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Daily report for 3 March 2022

UNEA-5.2, OECPR-5.2 and [email protected]

Ce jeudi 3 mars 2022, premier jour de la session spéciale de commémoration du 50e anniversaire de la création du Programme des Nations Unies pour l’environnement ([email protected]), la plénière était réunie en grande pompe à Nairobi, au Kenya. Les délégués ont immédiatement adopté la déclaration politique de la session [email protected] préalablement négociée et approuvée par l’Assemblée des Nations Unies sur l’environnement (ANUE).

Les délégués ont assisté à une plénière d’ouverture, où les discours de Présidents et autres dignitaires ont été ponctués d’interludes musicaux. Ils ont également entendu les déclarations nationales commémorant le travail du PNUE durant ses 50 années d’existence.

Plénière

Ouverture et Adoption de l’ordre du jour : La Présidente de l’ANUE-6 Leila Benali (Maroc) a ouvert la session [email protected] et présenté le thème général « Renforcer le PNUE pour la mise en œuvre de la dimension environnement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ». La Présidente Benali a présenté l’ordre du jour de la réunion (UNEP/EA.SS.1/1 and UNEP/EA.SS.1/1/Add.1) qui a été adopté sans commentaires. Elle a par ailleurs présenté l’organisation des travaux, comprenant deux dialogues de dirigeants de haut niveau et un dialogue multipartite. Les délégués l’ont également adoptée sans commentaires. Les délégués ont ensuite visionné une vidéo commémorative de l’[email protected] Au cours de la session, les délégués se sont délectés de plusieurs interludes musicaux, y compris des interventions du chœur Red Forth et du groupe kenyan Sauti Sol.

Adoption du document politique de la session : La Présidente de l’ANUE-6 Benali a présenté le projet de Déclaration politique de la Session spéciale de l’ANUE pour commémorer le 50e anniversaire de la mise en place du PNUE (UNEP/EA.5/L.26), et l’Assemblée l’a adopté sans commentaires.

Déclaration des dirigeants de haut niveau : La Présidente de l’ANUE-6 Benali a estimé que pour continuer d’avancer, « il nous faut décortiquer le passé », et a souligné les accomplissements environnementaux du PNUE depuis sa création. Elle a souligné que la célébration [email protected] est aussi la mise à l’honneur du multilatéralisme et une occasion de poursuivre le dialogue sur les moyens d’essaimer les victoires sur les 50 prochaines années. Elle a conclu en disant que les « pères fondateurs du PNUE nous ont transmis la responsabilité de bâtir un monde meilleur ! » et a mis les délégués au défi de faire pencher la balance en faveur d’un niveau d’action encore plus élevé.

Par message vidéo, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies Abdulla Shahid a félicité le PNUE pour ses 50 ans en première ligne de l’action environnementale, en mettant en lumière les victoires remportées par le Programme. Il a évoqué le débat de haut niveau intitulé « un instant dans la nature », qui s’est déroulé en juillet 2022, en affirmant que la jeunesse occupe une place centrale dans cette discussion au sujet de l’environnement et du développement durable.

Par message vidéo, le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a félicité le PNUE pour ces 50 ans passés à donner l’alerte sur les menaces environnementales. Il a souligné l’importance de résoudre les nouvelles difficultés liées aux produits chimiques et à la pollution, y compris la pollution plastique ; appelé à une décarbonation globale de chaque secteur ; et souligné le besoin d’aides financières et techniques accrues pour permettre aux pays en développement de mettre en œuvre les accords multilatéraux sur l’environnement (AME).

Collen Vixen Kelapile, Président du Conseil économique et sociale des Nations Unies (ECOSOC), a mis en exergue les réussites du PNUE, y compris en matière de sensibilisation, de défense environnementale et d’éducation, ainsi que dans la formulation des AME. Il a souligné que l’action contre la triple crise planétaire, générée par les changements climatiques, la perte de biodiversité et la pollution, est alignée sur les stratégies de relance post-COVID-19.

