terres pour la lutte contre la désertification / la dégradation des terres et la sécheresse (DDTS), l’atténuation du, et l’adaptation au, changement climatique: Le Secrétariat a présenté les documents (ICCD/COP(13)/CST/3 et ICCD/COP(13)/CST/5). Jean-Luc Chotte, parlant au nom de l’interface science-politique (ISP), a présenté un rapport sur le potentiel de la GDT en matière de lutte contre les DDTS, l’atténuation du, et l’adaptation au, changement climatique, mettant l’accent sur les pratiques actuelles en matière de GDT et l’intégration avec les ODD et les Conventions de Rio. Les délégués ont souhaité poser des questions sur les raisons pour lesquelles le boisement et le reboisement sont mis ensemble, et sur la différence entre GDT et NDT. Les conférenciers ont précisé que la NDT englobe une panoplie de réponses stratégiques à la dégradation des terres et que la GDT en est une d’entre elles.

Luca Montanarella, Groupe consultatif intergouvernemental sur les sols du Partenariat mondial sur les sols (GSP-ITPS), a présenté les résultats du Symposium mondial sur le carbone organique des sols (COS), tenu en mars 2017, et ses recommandations portant notamment sur: la prévention des pertes de COS à travers le maintien des stocks de COS actuels; l’octroi d’une priorité aux sols dont les stocks de carbone sont les plus élevés, dans l’élaboration des politiques de conservation des sols; et le soutien des utilisateurs des terres en améliorant le COS dans les conditions locales pour des avantages à long terme.

Les délégués ont posé des questions sur l’épuisement du COS par les activités minières et sur l’origine des données qui seront utilisées pour cartographier les stocks mondiaux de COS. L’AFRIQUE DU SUD a fait part de sa préoccupation quant à la capacité de certains pays de mesurer avec précision le COS et le VENEZUELA, au sujet de la gestion des niveaux de charbon existants dans les zones arides et semi-arides. Montanarella a déclaré que la plupart des préoccupations soulevées seront examinées par la réunion du SGP-ITPS qui se tiendra plus tard en 2017, et a exhorté l’ISP à envisager la conduite d’autres recherches pour l’exploration des options offertes pour la gestion du problème de l’appauvrissement du COS par l’exploitation minière.

Mariam Akhtar-Schuster, ISP, a parlé de la coopération avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans l’élaboration du rapport spécial du GIEC sur les changements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, la GDT, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ( SRCCL), dont la date d’achèvement est prévue pour l’automne 2019.

Le MAROC a appelé à une collaboration accrue avec la CDB, et le NIGERIA a demandé une plus grande implication des experts régionaux dans le SRCCL. L’ARGENTINE a suggéré que le CST formalise la collaboration avec les plates-formes politiques et scientifiques pertinentes. L’IRAQ a mis l’accent sur la réorientation des programmes d’études et des activités de recherche sur la dégradation des terres et sur la NDT, tandis qu’Akhtar-Schuster a souligné la nécessité d’intégrer la dégradation des terres dans les appels à la recherche, lancés par les organismes de financement.

Mesures et pratiques de réhabilitation, de restauration et de remise en état dans les zones dégradées: Le Secrétariat a présenté les documents (ICCD/COP(13)/CST/4, ICCD/COP(13)/CST/5 et ICCD/COP(13)/CST/INF.1). Anne Larigauderie, secrétaire exécutive et Robert Scholes, coprésident, Evaluation thématique de la dégradation et restauration des terres (LDRA), IPBES, ont présenté un rapport sur la LDRA, rapport qui reste à compléter pour être présenté à la COP 14. de la CNULD. Évoquant les évaluations, Scholes a souligné les résultats préliminaires, y compris: l’omniprésence de la dégradation des terres; le défi qu’elle ajoute au problème de l’alimentation de la population mondiale; et la relation cyclique entre la dégradation des terres et le changement climatique. Les délégués ont posé des questions sur la façon dont les résultats seront traduits dans le réel pour atteindre les petits agriculteurs, et sur la manière dont le rapport abordera les attentes futures en matière de réactivité au changement climatique. Scholes a répondu que des efforts considérables ont été fournis pour que la langue soit accessible et exempte de jargon, et que le rôle des pouvoirs publics est essentiel pour la diffusion des résultats de l’IPBES dans leurs pays.