Inger Andersen, Directrice exécutive du PNUE, a rappelé aux participants les « géants de Stockholm », dont les mots et les actes ont jeté les bases du multilatéralisme environnemental, qui continue aujourd’hui d’éclairer le chemin pour résoudre cette triple crise mondiale. Elle a invité les délégués à réfléchir sur les exploits accomplis depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement humaine en 1972, et à renforcer leur détermination à s’acquitter de la longue liste d’actions requises pour une transformation durable et juste.

Mokgweetsi Masisi, Président du Botswana, s’est félicité de cette occasion de réfléchir au sujet des réalisations historiques et de peser les défis à venir ainsi que les moyens pour y faire face, et a appelé les pays à s’efforcer d’établir un équilibre en faveur du développement durable. Il a réaffirmé l’engagement du Botswana vis-à-vis du multilatéralisme et a exhorté la communauté internationale à stimuler en priorité les avancées dans le domaine de la conservation.

Muhammadu Buhari, Président du Nigeria, a réitéré qu’aucun pays ni continent ne peut résoudre la triple crise planétaire tout seul dans son coin, et s’est dit confiant que d’autres victoires seront remportées par les pays à mesure qu’ils avanceront dans leur combat collectif, guidés par le PNUE.

Uhuru Kenyatta, Président du Kenya, a salué l’extraordinaire aventure environnementale du PNUE ces 50 dernières années, en félicitant le Programme pour avoir « tenu la barre du navire environnemental en eaux troubles, en restant toujours fidèle au mandat qu’il devait mettre en œuvre ». Il a félicité l’ANUE-5 pour ce qu’elle a accompli, notamment la résolution sur la pollution plastique. Kenyatta a mis en exergue que le Bureau des Nations Unies à Nairobi (BNUN) est le seul siège des Nations Unies dans le Sud Global, et a annoncé quelques évolutions programmées autour du BNUN, notamment l’attribution de terrains pour de activités humanitaires et logistiques. Il a conclu en annonçant un nouveau prix biennal baptisé Amani na Mazingira (paix et environnement) qui récompensera les actions en faveur de la durabilité environnementale et de la paix.

Alexander Van der Bellen, Président fédéral de l’Autriche, par liaison vidéo, a souligné que beaucoup de choses ont été réalisées durant la trajectoire du PNUE, en évoquant notamment la Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone et son Protocole de Montréal. Il a instamment souhaité un PNUE renforcé, capable d’agit plus rapidement que jamais pour résoudre la triple crise planétaire et atteindre les ODD.

Iván Duque Márquez, Président de la Colombie, par liaison vidéo, a souligné l’engagement de son pays à contribuer aux efforts de durabilité, en soulignant le besoin de synergies entre les AME et l’impératif de ne laisser personne pour compte.

SAR le Prince Albert II de Monaco, par liaison vidéo, a salué les réussites du passé en estimant toutefois que les avancées n’occultent pas l’actuelle dégradation des écosystèmes. Il a énergiquement plaidé pour des modèles économiques axés sur la réhabilitation pour remplacer l’exploitation irresponsable, et a souligné le besoin de s’en remettre à la science pour éclairer les décisions politiques.

Zuzana Čaputová, Président de Slovaquie, par liaison vidéo, a souligné que la mission centrale du PNUE est d’être la conscience environnementale du monde, et a mis en exergue les réussites de l’ANUE-5, notamment sa résolution sur les plastiques.

Mohammed Mokhber, Vice-Président de l’Iran, a exprimé l’espoir que le PNUE soit en capacité de remplir son mandat avec pugnacité dans les années à venir. Il a évoqué les difficultés liées à des « sanctions inhumaines » qui, a-t-il affirmé, empêchent d’agit opportunément pour préserver l’environnement.

Par message vidéo, Saara Kuugongelwa-Amadhila, Première Ministre de Namibie, a félicité le PNUE pour avoir franchi une étape importante, en estimant que cet instant est une excellent opportunité pour la communauté environnementale mondiale de méditer sur le passé et se projeter vers l’avenir. Magdalena Andersson, Première Ministre de Suède, par message vidéo, a rappelé la Conférence de Stockholm en 1972, qui a marqué le début d’une nouvelle ère pour l’environnement, et la subséquente mise en place du PNUE comme premier et seul siège des Nations Unies dans le Sud Global. Elle a souligné qu’il n’y a aucune excuse à l’inaction, que la science a déjà fourni toutes les preuves nécessaires, et que le travail du PNUE est plus important que jamais. Par message vidéo, Nayok Ratthamontri Rathha, Premier Ministre de Thaïlande, a appelé à renforcer le rôle du PNUE, en collaboration avec les Secrétariat des AME et à travers les bureaux régionaux du PNUE, pour faire face aux crises environnementales à un niveau international.

Djatougbe Aziaka, Welfare, Togo, au nom des GRANDS GROUPES ET PARTIES PRENANTES, a émis une déclaration intitulée « le PNUE que nous voulons », appelant à : renforcer le rôle de la gouvernance environnementale et l’accès à la justice ; rendre les financements corporatifs plus transparents ; aborder les questions d’équité et des justice environnementale ; renforcer le soutien du PNUE pour un environnement propre et sain ; et suivre les recommandations concernant l’engagement du PNUE auprès des parties prenantes.

Rapport concernant l’interface science-politique

Inger Andersen, Directrice exécutive du PNUE, a présenté la note du Secrétariat sur les avancées dans le renforcement de l’interface science–politique du PNUE (UNEP/EA.SS.1/2). Soulignant tout particulièrement l’annexe intitulée « Réfléchir sur le passé et imaginer l’avenir », elle a rapporté le décalage permanent entre production de données scientifiques et action politique, en estimant que toutes les victoires remportées dans le cadre des AME à ce jour ont démontré la puissance du multilatéralisme pour pousser les politiques vers l’action. Elle a présenté les recommandations, en citant le besoin : de réduire l’écart temporel entre science et politique à travers des informations en temps réel sur les menaces et les solutions ; de mettre les solutions aux avant-postes de l’interface science-politique ; de consulter tous types de sources d’information, y compris les savoirs traditionnels et autochtones ; et d’accélérer la numérisation comme accélérateur de la communication et de la participation. Les délégués ont pris note du rapport.

Rapport de parties prenantes intitulé « Le PNUE que nous voulons »

Yugratna Srivastava, du Grand groupe Enfance et Jeunesse, a expliqué que le rapport sur le PNUE que nous voulons est un condensé de la force et de la diversité des points de vue au sein des Grands groupes et des Parties prenantes (GGPP) sur la façon dont le PNUE peut devenir plus efficace dans l’accomplissement de son mandat à l’avenir. Elle a rappelé aux délégués que « le temps presse, nous n’avons pas 50 ans de plus pour résoudre la crise environnementale ».

Stephen Stec, du Grand groupe de la Communauté technologique, a résumé le message clé du rapport par trois mots : diversité équité, reconnaissance. Stec a expliqué que le rapport a été un incroyable exemple de coopération intergénérationnelle. Il a appelé à reconnaître la diversité des intérêts représentés par les GGPP, qui ont souvent été forcés de parler d’une seule voix. Il a par ailleurs plaidé pour un engagement plus effectif du PNUE auprès des organisations de terrain et des acteurs du niveau local.

Déclarations nationales

La TANZANIE a félicité le PNUE pour toute une gamme d’initiatives multilatérales, en ajoutant que si la tâche à accomplir est/semble titanesque, elle n’est pas insurmontable si tout le monde s’engage à travailler de concert.

La République démocratique du Congo, au nom du GROUPE AFRICAIN, a noté avec grande fierté le rôle de la région dans la création d’un modèle respectueux de l’environnement dans le cadre du PNUE, et a mis en exergue le rôle important des femmes et des communautés locales dans la résolution des problèmes environnementaux. L’UE a rappelé le rôle central du PNUE pour favoriser le multilatéralisme environnemental et a évoqué le consensus atteint dans ses salles de réunion qui atteste de la solidarité internationale requise pour agir contre les dommages causés à l’environnement.