Jeff Herrick, ÉTATS-UNIS, a parlé de l’état d’avancement du rapport du Groupe des ressources internationales de l’ONU sur l’environnement (GRI), consacré à la restauration des terres, à la résilience des écosystèmes et à leur contribution dans l’élimination de la pauvreté.

La SUISSE a apporté son appui à la coopération entre l’ISP le GRI dans l’élaboration du rapport, notant que cela réduirait les doubles emplois au sein du système des Nations Unies.

Le BRÉSIL a souligné la nécessité de se concentrer sur l’approche initiale de développement durable de la CNULD.

L’ARGENTINE a parlé des voies et moyens d’étendre les bonnes pratiques d’intendance de la terre, citant des exemples d’options politiques pour une action efficace sur le terrain. La SERBIE a exhorté les participants à garder à l’esprit l’impact de l’érosion sur la dégradation des terres.

Graciela Metternicht, ISPI, a parlé des actions entreprises par l’ISP dans le cadre de la mise en œuvre de l’objectif 3 du programme de travail de l’ISP au titre de la période 2016-2017, soulignant ses contributions aux évaluations de l’IPBES et la crédibilité de travail de synthèse et de la qualité des preuves de l’ISP. Elle a mis en relief les recommandations de l’ISP, y compris en faveur de la poursuite de la coopération avec d’autres groupes, tels que ONU-Environnement. L’UE a applaudi l’ISP en tant qu’exemple pratique de l’interface science-politique, et la COLOMBIE a souhaité savoir si la biodiversité était incluse dans la notion de désertification. Metternicht a déclaré que la biodiversité était implicite dans la dégradation des terres selon la définition de l’utilisation des terres, et Herrick a encouragé la présentation d’observations sur les rapports afin de s’assurer que la langue était claire pour tous les publics.

GROUPES DE CONTACT

Les questions liées au CEAC: Dans la soirée, le Secrétariat a présenté les six projets de décision que le groupe aura à examiner, à savoir: l’examen du rapport de la CEAC 15; l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies à travers les PAN pour la réalisation des objectifs de la Convention à la lueur de l’objectif 15.3 du Programme de développement pour l’horizon 2030; la collaboration avec le FEM; l’amélioration des procédures de communication des données ainsi que la qualité et la forme des rapports à soumettre à la COP; le programme de travail de la CEAC 17; et les date et lieu de la CEAC 17. Le groupe a commencé l’examen du texte portant sur les PAN et le Programme de développement durable pour l’horizon 2030.

Programme et budget: Le groupe de contact sur le programme et budget s’est réuni brièvement dans l’après-midi, mais n’a pas pu approfondir les questions de fond en raison de l’absence d’un modérateur de groupe.

DANS LES COULOIRS

Au démarrage du deuxième jour de la COP, les groupes de contact, au sein desquels une bonne partie des négociations se déroule traditionnellement, se sont réunis. Le groupe de contact qui était le premier à se réunir était celui sur le programme et budget, mais il s’est rapidement arrêté car aucune partie n’a souhaité s’engager à assumer le rôle crucial de modérateur, sans lequel des négociations ne peuvent avoir lieu. Un délégué chevronné s’est esclaffé “qu’il est difficile de faire du bénévolat pour un tel rôle, car le siège peut chauffer très vite !”

Pendant ce temps, le CST a procédé à des exposés éclairs de thèmes hautement techniques, mais tout au long de ces présentations les délégués ont été entendus ronchonnant sur l’applicabilité des résultats et s’interrogeant sur «la capacité des scientifiques à atteindre les petits agriculteurs». Après un lent démarrage, le CEAC s’est bien déroulé, les parties procédant à un échange des enseignements tirés des paramètres des PAN et de la NDT. Il s’est terminé par l’annonce chaleureuse que le Brésil rejoindra le club de l’établissement d’objectifs de NDT, faisant monter le nombre des pays adhérents à 111.

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