La Colombie, au nom du G-77/CHINE, a réitéré l’importance de la représentation régionale au sein du PNUE, qui a façonné les contours de la programmation environnementale internationale et de sa mise en œuvre, et a instamment souhaité la redynamisation des engagements envers le multilatéralisme suivant le principe de responsabilités communes mais différentiées. Le Chili, au nom du GRULAC, a mis en exergue les réussites passées du PNUE et souligné les succès de l’ANUE-5.2, notamment la résolution sur la pollution plastique et la déclaration politique qui sont autant de moyens d’aborder les défis et les opportunités.

Oman, au nom du GROUPE ASIE-PACIFIQUE, a célébré l’[email protected] en signalant le besoin de joindre les efforts à l’avenir pour faire face à la triple crise planétaire et parvenir à un futur durable. La LIGUE DES ÉTATS ARABES a souligné les victoires remportées par le PNUE et souligné la nécessité de mettre en œuvre les ODD, en appelant à prêter davantage d’attention aux pays pauvres et vulnérables.

La RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO a attiré l’attention sur les inestimables services écosystémiques rendus par le bassin du Congo, et a appelé à déployer des efforts supplémentaires pour le protéger efficacement. Le ZIMBABWE a noté l’opportunité de réfléchir aux victoires et aux défis relevés jusqu’à maintenant, et a mis en exergue le besoin de lutter contre la triple crise planétaire en partenariat étroit avec le PNUE. L’ALGÉRIE, par liaison vidéo, a mis en exergue les efforts déployés au niveau national pour affronter les changements climatiques, la perte de biodiversité et la désertification.

La FINLANDE a souligné les réussites remarquables du PNUE, y compris le revirement de l’appauvrissement de la couche d’ozone, en soulignant qu’il est temps pour les États membres d’agir urgemment pour tenir leurs engagements en faveur d’un avenir durable et inclusif.

Pour lire d’autres interventions nationales, consultez www.unep.org/events/unep-event/unep-50

Dans les couloirs

Dans le faste des célébrations ponctuées par un carnaval musical haut en couleurs à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de plénière, les délégués ont fêté ce jeudi un demi-siècle de l’existence du PNUE, enivrés du succès de l’ANUE-5.2. Cinquante ans de défense environnementale sous forme d’orientations et de conseil sur les divers aspects du droit et de la gouvernance environnementale. Les intervenants ont félicité les uns après les autres ce « pôle environnemental mondial » pour avoir tenu bon en incarnant le pilier écologique du monde.

Reconnaissant que la route à parcourir sera pleine de menaces sans précédents et de tâches gigantesques, beaucoup se sont dits confiants de la capacité du PNUE à se dresser au-dessus de la mêlée et montrer le chemin, comme il l’a fait par le passé. De nombreux intervenants ont profité de l’occasion pour récapituler un demi-siècle de réussites, qui ont permis l’avancée du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la protection environnementale, et qui ont placé l’environnement dans le cœur et la pensée des dirigeants politiques et des peuples partout dans le monde. Un délégué a fait observer que, si la route a été semée d’embûches, « nous regardons en arrière pour mieux visualiser nos capacités à affronter les défis colossaux de notre monde aujourd’hui et dans les années à venir ».

La musique a inondé les couloirs et salles de réunion, et les délégués se sont rendus à la grande fête d’anniversaire du PNUE. Certains étaient peut-être un peu rêveurs. « J’aimerai avoir une boule de cristal et voir où nous en serons dans 100 ans » a soupiré un délégué, « une chose est claire, cependant : nous sommes aujourd’hui bien mieux que lorsque nous avons commencé ce processus ! ».

Le compte-rendu et l’analyse du Bulletin des négociations de la Terre pour cette réunion sera disponible lundi 7 mars 2022 sur enb.iisd.org/unea5-oecpr5-unep50

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